Romance

T.3 The Silent Waters de Brittainy C. Cherry – SAGA

 

 

The Silent Waters est le troisième opus de la saga The Elements, après The Air He breathes et The Fire. 
Toujours dans la romance bien sûr, cette fois-ci Brittainy C. Cherry aborde un thème plus particulier : le traumatisme et ses conséquences.

 

Lorsque le père de Maggie, d’une dizaine d’années, se marie avec une veuve et mère de deux enfants, la petite fille est heureuse de cette nouvelle vie tant espérée. « C’est pour toujours », se disent-ils. Et cette vie est idyllique. La famille parfaite avec sa nouvelle sœur, Cheryl et son frère, Calvin. Calvin qui est inséparable de son meilleur ami, Brooks dont Maggie s’entiche au cours de la première et seconde année. Alors que Maggie rejoint Brooks dans une petite forêt, près de sa ville du Wisconsin, elle voit ce qu’elle n’aurait jamais dû voir. Traumatisée, la fillette si bavarde et extravertie se coupe du reste du monde et perd sa voix. Brooks, se sentant coupable et éprouvant beaucoup d’affection pour elle, lui promet de toujours veiller sur elle. Dix ans plus tard, cette promesse est tenue… mais les tournants de la vie ne sont pas toujours tendres.

Comme le second opus, cette histoire se déroule sur plusieurs années (le nombre exact ne sera pas dit pour ne pas spoiler, mais l’on peut déjà compter dix ans.) Et tout comme les premiers tomes, il y a cette idée d’acceptation, de compréhension. La cohésion familiale ainsi que ses difficultés sont mises en avant, en écho à l’histoire d’amour entre Maggie et Brooks. Au final, la « famille » est un des points phares de Brittainy C. Cherry.

Ce récit est lui-même une sorte de catharsis pour l’autrice qui s’est un jour retrouvée dans une situation presque identique à celle de son héroïne : la terreur de parler, le mutisme… Bien que Maggie soit un cas beaucoup plus extrême. La jeune femme ne s’exprime que par les pressions de ses mains pour dire « oui » ou « non » et par l’écriture. L’on peut se demander pourquoi après tant d’années, elle n’a pas plutôt étudié la langue des signes pour se faire comprendre. C’est un détail, mais cela aurait peut-être pu crédibiliser un peu plus son problème. Alors, est-ce une volonté bien précise pour laisser sous-entendre que ses proches sont convaincus qu’elle reparlera un jour ? Cependant, certaines réactions des siens font penser le contraire. C’est une question qui peut se poser après sa lecture, puisqu’en soi, ce n’est pas gênant pour l’intrigue. Mais quand même…

Il est difficile de développer une chronique sur cet opus sans en dire trop.

Brooks est musicien rêvant de percer en tant qu’artiste avec son groupe, les Crooks. Ses amis sont attachants tout comme le héros qui n’est pas du tout un énième bad boy ou protagoniste torturé. Il va lui arriver des déboires dans cette histoire, mais la base n’est pas créée pour faire de lui un être à sauver comme les deux premiers opus. Et c’est un souffle d’air frais. Maggie est l’héroïne type de Brittainy C. Cherry : douce, gentille, compréhensive et aimante. Quasi parfaite. Sujette aux crises d’angoisse, elle vit depuis dix ans avec ses cauchemars, ce qu’elle a vécu sans ne jamais rien en dire à ses proches. Agoraphobe, elle ne sort jamais de chez elle, mais rêve un jour d’y arriver pour partir à l’aventure.

Il est intéressant de voir évoluer cette relation entre les deux héros, entre l’un qui est musicien et l’une muette. La beauté de ce couple vient de leur compréhension dans le silence. Puisqu’un silence peut être bien plus éloquent que les mots. L’autrice joue beaucoup là-dessus et c’est souvent émouvant soit de buter contre l’incompréhension de leur entourage, soit à l’inverse assister à leur profondes sollicitude et volonté d’entendre Maggie.

La famille prenant une place toute particulière, l’on s’attache à la fratrie (Cheryl et Calvin) ainsi qu’aux parents. L’on découvre l’impact que peut avoir le traumatisme d’un enfant sur la cellule familiale, les conflits et combats, et ce qui reste toujours là, bien que ténu parfois : l’espoir. Tous les personnages ne sont pas bons, tous ne sont pas mauvais. Certains seront plus sombres que d’autres et il y a malgré tout ce fond de manichéisme qui permet rapidement de cerner quel rôle aura chaque protagoniste.

Si le premier opus de la saga est émouvant, surtout si le lecteur est parent, le troisième est « beau. » Il se veut « beau » par cette relation entre Brooks et Maggie, cette force qu’ils ont en chacun d’eux et cette compréhension silencieuse, cette complicité qui n’appartiennent qu’à eux.

C’est une leçon sur la tolérance et la persévérance. Sur les relations de couple qui se fondent pour le meilleur et pour le pire. Si l’un flanche, l’autre le soutient avec réciprocité.

Si le dénouement peut être compris très vite, l’on garde en mémoire cette « belle » histoire entre Maggie et Brooks, cette famille ébranlée par la vie, mais capable de grands sacrifices pour ceux qu’elle chérit. Brittainy C. Cherry a rehaussé la barre après la (probable) déception du deuxième tome, aussi par le biais de son écriture qui se révèle moins redondante. L’on retrouve sa simplicité, mais les mots justes pour mettre en lumière les introspections de ses héros.
The Silent Waters est une bonne romance, utilisant bien ces métaphores entre le silence et l’eau, le calme et la tempête… L’impression de se noyer ou celle de mieux respirer une fois immergé.

« Ce sont les battements de ton cœur qui font tourner le monde. »

 

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