Historique, Romance

T.2 Combat d’amour, du désir à la passion de Loraline Bradern – SAGA

La Marmite aux Plumes a déjà eu le plaisir de découvrir le premier opus de la saga historique, Combat d’Amour.

Loreline Bradern signe un second opus chargé de sensualité, d’actions, et de sentiments, au cœur du XIème siècle.



Décidée à sauver son père, Alinor tente de séduire Gautier de Fougères pour s’assurer de son aide dans son entreprise, mais sa tentative échoue. En dernier recours, la jeune femme se résout à utiliser la force contre lui. Contrainte de l’affronter les armes à la main, elle est vaincue et le Normand commet une faute irréparable. Entretenant malgré elle une liaison avec l’ennemi, Alinor est déchirée entre sa loyauté envers son père et ses sentiments naissants pour l’envahisseur. Et c’est sans compter le danger qui plane sur sa tête depuis le retour du malfaisant Gervais de Mortreux.



Alinor est déterminée à sauver la vie de son père, prisonnier du duc Normand. Comment osent-ils le ramener au sein de son propre fief pour l’exécuter sous les yeux de ses gens et de sa famille ? Elle est prête à tout, même à se servir de Gautier de Fougères pour parvenir à ses fins. Mais peut-elle lui faire le moindre mal quand le désir s’en mêle ?

Nous retrouvons les personnages tout de suite après la fin du premier opus. Pas de temps mort donc, entre l’épilogue du précédent et le premier chapitre du suivant. On plonge directement la tête dans l’histoire : n’oubliez pas de vous rafraîchir la mémoire !

L’univers du récit est toujours le plus respectueux possible de l’époque. C’est un réel plaisir de s’immerger au moyen-âge comme si nous y étions, d’arpenter les couloirs du château aux côtés des différents personnages pour mieux s’imprégner de l’ambiance et des murs. Nous nous prêtons au jeu, brodant avec les femmes, les suivant dans les cuisines et dans la confection de chandelles, dans la tenue de la maisonnée quand nous ne sommes pas sur le terrain avec les hommes en train de s’entraîner, armes au poing ou à mains nues.

Quel plaisir aussi de voir éclore dans notre esprit toutes ces tenues savamment décrites pendant qu’elles sont revêtues, comme des éléments d’aquarelles qui se composent petit à petit sous nos yeux, éclatants de couleurs et de détails.

La politique, les enjeux diplomatiques et les tensions entre seigneurs, chevaliers, n’ont pas de secrets pour nous non plus, grâce à l’autrice qui prend le temps de tout expliquer sans nous perdre ou nous lasser.

Mais toutes ces descriptions, informations et détails historiques ne sont pas ennuyeux, risque récurrent dans le genre : à trop en faire, on finit par survoler les paragraphes, puis les pages, désireux de passer à la suite de l’intrigue. Ici, l’équilibre est maintenu. Les descriptions s’imbriquent à l’intrigue. Souvent inévitables, mais très agréables.

Nous assistons à une évolution dans la psychologie des personnages.

Alinor s’assagit d’une certaine façon. Nous la découvrons plutôt femme, à la place de la guerrière dans son armure, sans qu’elle perde de son caractère farouche. Ses convictions s’effondrent et les remises en question l’assaillent. Quelle est sa meilleure arme quand elle ne peut plus brandir son épée ou bander son arc ? Elle éprouve de nouveaux sentiments. Émotions qui la dépassent et la font apparaître plus fragile, attachante même.

Gautier reste en quelque sorte fidèle à lui-même, même si le heaume du parfait chevalier tombe à certains égards. Certaines de ses actions sont fort peu louables et immiscent le doute chez les lecteurs tout comme chez Alinor et son entourage. Pourtant, nous ne pouvons pas nier son bon cœur et sa morale presque avant-gardiste sur certains aspects de l’époque, tout comme c’est le cas pour Alinor, quand bien même cette dernière à plusieurs longueurs d’avance.

Ce second tome révèle d’autres facettes de nos deux héros, ce qui nous permet de les aborder sous un angle différent, de mieux apprendre à les connaître et les comprendre. C’est idéal en soi, pour appréhender leur évolution tant dans leur psychologie que dans leur relation.

Loraline Bradern prend toujours son temps dans cette histoire. Elle dépeint les étapes d’une relation amoureuse sans les griller. Elle se soucie de donner un maximum de corps et de crédit aux sentiments de ses protagonistes pour rendre leurs aventures plus authentiques, réalistes à certaines mesures.

Du désir à la passion n’aborde pas de but en blanc l’amour indestructible entre deux individus que tout paraît opposer. C’est tout d’abord un premier pas fait l’un vers l’autre, l’incompréhension puis la compréhension de ce qui les lie, c’est avancer à tâtons en quête d’une lumière qui pourrait remettre de l’ordre ou, au contraire, donner un sens à ce qu’ils vivent et ressentent.

Mais l’intrigue ne tourne pas qu’autour des sentiments de Gautier et d’Alinor. Elle se compose d’autres enjeux et conflits, tant sur le plan politique que diplomatique, familiale et relationnelle. De gros chamboulements renversent bon nombre de décisions et acquis, pour impacter irrémédiablement les deux héros en bien ou en mal.

L’action est de fait au rendez-vous, autant que la réflexion et l’inquiétude de ce qui risque d’advenir pour la suite.

Loraline Bradern a su créer un final frustrant autant que satisfaisant. De quoi se protéger de l’ire de ses lecteurs, en attendant le troisième tome (déjà sorti, en réalité.)

La plume est toujours aussi efficace et au service de l’époque, de ses personnages sans devenir de plomb. L’élocution très soutenue, typiquement médiévale (et encore) se retrouve surtout dans les dialogues, afin de nous laisser une lecture fluide et aérienne pour le reste de la narration.

À l’inverse du premier tome, les dialogues pourraient toutefois vous surprendre un petit peu, puisque nous nous retrouvons face à une Alinor moins sûre d’elle et donc, plus encline à un bafouillage récurrent qui peut ralentir un peu la lecture et les échanges oraux. Vous pourriez avoir envie de la secouer un bon coup pour qu’elle termine ses phrases !

Combat d’amour, du désir à la passion est une très bonne suite qui fait toujours autant de bien. Les amateurs de romance historique pourront retrouver sans problème les codes si appréciés du genre, tout en y trouvant un rafraîchissement bienvenu. Plutôt que de se contenter d’un one-shot qui dépeint de A à Z une relation amoureuse en oubliant quelques lettres au passage, Loraline Bradern se plaît à découper sa saga pour respecter l’alphabet, offrant ainsi à ses personnages et à son intrigue tous les meilleurs ingrédients possibles pour une histoire complète et aboutie.

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