Romance

T.4 The Gravity Of Us de Brittainy C. Cherry – SAGA

 

The Gravity of us est le dernier tome de la saga The Elements. Et pour clôturer le tout, Brittainy C. Cherry a réussi à faire des clins d’œil à ses trois premiers opus : eau, air, feu… et terre pour le dernier. Notamment par le biais de la litanie que se répète inlassablement l’héroïne, Lucy, mais que vous êtes libres de découvrir par vous-même. Dans aucun des précédents livres il n’y a de cross-overs, nul personnage ne se rencontre… au mieux, quelques clins d’œil des plus subtils. Pour The Gravity, l’autrice n’a pas hésité à mettre les deux pieds dedans, non pas en nous mettant sous le nez tous ses héros, mais en faisant référence à leurs histoires au travers de Lucy et de Graham.

Lucy est une jeune femme ayant perdu sa mère, peu ou pas connu son père et sœur de Lyric et Mari. Si avec l’ainée, la relation n’est pas au beau fixe, elle est plus que fusionnelle avec Mari, atteinte d’un cancer. Le coup est rude et elle doit soutenir, seule, la maladie de sa sœur en se raccrochant à leurs rêves communs. Deux ans plus tard, Graham, écrivain à succès de romans thriller et épouvante, vient de perdre son père et son épouse accouche dans peu de temps. Malheureusement, le bébé naît prématuré et sa mère les abandonne. Graham qui est un homme très sombre, brisé, ayant une peur « panique » de l’abandon se voit obligé de s’occuper seul de sa petite fille entre la vie et la mort. Jusqu’à ce que les deux contraires se croisent et s’aimantent.

Difficile de développer un peu plus le synopsis de crainte d’en dire trop. Dans un roman tel que celui-ci, il y a peu de retournements de situation spectaculaire. Aussi, en souligner les points forts pour en appuyer le nœud de l’intrigue risque de ruiner le plaisir de la découverte du lectorat.

Il est néanmoins déjà d’ores et déjà possible de comprendre les similitudes entre les deux héros par le biais de ce résumé écrit « à la va-vite. » Au final, leur situation et/ou leur passif font écho l’un à l’autre ; mais ce qui est travaillé ici, c’est bien les opposés. Lucy est la « joie incarnée », le sourire en toutes circonstances, l’optimiste, le pardon… La Lumière (Lucy => Lux…) Graham est un énième héros torturé, très mystérieux, sombre, acariâtre. On retrouve encore ce schéma de la belle censée guérir et dompter la bête. Si on l’avait perdu avec The Silent Waters, ce dernier opus reprend ce cycle très redondant et lassant dans le genre New Adult/Romance. Si lassant que l’on finit par avoir l’impression de lire la même histoire encore et encore et The Gravity n’est malheureusement pas une exception.

The Gravity est aussi très centré sur le drame. Tout est fait pour apitoyer et piquer le cœur du lecteur, peut-être un peu trop, parfois avec des situations quelque peu tirées par les cheveux. Ou, tout du moins, des situations qui auraient pu mieux être développées, approfondies notamment sur la fin qui a été vite bâclée. Plusieurs centaines de pages auraient été nécessaires pour vraiment travailler la matière pourtant mise en place, façonner un peu plus la profondeur du relationnel et de ce qui se passe au niveau de l’intrigue. Malheureusement, il ne faut compter qu’une dizaine de pages tout au plus (contre plusieurs centaines, répétons-le) pour obtenir le fin mot de l’histoire.
Un point appréciable en plus des clins d’œil fait aux précédents tomes — pour « la boucle est bouclée — c’est encore cet effet miroir entre le dernier livre de la saga, le tome en lui-même et le fait que Graham est écrivain. Il y a beaucoup de métaphores qui symbolisent la fin de The Elements et sa relation avec Lucy.

En fait, The Gravity est un condensé des trois autres opus avec sa propre histoire. L’on y retrouve les thèmes du deuil, de l’abandon, de la passion, de l’acception, le trauma, la parentalité et de la rédemption. Tout y est réuni et forme “le centre de gravité.” L’air, le feu, l’eau se retrouvent en un même point : la terre. Le noyau. Lucy elle-même est une symbolique de tous ces éléments réunis par la litanie qu’elle répète sans cesse, son côté “hippie excentrique”, son rapport à la nature… Le fait de planter un arbre qui a besoin d’eau, de soleil, d’air et de terre. C’est une conclusion à tous ces récits : Lucy et Graham sont le couple final qui porte cet équilibre en eux.

Si le côté trop dramatique peut empiéter sur l’appréciation pure du récit — surtout si l’on n’est pas un adepte des grands drames shakespeariens, dirons-nous — on peut malgré tout aimer cet écho constant avec les opus qui ont précédé The Gravity. Un peu comme un “adieu” que l’on ferait à cette saga. Puisqu’au final, c’est un peu le cas. Cette histoire met un terme à The Elements pour de bon. Et l’épilogue le confirme à sa manière.

Il est néanmoins regrettable que la version numérique de l’ouvrage comporte beaucoup d’erreurs, dont des oublis de lettres ou de mots ce qui peut contrarier notre lecture. C’est plutôt dommage et peut-être serait-il judicieux, dans la mesure du possible, de revoir la mise en page et parfaire un peu les endroits où les manques se ressentent. Cela peut impacter la vision, voire le jugement pur, du roman surtout si l’on est très peu satisfait de la fin en ressentant un raté niveau aboutissement comme précédemment évoqué.

The Elements est une saga qui se lit plutôt rapidement et qui s’adresse à un lectorat très friand des grandes histoires d’amour aux grandes envolées, mais aussi aux lecteurs à la recherche d’émotions, de compréhension et des mots justes. Elle ne peut pas s’adresser à tout le monde, ne serait-ce par le biais de l’écriture en elle-même qui reste très simpliste. Comme chaque roman, chacun est libre de son appréciation et de ses préférences.

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