Erotique, Romance

T.1 The Air he Breathes de Brittainy C. Cherry – SAGA

Depuis un petit moment, je n’entendais que du bien de cette saga. Je me suis dit qu’il était peut-être temps que je la découvre moi aussi. Et pour un premier tome, je ne suis pas déçue.
Diplômée à l’Université Carroll, Brittainy C. Cherry est auteure de romances contemporaines.
Elle vit à Milwaukee en Wisconsin avec sa famille.
Brittainy a toujours été intriguée par les éléments, la symbolique… Aujourd’hui, elle a terminé saga en quatre tome The Elements où les héros correspondent … eh bien, à un élément. Air, Feu, Eau et Terre.

Je n’aurais pu espérer mieux comme chanson pour illustrer cette chronique !
L’autrice nous embarque dans cette première histoire aux côtés d’Elizabeth et de Tristan, deux âmes écorchées par la vie, endeuillées. Deux cœurs brisés cherchant soit à recoller les morceaux, soit à vivre avec les fantômes du passé. Il faut dire que leur créatrice ne les a pas épargnés : la perte d’êtres chers a ni plus ni moins bousillé les personnages qui se rencontrent par le fruit du hasard (vraiment ?) Elizabeth est une femme qui doit encore se raccrocher à la vie pour sa petite fille de cinq ans, Emma, tandis que Tristan a tout perdu. Et lorsque l’on perd tout, a-t-on encore une raison de vivre ?
Ce roman est parfois classé en « érotique », mais il est possible d’émettre quelques réserves. Certes, il y a quelques scènes sensuelles, un peu poussées, mais au final, elles sont rares — trois ou quatre, maximum. Et chacune d’elles est sans vulgarité (bien qu’il y ait un petit mot très familier glissé de temps en temps, sans nous faire lever les yeux au ciel ou soupirer) Cet érotisme est très loin d’égaliser ou de tenir la dragée haute aux autres romans qui le revendiquent. Sans compter que ces scènes enrichissent l’intrigue et approfondissent la relation entre les personnages et ne sont pas là uniquement pour satisfaire les fantasmes du lectorat.

En plus d’une romance (et non d’un livre érotique, non), The Air est un récit s’adressant à l’humain en chacun de nous. C’est une ode à la reconstruction, au deuil et à l’acceptation. Il y a peu, nous avons découvert Ma Bonne étoile de Clara Richter qui traitait lui aussi du deuil et de cette méthode propre à l’individu pour accepter ce qui est arrivé ou, au moins, tenter de vivre avec.

Elizabeth et Tristan se confrontent quelque peu là-dessus. Si parfois, ils parviennent à s’harmoniser sur cette reconstruction, d’autres fois, ce n’est pas le cas ce qui peut générer des conflits non explosifs, mais posés et réfléchis. Quoi qu’il en soit, Brittainy a su trouver les mots justes pour mettre en lumière les émotions, ressenties et pensées. Elle n’exploite pas ses personnages jusqu’à la moelle ; elle les met à nu et les place sous nos yeux en glissant : « Là, regardez leurs écorchures. Regardez ce qui se passe à l’intérieur. » Il n’y a pas non plus de trop grandes insistances sur la douleur des héros, au point d’en faire un drame lassant, trop centré sur des protagonistes en larmes à la moindre page. Si Brittainy parvient à trouver les mots justes, l’écriture dans sa globalité n’est pas non plus extraordinaire non plus. Un peu simplette parfois, mais elle rééquilibre en trouvant les bons mots pour que ses personnages s’expriment.

L’histoire est très émouvante, surtout lorsque le lecteur est lui-même parent. Les deux héros peuvent lui permettre de s’identifier sans mal : l’une a encore sa fille et doit se battre pour elle, l’autre a perdu son enfant et vit avec la culpabilité jour et nuit. Il faut prévoir quelques mouchoirs si l’on n’est pas un cœur de pierre.

Ce qui fait la force du récit, c’est aussi que Lizzie ou Tris’ ne sont pas enfoncés dans les stéréotypes. Bien sûr, Liz’ est superbe, gentille, aimante… mais pas parfaite. Tristan l’est encore moins, et son côté « bad boy je-n’aime-personne » est explicité dès l’ouverture du récit. On comprend, on sait pourquoi. Et ce n’est pas à l’excès ! En outre, on en revient à la justesse et au bon dosage. L’équilibre est maintenu du début à la fin, avec un crescendo qui termine de nous abasourdir. Les fils de l’intrigue s’enroulent, se nouent pour ce final.

L’Air est bien entendu très présent dans ce premier opus, étant donné qu’il est l’élément principal. Et c’est fait avec finesse.

L’on peut émettre encore une fois quelques réserves sur l’épilogue qui est un peu vu et revu… mais la contrebalance vient de l’introspection qui lui donne une autre saveur. Qui émeut. Beaucoup.

Ce premier opus est donc très riche en émotions, plutôt bon. Si l’on ne trouve pas son compte avec l’histoire d’amour, on peut tout aussi bien être touché par la profondeur des personnages et ce qu’ils endurent.

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