Historique, Romance

T.2 Le Destin des cœurs perdus : la rebelle de Castel Dark de JC Staignier

Je remercie l’autrice pour ce service-presse et sa confiance !



La Marmite aux Plumes a déjà eu le plaisir de lire et traiter le premier tome de la saga le destin des cœurs perdus, de J.C Staignier.

Nous avions rencontré toute la famille de Percival que nous allons suivre sur plusieurs tomes.



Angleterre, 1396.

Aelis de Percival fuit son pays natal afin de rejoindre sa sœur Jane. À bord du Goéland, elle fait la connaissance du capitaine Sadler. Néanmoins, la jeune femme poursuit un seul but : attirer Arthur de Templeton en France.

Entre l’amour et la vengeance, Aelis trouvera-t-elle le courage d’affronter ses démons ?



Nous retrouvons Aelis de Percival sur le navire qui l’emporte, elle et les enfants de Castel Dark, jusqu’en France, pour rejoindre sa sœur aînée, Jane et son époux Edmond. Nous l’avions quitté après la tragédie qui a frappé sa famille, un massacre perpétré par Arthur de Templeton. Sa mère, Illyana et Emmet, sa sœur et son beau-frère pour qui elle avait de tendres sentiments, et bon nombre de leurs gens ont été massacrés. Dévastée, quelque peu perdue et hantée par les âmes tourmentées, Aelis oscille entre le chagrin et le désir de vengeance.

Brett, le capitaine du navire, lui permet de ne pas perdre complètement pied. La jeune dame ignore cependant à quel point il prendra de l’importance dans sa vie, au risque, peut-être, de la détourner de sa revanche contre Templeton.

Nous sommes toujours au XVe siècle, nous quittons l’Angleterre pour la France, et tout comme Aelis, nous allons devoir nous adapter aux autres mœurs, étiquette de cet autre pays à cette époque. JC Staignier ne fait pas un roman purement historique dédié aux descriptions de l’époque ou à la puretransmission. Bien entendu, nous avons tout de même des détails rapides, et efficaces, pour nous immerger dans l’époque et mieux savourer l’histoire dans son contexte. Les personnages notamment, se retrouvent confrontés à des difficultés nées des conflits politiques : en effet, le roi Charles et la reine Isabeau sont peu appréciés du peuple, les conflits que cela engendre impactent irrémédiablement le peuple. Toutes ces descriptions ou cette immersion se glissent au fil de l’intrigue, de la gestuelle des protagonistes ou au fil des dialogues : nous n’avons donc pas d’énormes pavés dont le seul but serait de nous expliquer de A à Z comment une dame s’occupe de sa chevelure ou de son bain.

L’autrice admet aussi d’avoir pris de nombreuses libertés pour rendre sa saga historique accessible au plus grand nombre, ce qui induit une narration plus modernisée, de petites facilités et des personnages, comme Aelis, très avant-gardiste. Il est vrai que cela aide beaucoup à la lecture, et si vous n’êtes pas un lecteur foncièrement puriste, sans doute ne remarquerez-vous même pas ces libertés-là.

Concernant les personnages, comme pour le premier opus, ils sont nombreux, mais durant une bonne partie du roman, nous nous concentrons exclusivement à Aelis.

Une Aelis transformée, même si toujours fidèle à elle-même et à sa langue bien pendue. Torturée par le passé, hantée par Eryne et tous les cœurs perdus, elle est tiraillée entre la vie qu’elle fantasme et celle que les drames lui destinent. La plus jeune des Percival s’émancipe de toutes ces héroïnes propres sur elles, ses introspections et ses actions feraient presque d’elle une anti-héroïne. Ses sacrifices sont parfois extrêmes, et l’on se demande si nous en serions capables nous-mêmes. Mais la gravité de ses décisions nous prouve à bien des égards la puissance de son amour pour sa famille, pour celle qui est partie et pour celle qui reste. Aelis reste malgré tout attachante, peut-être aussi parce qu’elle est en avance sur son temps et que l’identification en est facilitée : son franc-parler, sa modernité, son courage aussi. Nous pouvons être amenés à la comprendre sans cautionner tous ses actes.

