Dystopie, Science-Fiction

T.1 L’Enfant du Vide de Sarah Lo Iacono – SAGA

 

« C’est lors de son année de première que Sarah Lo Iacono décide de faire de l’écriture bien plus qu’un passe-temps. De la plume au clavier, son expérience sur les plateformes d’écriture lui offre la possibilité de finir son premier roman en 2017. Elle est aussi passionnée de journalisme et espère pouvoir en faire son métier. Etudiante en lettres, c chroniqueuse et membre d’un comité de lecture, elle n’hésite pas à tout essayer, refusant de s’imposer des limites. C’est pourquoi, au-delà du plaisir de créer, l’écriture est pour elle un moyen de tout remettre en question, d’innover, de tracer sa propre route, loin des sentiers battus. »

Biographie de la quatrième de couverture

 


A l’occasion d’un concours sur la plateforme d’écriture Fyctia, ayant pour thème « Eléments », Sarah Lo Iacono décide d’emprunter ses propres sentiers, prenant à contrepied la thématique que l’on retrouve plutôt en Fantasy/Fantastique en général. Ici, elle part sur une science-fiction, dystopie, et se réapproprie les éléments pour les adapter au genre choisi.

En France, 2045, une fratrie de cinq adolescents vit au jour le jour après qu’une épidémie issue d’un virus nommé « Ether » ait décimé les populations. Abandonnés, livrés à eux-mêmes, ils doivent se reconstruire et concilier avec l’étrange lien qui les relie. Caleb, le plus jeune, éprouve bien plus de difficultés : le frère martyr, honni. Celui que l’on méprise et que l’on accuse. Pour le garçon de dix-sept ans, l’avenir se profile morose.
Jusqu’à ce qu’il rencontre le docteur Léonard, un scientifique en poste dans la ville de Saïdu, capitale mondiale des sciences en tous genres. Quand cet homme rencontre Caleb, l’espoir renait. Celui d’enfin assouvir ses projets et son besoin inextricable de reconnaissance. Les quatre éléments en sont peut-être la clé ; le verrou ?
L’Enfant du Vide.
Caleb.
Mais à quel prix ?

Sarah Lo Iacono nous propose un univers atypique, centré sur une seule ville, celle de Saïdu. Une cité qui voue non pas un culte à une quelconque religion, mais à la science. C’est le cœur international des avancées technologiques, scientifiques et médicales. L’autrice semble garder sous le coude toute une matière contextuelle qui se développera au fil des tomes. Encore troublé, criblé des cicatrices de l’épidémie qui a sévi, la tension reste palpable au profit des habitants – essentiellement constitués des familles des salariés – qui, pour les moins chanceux, tentent de survivre, subissant une précarité parfois inhumaine. Les ruines s’amoncellent, les gravats inondent les rues, les animaux sauvages abondent dans les maisons abandonnées…

L’autrice n’apprécie pas du tout les clichés et cherche à s’en émanciper autant que son imagination le lui permet. Elle reprend le thème à sa manière et créer toute une philosophie scientifique et personnifiée au travers de cinq adolescents. Mais qu’est-ce qui relie la fratrie Galyn ?

Mademoiselle Lo Iacono pose les bases de son intrigue avant tout, un peu comme si tout le premier tome était l’élément déclencheur qui débouchera sur le reste de la saga. Le commencement. L’intrigue se centre autour de la fratrie, de Léonard et du docteur Brown, que vous rencontrerez très vite. Un récit à plusieurs voix, donc, d’un point de vue interne au récit. Cela nous permet de prendre toute la mesure du lien qui unit Caleb et ses frères et sœur, de comprendre l’impact différent en fonction de l’individu, mais aussi les envers du récit d’un autre angle tout en assimilant les caractères propres à chacun. Caleb reste cependant le personnage central, le noyau autour duquel satellite tous les autres.

Caleb, un adolescent qui a encore besoin de grandir, d’apprendre, de murir. Un garçon naïf qui souffre du mépris de sa fratrie, étant le cadet des quadruplés, de l’abandon de ses parents et qui ne sait plus à quel Saint se vouer pour sortir de l’enfer familial. Il est prêt à tout, même à se perdre lui-même pour y parvenir, mû d’une profonde résolution à toutes épreuves. Un jeune homme qui ignore tout de ce qui repose sur ses épaules, lui, l’Enfant du Vide.

