Fantastique

T.2 Hex in the City : Die With Style de Dorian Lake

Je remercie Dorian Lake et les éditions Noir d’Absinthe pour leur service-presse et leur confiance ! C’est toujours un plaisir pour moi. Troisième service-presse, troisième lecture des plus plaisantes ; en espérant d’autres partenariats aussi agréables !

 


 

Avant toute chose, étant donné qu’il est question du second opus, nous vous conseillons de ne pas lire cette chronique au risque de quelques malheureux spoils concernant le premier – sauf si peu vous chaut. Nous pensons aussi, tout comme explicité dans la chronique concernant le tome un d’Hex in the City, que c’est à l’image d’un épisode de série télé ; parfois, ce n’est pas bien grave d’en louper un sur deux. C’est en votre âme et conscience ! Nous n’irons pas vous tirer les oreilles dans tous les cas – pour une meilleure immersion, compréhension… lisez L’Eventreur de San Francisco.

Pour retrouver la chronique concernant ce dernier cité ci-dessus, voici le lien ; vous y retrouverez aussi toutes les informations comme la biographie de l’auteur/éditeur Dorian Lake ainsi que des liens très intéressants vous redirigeant vers les différents réseaux de Noir d’Absinthe, de l’auteur (que vous pouvez retrouver sur Wattpad, par exemple) ou encore vers des articles très enrichissants dédiés à la saga Hex in the City (les coulisses, la genèse, la création de la couverture…) Vous pouvez d’ailleurs y retrouver le lien vers la fiche du premier tome sur le site de l’édition avec la playlist ; les deux musiques proposées pour cette chronique ci-dessous ne sont issues que de mon ressenti personnel après lecture et avoir découvert un morceau de dark country dans les choix musicaux mis à disposition par Dorian Lake sur Noir d’Absinthe.

 

 

Nous retrouvons Taylor dans ce second volet, amenée à remplacer la chanteuse d’un groupe de rock les Die With Style. Si l’aubaine semble parfaite pour la jeune femme qui peut retrouver ce goût de la chanson et de la scène, les circonstances l’ayant amené au sein du groupe pour le dépanner restent sombres. Plus encore, le retour de Lionel dans sa vie risque d’ajouter à sa tension émotionnelle, couplé à sa relation gardée secrète avec Sienna. Suffisant ? La pauvre Taylor risque d’avoir une nuit des plus chargées, ponctuée de fâcheuses (ou bonnes ?) rencontres…

Dorian Lake nous offre un opus plus sombre que le premier, plus penché aussi sur le surnaturel et le monde witch-lit/bit-lit. Nous obtenons aussi quelques réponses restées en suspens pour notre plus grand plaisir, nous permettant de mieux comprendre les différents protagonistes et de les apprécier.

Fidèle à sa plume, l’auteur nous entraine à nouveau dans San Francisco où nous y retrouvons le Witch Hour, les rues noires, un sombre parking et souterrain lugubre… mais nous dérivons aussi jusqu’à une boutique d’ésotérisme à un étrange manoir qui a toute l’allure d’une clé ouvrant davantage sur un background que nous espérions voir développé. Le tout, servi avec des descriptions authentiques et pertinentes. Si Dorian Lake ne nous plonge pas de facto dans son chaudron des révélations, il en dissémine au compte-goutte, respectant un certain aspect du page-turner et titillant la curiosité du lecteur pour le pousser à faire défiler les pages en quête de la prochaine vérité.

Nous retrouvons une rythmique très cinématographique, grimpant crescendo au fil des chapitres ; concernant ces derniers, ils sont courts, mais toujours aussi efficaces, alternant entre les différents protagonistes sans jamais nous perdre de l’un à l’autre. Tout est mené avec souplesse et fluidité, appuyé par cette trame addictive qui ne nous fait pas regretter de quitter un protagoniste pour en retrouver un second. Dans certains romans, il est vrai que changer de point de vue à une scène sous haute tension nourrit une certaine aigreur ou impatience : parfois, cela fonctionne… et parfois moins. Ici, c’est bien ficelé et amené, au point que même si nous sommes arrachés à un chapitre haletant, la frustration reste moindre puisque chaque partie a son importance, son lot de révélations ou d’actions.

Même si cet opus est un peu plus long que le premier, il reste rapide à la lecture : le roman peut être lu en quelques heures pour les plus assidus. De fait, encore une fois, il ne faut pas s’attendre à ce que toute l’intrigue ou tous les mystères/secrets soient dévoilés en si peu de pages. L’auteur en garde encore sous le coude (à défaut d’avoir la voix d’une sirène pour nous attirer dans ses filets [même si nous ne l’avons jamais entendu chanter ; un jour, peut-être ?], il sait nous mener par le bout du nez pour que l’on continue à suivre les aventures Taylor pour obtenir le fin mot de l’histoire.)

Nous nous détachons un peu du « polar » pour retrouver le fantastique/surnaturel, bien que la présence de Jake permet de battre le rappel. Le récit garde néanmoins cette ambiance particulière que nous avions découverte avec L’Éventreur de San Francisco et qui participait au grand charme de l’intrigue.

