Fantastique, Historique

Vice-Vers’Âmes de Muriel Rawolle

Je remercie l’autrice pour ce service-presse et sa confiance !


« Lorraine de souche, je suis née le 5 mai 1967 à Rennes en raison des aléas des garnisons paternelles qui, sans doute, m’ont donné le goût des voyages. Commerciale de formation, j’ai parcouru les routes du Grand Est pendant une dizaine d’années avant de me lasser d’écumer les grandes surfaces et les magasins de bricolage. Entre deux enfants, je retourne user mes fonds de culotte sur les bancs de la faculté d’Histoire de Nancy. J’entre finalement dans la fonction publique où un temps partiel me permet de me consacrer à ma passion de toujours : l’écriture. Ma prédilection pour la fantasy et le fantastique me permet de prendre conscience qu’une énergie incroyable dort en moi, le magnétisme dont je fais alors profiter mon entourage proche. En 2013, je crée le site J’écris, tu écris ? Corrigeons-nous ! permettant à des auteurs en herbe comme moi, de se faire lire et corriger gratuitement par le biais d’un échange de bons procédés. Je me lance aujourd’hui dans l’aventure de l’autoédition pour, enfin, faire partager mon imaginaire. »

Biographie disponible sur Simplement.pro

Site créé par l’autrice ici.

Vice-vers’âmes est le premier roman autoédité de Muriel Rawolle, d’un genre fantastique et historique abordant des thématiques populaires peut-être, mais qui parvient à s’en émanciper grâce à sa plume, aux très nombreuses recherches sur le XIXe siècle et à l’humour.

2017. Nantes. Samuel est un jeune étudiant en droit bien dans ses baskets : imbu de lui-même, il a tendance à s’imposer. Peu lui importe les autres tant qu’il obtient ce qu’il veut, ce qui inclut les femmes qu’il considère peu.
1851. Paris. Clémence Leconte est la fille d’un brillant avocat et d’une aristocrate. Sortie d’un pensionnat, elle reste cloîtrée dans sa riche demeure, sujette à des troubles neuropsychiatriques (syndrome de la Tourette). Consciente d’être une honte pour sa famille, elle n’espère pas épouser un bon parti et se morfond dans sa détresse émotionnelle.
Ces deux destins vont s’entrecroiser, l’un par le biais d’excès, l’autre aux confins de son désespoir. Deux existences diamétralement opposées. Un homme. Une femme. Deux époques différentes. Un voyage dans le temps ; un véritable bouleversement.
Leurs âmes échangées.

 

Le roman est à deux voix, en parfaite alternance entre le point de vue de Samuel et celui de Clémence. La narration interne au récit nous permet de mieux plonger dans la psychologie des protagonistes et participe aussi à notre immersion en fonction des époques. Nous assistons ainsi à leurs doutes, leurs peurs, leur incompréhension bien sûr, leurs prises de conscience à travers leurs yeux, installés confortablement dans le douillet de leurs esprits.

Comme glissé plus haut, il est vrai que le sujet principal (un personnage qui se retrouve dans le corps d’un autre) a déjà été traité de nombreuses fois tant dans la littérature qu’au cinéma (l’on peut aussi penser à Secret Garden, un drama coréen populaire). Qui n’a pas déjà songé à ce qu’il ferait, à comment ce serait, dans le corps du sexe opposé ? Sans entrer dans le débat du fantasme ou non, c’est une question qui nous effleure parfois l’esprit, la plupart du temps lorsque l’on est face à une problématique liée à notre genre (pas toujours, il est vrai.) Une interrogation qui débouche sur une floraison d’idées imaginatives où l’on tente de s’identifier à travers l’autre. Ici, Muriel Rawolle a décidé de pousser le vice en poussant ses personnages dans un corps qui n’est pas le sien… mais à une époque complètement différente.

En cela, elle développe deux héros très opposés, dont un qui se voit poussé à l’extrême pour mieux appuyer le changement d’époque, le chamboulement et son évolution.

Samuel est un jeune homme du XXIe siècle au langage très familier, qui peut donner l’impression que c’est « trop ». Un langage « djeun’s » qui peut faire tiquer certains au départ, pour peu que les lecteurs soient dans la même tranche d’âge. L’argot est utilisé dès que possible, rendant souvent le protagoniste vulgaire, voire antipathique. Néanmoins, au fil de la lecture, nous pouvons comprendre que c’est volontaire afin de mieux amener la transition entre Clémence et Sam, tout en conduisant à quelques scènes amusantes au XIXe siècle. Muriel Rawolle tranche entre les deux personnages et s’évertue à ce que nous n’ayons aucun doute dès que nous commençons un nouveau chapitre. Petit à petit, nous finissons par nous y habituer et à l’accepter, devenant alors plus conciliants. Il est possible que Sam’ ait été travaillé pour ne pas être apprécié dès le début : orgueilleux, vaniteux, coureur de jupons sans respect pour la gent féminine, il se complait dans le halo des projecteurs qu’il attire à lui. Le voilà bien embêté lorsqu’il se retrouve dans le corps d’une jeune fille bourgeoise du XIXe siècle ! Une justice divine, peut-être ? Qui sait… Nous finissons par nous attacher à ce garçon à qui nous aurions bien donné de multiples claques pour le rappeler à l’ordre, suivant ses déboires et ses aventures dans cette famille parisienne, en froufrous et jupons.

