Fantastique, Romance

T.2 Les Cœurs Pourpres, Faux-Semblants de Séverine R.

 

Je remercie les éditions Heartless pour ce service-presse et leur confiance !



Nous avions traité le premier tome de la saga (et de la collection de la maison Heartless) dans une précédente chronique que vous trouverez ici. Vous pourrez y découvrir une petite biographie de l’autrice et, bien entendu, notre retour sur l’opus Mordue, ce que nous vous invitons à faire si vous ne l’avez pas lu. En effet, nous vous conseillons très fortement de ne pas lire cette chronique-ci étant donné qu’elle se consacre au second tome, Faux-semblants, qui est la suite directe, au risque d’être spoilés.



Nous replongeons dans l’univers urban-fantasy, d’un genre bit-lit, aux côtés d’Angie, Alban et Laurent, dans un monde où les vampires existent aux yeux du reste du monde, dans une paix bancale où les contraintes et compromis ne sont pas toujours réciproques.



Dans le premier tome, Angie est mordue par le duc Laurent, un vampire irascible et manipulateur, aux nombreux privilèges tirés de sa proximité avec le roi Vassili. La jeune étudiante s’est vue dans l’obligation de signer un contrat, faisant de Laurent son Maître. Ce dernier attend d’elle obéissance, soumission et une dose de sang quasi quotidienne. Un triangle amoureux s’est doucement dessiné dès lors, à l’entrée d’Alban, frère de Laurent, bien plus posé, calme et empathique que son ainé. Angie est tombée sous son charme et tente de composer entre son amour pour Alban et la domination de Laurent. Tout ne fut pas rose, puisqu’Alban n’est pas non plus un modèle de vertu, utilisant des corps humains, sans âmes, comme moyen de substitution au sang des vivants, créant ainsi les Défunts. La morale est mise à mal. Dans cet imbroglio d’émotions, de relationnel et de bonnes consciences au défi, des sorciers — ennemis jurés des vampires —, entrent dans la danse et parviennent à convaincre Angie de les aider. L’issu est dramatique et c’est peu de temps après que le second tome, Faux-Semblants, démarre.



 

Le repère des vampires a été détruit, les sorciers boutés sans son lot de victimes et Laurent est fou furieux. Il réclame vengeance et, pour commencer, il attend à ce qu’Angie paie pour sa trahison. Pour cela, il exige son retour et la signature d’un nouveau contrat. Terrorisée, Angie n’a encore une fois pas le choix et doit céder, au risque de sacrifier son amour pour Alban, puisque le tout s’accompagne d’une condition : celle de fourvoyer la populace humaine afin d’apaiser les nouvelles tensions entre les deux peuples en prétendant entretenir un conte de fée et d’amour avec Laurent.

Contrairement au premier tome, Alban s’efface pour laisser la place à Laurent. Nous le découvrons plus en détail, sans éviter les nombreux doutes qui nous assaillent autant qu’Angie. Au vu de son visage découvert dans le premier opus, nous restons vigilants, appréhendant chaque retournement de situation ou marque d’empathie qu’il révèle au fil des pages. Est-ce que tout est vrai ? Est-ce ses tendances manipulatrices qui guident le moindre de ses gestes ? Tout est-il calculé ? Même si Laurent reste dominateur et antipathique sur de multiples points, une partie du lectorat est susceptible de bien mieux l’apprécier dans Faux-Semblants. Toutes ses nuances peuvent s’avérer plaisantes, l’autrice jouant sur les attraits de sa personnalité ténébreuse, virile et dominatrice. L’inverse d’Alban qui, même s’il devient plus « fantomatique », reste doux, attentif et respectueux d’Angie. Toutefois, depuis l’épisode des Défunts, certains seraient probablement dans la vigilance à son sujet aussi.

Vous l’aurez compris : le lecteur est balancé d’un doute à un autre, de questionnement à un autre, plongé dans les nouveaux évènements secouant le monde vampirique, mais aussi dans le triangle amoureux qui se forme pour de bon. Aussi, si vous êtes de ceux qui n’apprécient pas les trios comme dans Journal d’un Vampire ou plus populaire encore, Twilight, nous nous devons de préciser d’ores et déjà ce qu’il en est. Angie est tiraillée entre Laurent et Alban et le troisième opus risque de travailler davantage cette matière mise en place. Si vous en êtes adeptes, vous y trouverez votre compte !

Une petite évolution est à noter pour Angie, même si elle reste fidèle à elle-même : très centrée sur elle, un peu égocentrique malgré ses sursauts altruistes, et naïve, aux larmes faciles. Mais c’est cette fragilité qui semble plaire aux deux vampires ; une fragilité qui s’efface parfois derrière un semblant de dangereux culot. La différence est qu’elle semble plus focalisée sur sa propre survie, quitte à aller à l’encontre de sa propre morale. Les regrets et les remords affluent, la remettant souvent en question. Elle s’endurcit aux côtés de Laurent, la douceur d’Alban se faisant plus discrète pour la rattraper au vol.

Nous retrouvons des protagonistes secondaires, mais en rencontrons aussi d’autres, notamment un dont l’identité est bien connue sans pour autant avoir suivi d’interactions directes. Un être qui peut être considéré comme abject, confirmant que les apparences sont souvent trompeuses et dont la cruauté n’a de limites que le courage de ceux qui s’y opposent.

Si le relationnel et les émotions sont sur le devant de la scène, l’intrigue tout autour reste présente, bien qu’avec du recul : la menace des sorciers, l’opinion publique et le rôle qu’Angie doit jouer pour espérer protéger l’Humanité. Le récit se consacre beaucoup aux introspections d’Angie, à ce qu’elle ressent au fur et à mesure et à ce qu’elle vivra malheureusement. La jeune femme est loin d’être épargnée, subissant coup sur coup de terribles mésaventures.

Tout comme elle, nous sommes donc perdus, ne sachant plus qui ou quoi croire ; l’autrice joue avec les masques, les on-dit et le choix des mots de ses protagonistes, semant les grains de nos suspicions et de nos déceptions quand nous réalisons les fausses pistes aveuglément suivies.

En ce qui concerne l’écriture, nous notons une différence louable à notre sens. Ce principe que chacun est libre d’appliquer ou non, que nous avions trouvé peu respecté dans le premier opus (le Show, don ’t tell) semble ici se préciser. Les actions s’enchainent moins vite, sont plus développées et l’évolution des protagonistes mieux abordée (il ne faut toutefois pas oublier qu’il est question d’un roman d’environs deux cent trente pages, ce qui peut être considéré comme assez court selon les lecteurs et les goûts.) La psychologie des protagonistes, ou du moins d’Angie, est davantage traitée. De même, les dialogues sont plus présents et bien distinctifs, passant moins en étant « racontés » dans la narration comme dans Mordue. La plume est fluide, simple, en adéquation avec le personnage d’Angie.

Les chapitres se concentrent toujours au point de vue d’Angie, sauf une exception que vous aurez le loisir de découvrir par vous-mêmes si vous tentez la suite de l’aventure.



Vous l’aurez sans doute compris, Faux-Semblants gagne un niveau et précise le triangle amoureux, tout en endurcissant Angie. Le final laisse une large ouverture pour un troisième tome et risque d’en frustrer plus d’un.

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