Fantastique

T.3 Hex in the City – Halloween Blues de Dorian Lake – SAGA

Je remercie l’auteur ainsi que les éditions Noir d’Absinthe pour ce service-presse et leur confiance !


Cette chronique abordera le troisième opus de cette saga urban-fantasy/witch-lit, il est donc nécessaire de préciser qu’il vaut mieux éviter de la lire si vous ne connaissez pas les deux premiers opus au risque d’être spoilés.

Vous pouvez retrouver toutes les informations, biographie de l’auteur, et bien entendu les deux premières chroniques en suivant ces liens :

T.1 Hex in the City, l’Eventreur de San Francisco.

T.2 Hex in the City, Die With Styles.

Ce troisième épisode a pour titre Halloween Blues, vous l’aurez sans doute deviné : il a pointé le bout de son nez aux alentours du 31 octobre 2018. Il est disponible en numérique et broché sur les stores, mais aussi sur le site officiel de Noir d’Absinthe.

Nous retrouvons Taylor, sorcière et barmaid, au cœur de San Francisco au crépuscule d’Halloween. Loin de se douter du sort de son ex petit-ami-vampire, Lionel, aux prises d’Annabelle et de la renaissance d’un buveur de sang pluriséculaire, la jeune femme se focalise sur son coming-out qu’elle est bien décidée à réaliser auprès de Sienna. En parallèle, Jake continue ses investigations, Kathy et Liz nourrissent de vives inquiétudes et l’ombre semble se densifier à la cime des buildings.

 

Cette chronique risque d’être plus courte que les autres, mais vous comprendrez sans doute pourquoi au fur et à mesure de sa lecture. Ce troisième opus effleure les 168 pages, ce qui en compose un roman plutôt succinct aux allures de transition. Son intrigue parait poser de nouvelles bases, faire éclore de nouvelles questions et des dangers susceptibles de déboucher sur un arc intense et haletant. Surtout, il s’épanche moins sur Taylor sans la laisser de côté, amenant plutôt quelques ténèbres qui s’infiltrent pour, potentiellement, faire évoluer le personnage.

Le début du roman nous plonge tête la première dans l’intrigue, sans harnais. Il est préférable d’avoir encore bien en tête les précédents opus, notamment la fin du second, pour se resituer très vite et remettre en ordre les différents éléments. Pas de pause, on enchaine les premières actions et les twists qui nous laissent encore en suspens, le cœur au bord des lèvres. Les interrogations se bousculent avant que nous basculions auprès de Taylor. Peu de rappels sont faits de prime abord sur les précédentes aventures, mais patience s’impose. Si nous n’avons pas un récapitulatif dès le départ, il est fait avec parcimonie, démontrant par la même occasion que Dorian Lake ne nous laisse pas sans filet, et que tout ce que ses protagonistes ont vécu a son importance.

Nous restons sur un même schéma narratif, alternant entre les différents points de vue : Taylor, Jake, Liz,… dont un que nous ne dévoilerons pas pour ne pas gâcher votre expérience. Les chemins ne sont pas les mêmes, chacun étant concentré sur son propre objectif, couplé de problèmes personnels et états d’âmes, d’autres plus ajustés sur les suspicions et les inquiétudes. Mais, là encore, l’auteur prouve qu’il sait où il souhaite aller, désire nous emmener, puisque d’une manière ou d’une autre, les routes s’entrecroisent, les indices se dévoilent… Les fils sont tricotés de manière à composer une toile mûrement réfléchie.

Taylor est ici plus passive, à l’inverse de Jake qui, lui, s’évertue à poursuivre son enquête sur Raquel. Taylor ne semble pas si perturbée par ses précédents déboires : Annabelle, Kathy, la Bête, ses pouvoirs… même si des références y sont faites, dont certains impacts psychologiques, par exemple le fait qu’elle soit désormais très mal à l’aise dans ses sous-sols ou des endroits clos, elle continue son train de vie sans plus de perturbations (nous le voyons notamment à travers un chapitre lors d’un réveil tardif.) Peu d’interrogations, de recherches, de tentatives de compréhension… en revanche, nous pensons qu’il y a une explication qui peut se tenir : l’intrigue s’échafaude sur très peu de temps au niveau de la chronologie. En l’espace d’une journée et d’une nuit, Taylor se focalise sur la fête à venir et ses propres afflictions intimes. « Pour l’instant, concentrons-nous sur ça, nous verrons ensuite. » La sorcière se recentre un peu plus sur elle-même, dans le sens où elle se remet en question, mais souhaite enfin s’affirmer au niveau de sa sexualité et des sentiments qu’elle éprouve pour Sienna. Sa psychologie prend le pas pour mieux préparer les twists à venir et induire aux lecteurs de multiples hypothèses après le final du troisième épisode.

Mais tout se passera-t-il comme prévu ? Que va-t-il lui arriver et quel rôle Sienna jouera-t-elle ?

Il faut dire que Taylor n’est pas épargnée dans cet opus, tout comme Jake qui se débat avec son enquête qui nous replonge dans l’esprit polard. Il apporte un autre rythme, plus dans l’action et il nous apporte certaines réponses qui peuvent manquer. Liz est toujours aussi mystérieuse, mais curieusement attachante. Kathy se présente elle aussi sous un nouveau jour et réserve une petite surprise. Quant à Lionel, que lui est-il arrivé ?

Et qui est ce vampire presque antique qui semble décidé à troubler les rues de San Francisco ?

L’écriture est toujours du Dorian Lake : nous errons toujours dans cette cité américaine, allant jusque dans le quartier de Chinatown ou encore dans un des immeubles les plus huppés de la ville. Les descriptions sont toujours aussi bonnes, plus subtiles néanmoins, mais propices à l’imagination fertile. Nous faisons entre autres référence au vampire « antédiluvien » dont nous avons une vague idée à travers les métaphores et autres détails gracieusement offerts, mais assez percutants.

Dorian Lake veille aussi aux détails : par exemple, les cadavres ne disparaissent pas d’un coup de baguette magique et s’ils sont dispersés comme les miettes du petit Poucet, il est fort peu probable que les autorités regardent ailleurs. Mais l’auteur amène des explications, des faits et autres scènes qui ne nous font pas lever au ciel d’un air de : « Trop facile. »

Le rythme, les couplets et refrains, s’apparentent une nouvelle fois à un épisode de série. Ici, nous sommes peut-être amenés à identifier cet opus comme l’épisode du « calme avant la tempête. » Après le tonnerre du second tome, la pression redescend et on tâte le terrain pour mieux repartir ensuite, voyant les premiers éclairs déchirer le ciel, signe d’un nouveau round.

Ne vous y trompez : plus calme ne signifie pas qu’il ne se passe rien. Les surprises palpitent d’une page à une autre et nous avons le droit à quelques actions, même si elles s’avèrent plus discrètes ou plus rares.

Avec Halloweens Blues, on souffle un bon coup, on se prépare, on s’arme… avant que le chaos bouleverse San Francisco.

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