Comédie, Romance

T.5 Contrat avec un Geek de Chani Brooks

Je remercie l’autrice pour ce service-presse et sa confiance !



Attention, cette chronique se consacre au dernier tome de la série Contrat avec un Geek. Si vous n’avez pas lu les précédents opus, nous vous déconseillons très fortement de continuer, étant donné les très nombreux spoils qui vont suivre.

Comme la Marmite connaît très bien Chani Brooks et ses romans, nous allons enchaîner tout de suite ! Vous pouvez retrouver nos précédentes chroniques sur le blog, notamment celle sur le premier tome ici.




Voilà, il fallait que cela arrive, Jessica l’a fait. La plus grosse bêtise (connerie monumentale) de sa vie. Elle a perdu son chat, son amour (non pas Kruger -_-). Jessica est une battante mais les soirées sont dures. Encore heureux que les nouveaux occupants du Lab aient ramené avec eux de mignons petits animaux appelés RApTORs… 
Tomasi, de son côté, veut jouer les hommes mais ce n’est pas facile. Il faut dire qu’il est rentré chez sa sœur, alias, l’ultime Seigneur du mal. Autant dire que la vie est devenue un enfer!
Et au milieu, la petite Charlie tente de recoller les morceaux mais elle a déjà bien du mal à s’occuper de son propre petit cœur de verre…



Chani Brooks a commencé cette série, Contrat avec un Geek, en 2018. Aujourd’hui, c’est avec ce volume cinq qu’elle appose un point final à l’histoire de Jessica et Tomasi, ces deux geeks trop passionnés et brisés à la fois.

C’est avec une certaine mélancolie que l’on peut démarrer ce dernier tome : l’appréhension des adieux, de se dire qu’une fois la dernière page tournée, c’est terminé : plus de plaisanteries geeks, plus de Cersei et de Chat… Mais cette émotion est vite remplacée lorsque nous replongeons dans l’intrigue qui, rappelons-le dans le précédent opus, s’est très mal terminée pour nos deux tourtereaux.

Alors que Jessica pensait que Tommy était retourné voir Sophie, son ex soi-disant enceinte, elle est tombée dans les bras de l’ennemi n° 1, Alec, le Dark Vador. Pour Tomasi, qui n’avait rien à se reprocher en réalité, c’est la trahison ultime : celle que l’on ne peut pas pardonner. Jessica est abandonnée, détruite. Désespérée.

Entre la culpabilité, la haine palpable, et d’importantes remises en question, le chemin jusqu’au final sera rude et semé de nombreuses embûches.

Chani Brooks nous propose un dernier tome très riche en émotions et en frustration : est-ce qu’il est possible que Jess et Tomasi se pardonnent et se rabibochent ? Rien n’est sûr et conduit le lecteur à éprouver un doute permanent.

« Si c’est une romance, ça ne peut que se finir bien de toute façon. »

Aucune certitude, non. L’autrice sème l’angoisse et les surprises sont nombreuses, assez pour nous inquiéter et remettre en question l’idée qu’une romance contemporaine connaît forcément son happy-end.

Jessica comme Tomasi se morfondent, à leur manière. L’un se laisse couler et doit lutter pour remonter à la surface, tandis que l’autre tente de composer avec sa colère, son amertume. En commun, leurs terribles désillusions.

Sur un ton bien plus dur que les précédents tomes, les personnages se confrontent, les relations éclatent, la haine et les reproches prennent le pas sur la raison et la diplomatie. Des masques tombent, d’autres se créent soit pour dissimuler ses émotions, soit pour ne plus avoir à souffrir.

Charlie et sa famille ont une place plus importante dans ce tome cinq, une sorte de noyau qui maintient une connexion entre Tomasi et Jessica. Charlie est la balance et Donna, son mari, gère un équilibre très irrégulier, chacun gérant un poids, sans réelle mesure.

La toile relationnelle implose et ce sont les mots ravalés si souvent, les émotions bridées, qui se déversent dans tout leur fiel, en dépit des blessures provoquées, de l’incompréhension.

Encore une fois, Chani Brooks évoque sans tabou ce que l’humain couve en lui et ce qui peut révéler de plus dur dans ses ressentiments. C’est toujours aussi saisissant, parfois troublant, et provoque un malaise, puisque l’on peut se reconnaître dans les fureurs, et les élans revanchards. Mais c’est aussi un miroir révélateur de ce que l’amour peut avoir de plus destructeur, sans garantie de recoller ses morceaux.

Est-ce qu’un cœur se reconstruit vraiment avec le temps ? Même si tous les morceaux sont recollés, devons-nous nous attendre à ce que les fêlures, les brèches, restent ? Le verre ne se reconsolide jamais parfaitement.

Jessica a beaucoup évolué. C’est dans le gouffre creusé par le départ de Tomasi, tous ces coups reçus et encaissés depuis si longtemps, qu’elle se révèle finalement. Le déclic. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire. La femme combattive dévoile une facette d’elle que l’on connaissait peu ; elle s’exacerbe et nous déstabilise pour mieux enclencher une identification plus accrue avec le lecteur.

Tomasi garde le côté obscur qu’on lui a découvert dans les précédents tomes. Il se raffermit même, et l’on peut avoir envie de le secouer pour lui apprendre à se tempérer et faire preuve de plus de compassion, de clairvoyance. Mais quand on a si mal, peut-on occulter la douleur pour rassembler ses esprits ?

Charlie, elle aussi, éclate. Elle mord dans sa bribe, tire dessus, la déboucle avec rage pour réagir. À treize ans, elle se montre toujours plus mature que son oncle, mais peine à panser ses propres plaies, ses doutes et les conflits qui l’entourent. Que ce soit du côté de ses parents ou de sa tata adorée, les tensions déferlent sur elle et la petite collégienne essaie d’être sur tous les fronts, tout en gardant le regard rivé sur Toufik.

Tous les personnages secondaires mettent leur grain de sel, que ce soit pour soutenir Jessica ou encore Tomasi. Les avis divergent, se heurtent les uns aux autres, et le lecteur se retrouve entre deux feux : qui croire ? quoi penser ? qui soutenir ? Ou nous aurions juste envie de hurler au silence pour que les principaux concernés réfléchissent par eux-mêmes. Mais c’est là aussi un cas de notre bonne société, de notre hypocrisie humaine : à trop se mêler de la vie des autres, on oublie de faire le tri dans la sienne.

Le dernier tome de Contrat avec un Geek aborde des thèmes difficiles, mais la plume de Chani Brooks réussit toujours son pari : nous faire rire à travers les larmes. Ses personnages se font plus sensibles, les retournements de situation nous tiennent en haleine, et nous guettons les prochains évènements, le cœur serré et le ventre contracté. Nous appréhendons la fin, dépendants des décisions de Chani Brooks.

C’est un coup de canon qui siffle jusqu’au feu d’artifice qui clôture la série.

Et nous restons là, plantés devant notre tablette/liseuse/roman, à la fois incrédules et désappointés : « c’est fini. »

Nous finissons par sourire, à la fois avec chagrin et ravissement.

« J’ai fait de belles rencontres. Merci Jessica et Tommy. »

Merci, Chani.

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