Taylor est toujours fidèle à elle-même, sa facette de rockeuse bien plus poussée grâce à la trame qui lui fait reprendre le micro. Gros point aussi, nous en apprenons beaucoup plus sur ce qui s’est passé à New York, avec son beau-père et sa sœur cadette. C’est plutôt agréable ici de ne pas attendre cinq tomes avant d’obtenir ces informations… qui amènent de nouveaux mystères. Puisque son don est lui aussi plus approfondi ainsi que les risques qui en découlent. Nous avons, entre autres, un aperçu incroyable de ses capacités… mais nous n’irons pas plus loin ici pour que vous en découvriez vous-mêmes la teneur et quelles en sont les circonstances.

Jake est bien plus discret ici au profit de Lionel. Nous notons toutefois une petite évolution qui tend à faire penser qu’il sort petit à petit la tête de l’eau. Il semble conduit à enquêter sur un facteur l’ayant fait sombrer plusieurs années plus tôt ; mais sur qui ? Et quoi ? La relation entre Jake et Taylor a pris un autre tournant suite à l’évènement qui s’est produit à la fin du premier tome, même si, peut-être est-ce un regret, reste peu abordé pour la psychologie des personnages (notamment de Taylor.) Cette émergence de ses propres tréfonds (où se mêlent alcool et solitude) amène une tentative auprès d’Andréa, sa fille. Cet essai débouchera-t-il sur un succès ? Ou un rejet ? Et quel rôle Jake jouera-t-il cette fois auprès de Taylor ? Par ailleurs, Andréa est présente au début du roman, mais s’efface, elle aussi, au fur et à mesure pour laisser la place à d’autres protagonistes, tout comme Kathy, l’infante de Lionel (bien qu’elle soit parfois évoquée et que certaines interventions se révèlent salutaires. Mince, nous ne pouvons en dire plus ! Il faut lire !)

Comme glissé plus haut, Lionel fait un pas en avant dans l’intrigue, dépassant cette fois Jake qui aura profité du devant de la scène dans le premier tome. Tout comme avec Taylor, le background de Lionel est ici mis en lumière – du moins, quelques zones d’ombre s’éclaircissent. Il continue à être aussi intriguant, ambigu, nous faisant osciller entre l’affection et l’amertume

le concernant. Assez nuancé, Lionel est froid, distant, dissimulant sous cette carapace (dut ou non à sa condition d’être surnaturel) quelques fêlures qui se répercutent aujourd’hui dans son existence (peut-on parler de « vie » pour un vampire ?) Certains lecteurs seraient susceptibles de beaucoup s’attacher à cet étrange personnage qui semble tenir entre ses doigts un curieux fil rouge.

Ne soyez pas déçus si certains héros rencontrés dans le précédent opus sont moins présents… les nouveaux arrivants compensent tout à fait cette semi-absence, avec leur lot de richesses scénaristiques, psychologiques encore voué à être pleinement découvert pour les besoins des prochaines intrigues ; vous ferez la connaissance de la mystérieuse rouquine, Elizabeth… ou de cette étrange femme aux yeux bleus que vous n’aurez sans doute pas oubliée avec l’épilogue de L’Eventreur de San Francisco. Vous boirez quelques bières avec les membres de Die With Style, pousserez la chansonnette avec eux, tout en découvrant la secrète Chrissy, l’Irlandaise nouvelle propriétaire d’une boutique atypique…

En outre, nous pouvons savourer des scènes d’actions plus présentes et narrées, de la sensualité pour tous les goûts, du fantastique, de la sorcellerie… encore une fois, dans ce monde urbain et contemporain ; et si notre voisin était un sorcier capable de voyages astraux ? Et si votre boulangère était une vampire ? Vous ne verriez peut-être plus votre pain de la même manière…

Dorian Lake signe ce second opus en restant fidèle à l’esprit de son histoire et de ses personnages, confirmant qu’il tient bien les rênes de son intrigue encore une fois, recoupant les évènements et les interactions entre eux. À défaut de nous poser devant une série, vous pourriez vous dire « Tiens, et si je lisais un nouvel épisode d’Hex in the City ? » Ce n’est peut-être pas quarante minutes de visionnage, mais quelques heures de lecture addictive, sous tension, où l’on retrouve ces héros qui en ont encore en réserve. Un autre point fort de cette histoire : les intrigues sont différentes d’un tome à un autre, tout en restant connectées grâce aux protagonistes.

Des questions restent une nouvelle fois en suspens : quid de la chanteuse disparue ? Quelle décision prendra Jake ? Les convictions de Taylor s’en retrouveront-elles changées dans le prochain tome ? Et Lionel… ? Nous n’énumérerons pas plus ces interrogations… il y en a tant. Sans compter que la fin est un véritable cliffhanger, nous obligeant à guetter la suite, une petite boule d’angoisse au ventre.

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