Brett, le capitaine du navire, est un jeune homme bien sur lui, très séduisant, et quelqu’un capable de finalement tempérer le caractère d’Aelis. Est-il calme et impassible ? Pas forcément, mais il reste doux et prévenant, tout comme homme capable d’essuyer les revers d’Aelis, ses indécisions, avec plus de patience que nous n’en aurions. Lui aussi est capable d’attiser votre affection.

Bien sûr, nous retrouvons Jane, avec une certaine mélancolie peut-être, Edmond, qui nous fait un peu regretter Emmet Kane, mais aussi les enfants : Clayton, William et Lali.

D’autres personnages secondaires reviennent sur le devant de la scène, bons ou mauvais, même si peu sont manichéistes finalement. Sans surprise, Arthur Templeton rôde toujours.

L’intrigue se déroule elle aussi sur plusieurs années, et pourrait se diviser en trois arcs. Les deux premiers tournent donc autour d’Aelis et de sa quête pour venger sa famille, rendre justice à sa manière comme elle l’a juré, guidée par Eryne – une part plus importante de fantastique s’invite dans le texte.

Entre complots, machinations, actions, et séduction, le lecteur n’a pas intérêt à sauter une ligne, sans doute encore secoué par le final du tome précédent. La colère, la rancœur, nous accompagne et nous suivons Aelis avec cette hargne amère, inquiets qu’elle faiblisse, inquiets qu’elle puisse échouer. Mais nous sommes aussi mitigés : pouvons-nous réellement espérer qu’elle s’oublie, se détruise, au profit de la haine et de la vengeance ? Cette jeune fille devenue femme mérite-t-elle tout ce qui lui arrive ? Nous l’apprécions, comment lui vouloir du mal au profit des âmes d’Illyana et d’Emmet ?

Pourtant, nous désirons avec ardeur qu’Arthur Templeton, et tous les bourreaux qui l’ont soutenu paient. Pour Mary, pour Illyana, pour Emmet. Pour toute la famille de Castel Dark.

Quant au troisième arc, nous préférons ne pas nous empêcher sur la question, puisqu’il prépare le troisième opus. Nous vous laissons donc la surprise.

Vous pourriez apprécier ces contraires affirmés entre l’héroïne du premier tome, Illyana, et celui du second, Aelis. L’ange et le démon. La douceur et la combativité. Tous deux néanmoins se retrouvent au sein de la détermination et de la résilience.

La narration est toujours d’un point de vue externe au récit, mais connaît quelques exceptions : certaines scènes sont en effet subjectives à Aelis. Nous préférons là encore garder le silence afin de ne pas révéler pourquoi et leur importance.

L’écriture est sans tâche, accessible comme le souhaitait JC Staignier. La lecture en est fluide, facile, et rapide. Pas de lourdeurs ni de lenteur. Absolument aucune lenteur, à vrai dire.

Le rythme est ininterrompu, et il faut s’accrocher pour suivre toutes les péripéties qui s’enchaînent. Très rapide, l’intrigue est un véritable sprint. Cela empêche l’ennui de s’installer et multiplie les conflits, enjeux, ainsi que les twists.

Le romantisme est toujours là, mais la sensualité prend le pas sur certains plans.

Après les larmes du premier tome, tout cet amour, nous basculons sur l’autre revers de la médaille avec La Rebelle de Castel Dark. Pas de bisounours ou d’amour courtois, de grandes envolées tendres, nous accompagnons Aelis la dague au poing, l’œil revanchard et la soif de sang au corps.

Pour Castel Dark.

Pour la famille de Percival.

Pour que justice soit rendue.

Pour l’amour des siens.

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1 thought on “T.2 Le Destin des cœurs perdus : la rebelle de Castel Dark de JC Staignier

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