Clémence, elle, est attachante dès les premières pages qui lui sont consacrées. Jeune fille désespérée, perdue, honteuse de sa propre existence, ne supportant plus sa Tourette, elle est pourtant d’une douceur polie, cherchant inconsciemment l’amour paternel. Ce voyage temporel et à travers un autre corps est un véritable soufflet pour elle et on lui découvre de nouvelles fêlures humaines, que l’on peut assimiler à de l’égoïsme pourtant si naturel et compréhensible. C’est un monde nouveau qui s’ouvre pour elle, mais quelles conclusions en tire-t-elle à votre avis ? Comment va-t-elle l’appréhender et, surtout, l’acceptera-t-elle ? Et réussira-t-elle à venir à bout de sa Tourette ?

Ces héros se retrouveront confrontés à l’entourage de celui à qui ils empruntent le corps. D’un riche avocat, de l’aristocrate en jupes montgolfières, à l’étudiante en psychologie, ces protagonistes secondaires tiennent un rôle très important pour Clémence comme pour Sam, qu’ils soient au courant ou non de la situation. Chacun a ses particularités qui trouveront grâce au fur et à mesure. Muriel Rawolle nous épate de plus belle en réussissant à glisser d’éminentes figures du XIXe siècle sur le chemin de Samuel. Lesquelles ? Un peu de surprise, voyons !

Il ne faut pas compter sur de l’action pure, comme des combats de cape et d’épée, ou de courses poursuites ou encore des complots sordides. Le rythme est posé, agrémenté de temps à autre par quelques situations sous petite tension, surtout au XIXe siècle, mais l’humour et le caractère — notamment celui de Sam » — décantent l’ambiance qui pourrait être lourde.

Tout en traitant la thématique du changement de corps, l’autrice glisse quelques points sur les conditions masculines et féminines, physiques comme mentales. Les menstruations ou l’érection matinale passeront sous le fil aiguisé de la plume, pour arracher des rires ou des sourires. Mais au-delà de l’aspect comique, Muriel Rawolle tient à travers son récit à démontrer l’évolution de la condition féminine depuis le XIXe siècle tout en abordant des sujets contemporains, notamment l’emprise de la technologie sur notre époque, mais aussi les risques qu’encourt l’Humanité si elle continue sur cette voie. En revanche, rien de moralisateur ou un pointage du doigt continu. Les messages sont transmis par le vécu des deux héros, par leurs propres expériences bonnes comme mauvaises. Par ailleurs, nous avons même le droit à des cours de maintien, de savoir-vivre dans les robes d’une jeune fille d’autrefois. De la musique, de la poésie, la religion et même quelques notions de droit. C’est ludique tout en restant amusant, un vrai plaisir.

Nous ressentons aussi les connaissances personnelles de Muriel Rawolle en ce qui concerne le magnétisme et l’astrologie. Des sciences qui ont une grande place dans le récit. C’est intéressant et une véritable découverte pour ceux qui ne s’y sont jamais intéressés.

Une partie des lecteurs pourrait ressentir un léger manque lors du final, du côté de Clémence entre autres. Une sensation de conclusion très rapide, un chemin « facile », par rapport à tout ce qui a été réalisé depuis le premier chapitre. D’autres, au contraire, s’en contenteront au vu du parti pris par l’autrice qui peut tout à fait se suffire à lui-même et permettre aux lecteurs de laisser son imagination faire le reste.

L’écriture s’adapte donc aux personnages, mais elle est surtout fluide, justement dosée entre les descriptions et les dialogues. Il manquerait pour certains un petit peu plus d’introspections, mais la plume va à l’essentiel. Il est tout à fait appréciable d’avoir les définitions de l’autrice en bas de page pour des termes plus compliqués ou méconnus (tirés de l’argot ou du XIXe siècle). En plus de démontrer une fois encore toutes les recherches effectuées, elles permettent au lectorat de ne pas perdre le fil et de s’instruire. Vous pouvez d’ailleurs retrouver la bibliographie de l’autrice en fin d’ouvrage.

Vice-Vers’âmes est un roman qui se lit tranquillement et qui permet de se changer les idées, nous faisant passer un très bon moment. Même si le schéma peut s’avérer classique, on l’oublie rapidement, nous laissant porter entre deux époques avec le sourire. Un ouvrage qui plaira aux adolescents comme aux adultes et dont les messages sont importants, méritant d’être transmis au plus grand nombre !

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2 thoughts on “Vice-Vers’Âmes de Muriel Rawolle

  1. Lu et chroniqué cette semaine, je partage entièrement ton avis sur la plume de l’autrice, la richesse du roman et les personnages. J’ai eu un peu de mal avec le parler  djeun’s  de Samuel au début, mais j’ai fini par m’y faire et, comme toi, m’attacher au personnage 🙂
    La fin m’a un peu prise de court, mais elle a le mérite de ne pas faire tirer l’intrigue en longueur…

    1. Bonjour Audrey,

      Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je crois avoir constaté que quelques lecteurs s’accordaient sur le langage de Samuel, mais oui, je pense que l’on finit par s’y habituer pour peu qu’on accepte de se prendre au jeu.

      Pour la fin, je suis d’accord. Tout dépendra des attentes du lectorat qui sont propres à chacun. Gourmande comme je suis, j’aurais bien aimé une suite, mais la conclusion se suffit à elle-même !

      Bien à toi,

      Alexiane

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