Erotique

Voyages inattendus de Caetano Janaïna

Caetano Janaïna nous propose l’histoire d’Osange, une femme sûre d’elle, malgré la timidité qu’elle laisse paraître, certaine de ses charmes, tourmentée par un choix qu’elle veut cornélien. Elle se confie à Karla, sa meilleure amie, dans une bulle intimiste qu’elles se créent d’elles-mêmes. Karla l’écoute lui raconter ses deux récits, impliquant idylle et sensualité. Osange n’attend qu’une chose : que son amie l’aide à trancher et à choisir « le bon. »

 


Ce roman est classé en tant que « romance érotique », mais il s’avère plutôt (voire, très) soft. Ce n’est pas la sexualité qui se place sur le devant de la scène, mais la sensualité, bien qu’il y ait quelques passages explicites malgré tout. Une sensualité qui se dépeint au travers des voyages (Brésil et Venise), des dialogues, des gestes et actions d’Osange dans ses jeux de séduction — et des deux hommes de sa vie : Gustav et Eduardo.

Caetano Janaïna mise surtout sur le soin de sa plume, la poésie et la mélodie des mots pour décrire paysages et décors. C’est une fresque de couleurs, de métaphores, frôlant parfois l’onirisme. C’est très beau à lire, très agréable. Nous sommes facilement transportés à l’autre bout du monde et nous nous imaginons parcourir les mêmes chemins qu’Osange.
L’autrice se plait à ponctuer son récit de divers arts ou, du moins, en fait référence : peinture, musique, danse, arts martiaux… Nous comprenons vite que c’est ce qui influe sur la sensualité qui ressort de ce récit. Le point culminant de ce petit jeu littéraire est la « Déesse des Eaux », mais… Shht.


La qualité de la plume de Caetano Janaïna nous plonge dans les méandres presque éthériques de ses descriptions et décors ; ce qui rend la lecture facile, les pages se tournent d’elles-mêmes. Nous pouvons lire ce roman n’importe où : dans son lit, son fauteuil, dans le métro, dans la voiture… Comme l’un des thèmes qui sont abordés Voyages Inattendus peut parfaitement être un compagnon de voyage.

Là où l’on peut être un peu plus mitigés, ce sont les héros et le peu de pages de l’histoire.
Il y a une vraie matière à travailler pour rendre les personnages attachants. Le lecteur peut avoir du mal à s’identifier, ou peut-être à Karla puisque la narration nous permet de prendre sa place. Les backgrounds des divers protagonistes auraient pu avoir quelques pages supplémentaires qui leur sont consacrées ; plus d’introspection aussi. Par ce petit manque, nous pouvons avoir l’impression que les événements et les sentiments vont beaucoup trop vite. L’on peut penser surtout à Eduardo qui aurait mérité plus de détails. Au final, pourquoi hésite-t-elle, alors ? Il a si peu de place…

Osange est un personnage féminin particulier ; l’on peut avoir du mal s’attacher à elle. Certains de ses choix peuvent se révéler curieux, ses réactions souvent excessives, parfois mêmes absurdes (cf. capoiera pour ceux qui ont lu ou liront.)
Avec un livre plus épais, nous aurions peut-être pu nous immerger plus encore et mieux apprécier les différents intervenants et, donc, la fin.
Un bon plus : l’intellect de Gustav. Les discussions qu’il tient, sa répartie. Une véritable gymnastique de l’esprit.

Ce livre est un récit très agréable, qui nous fait voyager, rêver. On redécouvre la sensualité au travers de la plume de l’auteur.

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