Puis, il y a Marius, considéré comme l’ainé parce qu’il est celui qui prend les décisions les plus éclairées, le plus juste et le plus droit. Il est le calme et la constance, celui qui fédère les siens et les protège.

Alizée, la tempête froide. La seule femme de sa famille qui, elle aussi, doit persister afin de se faire valoir auprès de ces quatre frères. La cynique, la plus tranchante et inflexible. Mais peut-être que derrière ce cœur de glace se dissimule bien plus qu’il n’y parait ?

Aiden, le plus volcanique et téméraire. Celui qui gravite autour d’Alizée et qui souffre le plus dès qu’il est loin de Caleb. Mais pourquoi ?

Dimitri, la force tranquille, le plus solitaire, manipulateur et indépendant. Celui à qui le silence va et dont les yeux se posent partout.

Des quadruplés et un garçon au cœur d’un monde qui braque son halo sur eux. Qu’est-ce qui les attend ? Qu’ont-ils donc de si particulier ? Et quelle est cette étrange lettre laissée par leur mère aux propos si flous, voire surréalistes ?

Ces jeunes adultes et adolescent forment une équipe cabossée, mais très attachante grâce à la diversité des caractères et des spécificités. La vie ne les a pas épargnés, mais ils sont susceptibles de la prendre à contrepied – livrés à eux-mêmes, ils ont appris à se débrouiller seuls avec efficacité et résilience. Cela leur réussira-t-il pour les épreuves qui patientent dans l’ombre ?

L’autrice réserve quelques surprises pour ses protagonistes, essayant de ne pas miser sur le manichéisme ; les nuances semblent importantes, assez pour créer autant que faire se peut une certaine profondeur entre les Galyn, mais aussi avec Léonard.

La plume est fluide, simple et s’attarde peu sur les introspections – il y en a, bien sûr – préférant privilégier l’avancée de son intrigue qui lie action, confrontation, et twists. Les chapitres sont construits de manière à créer un page-turner, jouant en majorité sur l’intensité en l’espace de quelques pages. Les pauses sont rares, tout s’enchaine et se concentre en un même point jusqu’au crescendo final. Le lecteur semble courir partout, comme les héros.

Sarah Lo Iacono a beau être une très jeune autrice, il n’en reste pas moins qu’elle soumet plusieurs interrogations au travers de ses lignes : quelles sont les limites de la science ? Quel est l’impact de la morale au gré des avancées technologiques qui en deviennent dangereuses ? Peut-on parler de conscience lorsqu’il est question de sauver l’humanité en dépit de trop nombreux sacrifices ?

Qu’est-on prêt à faire pour protéger les siens ?

Et peut-on tout pardonner si tant est que l’on comprend ?

Les protagonistes se métamorphosent au rythme des épreuves qu’ils traversent, des rencontres, des trahisons et autres déceptions. Leurs actes restent à définir et à être jugés par les lecteurs. Est-ce bien ? Est-ce mal ?

Est-ce si simple, en réalité ?

Et si ce n’était aucun des deux ?

Oui, beaucoup de questions restent sans réponses pour l’instant et il est fort probable que l’autrice nous éclaire avec la suite de sa saga. Peut-être que les prochains opus ouvriront la porte de ce monde en 2045, allant plus loin que Saïdu. Difficile d’imaginer ce qui guette les Enfants par la suite ; une fin énigmatique qui laisse libre court à l’imagination sans pour autant causer une profonde frustration.

Jeune, oui, mais mademoiselle Lo Iacono est une autrice prometteuse qui vient de mettre un pied dans le monde littéraire, armée de son originalité et de ses idées florissantes. Qui sait ce qu’elle réserve à la pointe de sa plume ?

Si vous aimez la science-fiction, la dystopie, le thème des quatre éléments avec une originalité, n’hésitez pas à donner une chance à ce premier roman, L’Enfant du Vide, sans doute capable de vous convaincre qu’il tire son épingle du jeu.

 

Puisse le lien vous protéger, amis lecteurs.

 

 

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