Historique, Romance

T.1 Une passion interdite : le naufragé de Saint-Cast de Rose Morvan

Je remercie Something Else Editions pour ce service-presse !


« Rose Morvan écrit depuis son adolescence, mais elle a franchi le cap de l’édition en 2014, seulement. Dans ses tiroirs, dorment encore des histoires rédigées dans des cahiers, et depuis elle ne peut plus s’arrêter.
Très attachée à sa Bretagne, – dont une partie coule dans ses veines –, à ses tempêtes, à son histoire et à ses légendes, elle situe l’intrigue de certains de ses romans dans cette région. Elle trace surtout des portraits de femmes qui se battent pour s’imposer, vivre leurs envies, et leurs amours, être heureuses tout simplement.
Qu’il s’agisse de contemporain, de l’historique, ou bien de l’érotique et du conte, Rose Morvan, amoureuse de la langue et de la littérature françaises, travaille les mots, leurs sonorités pour qu’ils enchantent les lecteurs. »

Le premier tome de Passion interdite est très loin d’être l’ouverture du bal de Rose Morvan. Cette fois, et comme glissé dans ce petit descriptif de l’autrice trouvé sur un célèbre site, miss Morvan nous propose l’histoire de la belle Hervine, en Bretagne, plus précisément à Saint-Briac, près de Saint-Malo.

La France est en guerre avec l’Angleterre ; le conflit n’épargne pas les côtes bretonnes. Hervine et sa famille : deux frères et ses parents, dont le père est dinandier, subissent les clairons des canonniers et les pillages. Peu de temps après l’un d’eux, ayant causé bon nombre de ravages dans leur cher village, un naufragé est rabattu sur la plage par la marée. Seul survivant, gravement blessé, Hervine décide de le soigner … Mais cet homme semble dissimuler bon nombre de secrets et être prêt à tous les mensonges pour les préserver. A moins qu’il ne soit question que de sa propre survie …

Rose Morvan met en scène une héroïne type Mary-Sue : parfaite en tous points, incroyablement belle, dévote … Aucun défaut. Ses faiblesses correspondent à ces anciens romans où les protagonistes féminins s’évanouissent dès qu’une émotion ou une situation les dépasse ou s’enfuit à toutes jambes, jupons sous le bras, pour se cacher, non sans déclencher dans son sillage une petite poursuite romanesque.

C’est un code qui, aujourd’hui, peut nous paraître incongru, voire un peu lassant, mais qu’elle maîtrise néanmoins et assume. Hervine est une « rosière » fervente défenderesse de la foi catholique ; sa vie est régie par cette foi, ce qui peut avoir tendance à nous agacer – comme l’est Alain, le héros masculin. C’est une particularité qui tend à évoluer, être heurté par différentes opinions et les mentalités (type, celles des Lumières au vu de l’époque)

Quant à Alain, c’est un gentilhomme des plus plaisants, sans défauts lui aussi : un peu un Marty-Stue, mais bien moins prononcé qu’Hervine.

En soi, le contexte se prête beaucoup à ce type de personnages où la galanterie, la bienséance, la vie aristocratique très protocolaire, ect façonnent l’existence de ces héros et leur mode de vie ; rien d’étonnant, donc. En mettant un pied dans ce roman, à une telle époque, il faut accepter de se prêter au jeu et, de fait, s’immerger au mieux dans l’ambiance proposée. Dans tous les cas, qui apprécie Orgueil et préjugés, Les Hauts de Hurlevent, Autant en emporte le vent pourra sans doute y trouver son compte…. Parce qu’il y a un point très plaisant à aborder.

L’écriture.

Un grand bravo à Rose Morvan pour sa qualité écrite, son éloquence littéraire et tout le soin apporté à son verbe.

C’est un réel plaisir de plonger au XVIIIème siècle avec tout le respect du vocabulaire présent que ce soit dans les dialogues et la narration. C’est soutenu, propre, maîtrisé … Un régal de lecture, de curiosité lorsque l’on bute sur un mot méconnu nous poussant à en découvrir la définition … Il n’y a aucune incohérence entre la temporalité, le contexte, les personnages et la narration : tout se consolide et respecte son fond et sa forme. Nous pouvons même nous retrouver à murmurer quelques phrasés pour mieux en apprécier la musicalité, la pertinence et faire un petit saut dans le temps histoire de quelques mots. Ce n’est pas pour autant une lecture difficile ou élitiste : c’est un bon niveau ; d’un niveau qui se perd aujourd’hui, surtout dans le genre historique.

Cette qualité d’écriture soutient et sert très bien les joutes verbales qui nourrissent en grande partie l’intrigue de ce premier tome. Il n’y a pas de combat à l’épée épique, de grands discours héroïques, cape au vent … Non, dans ce premier opus, tout est dans la réserve et les confrontations morales et diatribes, bien qu’il y ait tout de même la présence de quelques actions modestes qui permettent à l’histoire de retrouver un nouveau souffle, de nous extirper d’une petite somnolence tranquille.

S’il peut y avoir un regret, ce serait peut-être un petit manque au niveau de la relation d’Hervine et Alain : cette croissance dans les sentiments, le début de tout que l’on ne fait qu’effleurer et qui aurait sans doute mériter quelques pages supplémentaires pour mieux en comprendre la profondeur, la sincérité.

Attention, amis lecteurs, adeptes de l’érotisme et de la sensualité, ne vous méprenez pas : ici, pas de vulgarité, de sexe brute, voire écœurant. Tout est dans la finesse et les baisers volés. Amis lecteurs, adeptes du romantisme et des mots doux, galants et élégants, ce livre est pour vous.

Une passion interdite est un livre qui se lit plutôt vite et se termine sur un cliffhanger promettant de nouvelles aventures dans un prochain opus. Une fin frustrante, mais non moins efficace pour pousser le lecteur à guetter la sortie du prochain tome.

 

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