Thriller

T.1 Je suis Celui qui Suit de Cédric Gorré – Trilogie (?)

Je remercie l’auteur pour ce service-presse et sa confiance !


« Cédric Gorré est né à Saint Jean de Maurienne et habite aujourd’hui à Toulouse.

Petit garçon, il se passionne pour les romans d’horreur, les films d’animations japonaises et pour le hard rock.

Un peu rêveur sur les bords, il aime se raconter des histoires et créer des personnages.
Malgré tout, son métier d’ingénieur lui maintient les pieds sur terre. Ses années d’étude en Asie ont éveillé un besoin d’écriture, d’émancipation, de purge.

Il est aujourd’hui un technicien qui assomme sa raison avec les mots ! »

Biographie disponible sur le site de Vents Salés, maison d’édition.

 

 

Edité chez Vents Salés, Je suis Celui qui Suit est le premier roman paru de Cédric Gorré – un thriller en plusieurs opus qui se positionne sur un fil ténu entre réalité et paranormal ou, tout du moins, qui s’interroge.


Carl Stemsein est un homme brisé.
Il doit vivre dans son enfer personnel : un monde où son épouse, Carole, et leur petite fille, Sarah, ont été sauvagement assassinées dans leur joli pavillon. Accusé du meurtre, puis acquitté, Carl ne cesse de plonger dans les tréfonds de la drogue et de l’alcool.
Quelque chose ne va pas.
Quelque chose ne tourne pas rond.
Quelque chose rôde.
Exilé dans la vieille demeure familiale en ruines, Carl tente de composer avec ses démons, ses terribles cauchemars et insomnies… ainsi que ses étranges peintures d’une précision alarmante qui l’attendent lors de ses réveils agités.
Carl Stemsein est-il devenu fou, sujet à d’étranges et dangereuses hallucinations ?
Quel mystère se tapit dans la pénombre autour du corps de sa femme et de son enfant ?
Est-il… coupable ?

 

Cédric Gorré nous entraine dans ce qui peut s’apparenter de prime abord à un huis-clos : un duel entre un homme et son esprit tourmenté, un duel entre un homme et une maison en fin de vie, aux ombres dantesques.

Un homme détruit – qui se détruit -, sombre dans l’alcool, creuse sa tombe à chaque piqûre de seringue, essaie de ne pas se laisser happer par ses flashs qui reviennent le hanter. Chaque pièce de cette maison qui s’écroule est un combat, une épreuve, déclenche en lui une peur viscérale. Mais pourquoi ? Et pourquoi garde-t-il ce drap blanc scotché sur le miroir de sa salle de bain ?

L’auteur nous dépeint l’histoire en nous immergeant aux côtés de Carl, suivant ses dérives presque routinières, au point que nous finissons par connaître par cœur ses habitudes, ses préférences, la teneur de ses repas, sa boisson alcoolisée favorite « du moment ». Ce quotidien quoique nouveau puisque Carl change de contexte pour, justement, tenter de s’en sortir, entrecoupé par ce qui l’a conduit à une telle épave : le passé, la tragédie et tous ces évènements inexplicables qui lui arrivent. Quels sont-ils ? Un delirium à n’en plus finir, conséquences de ses addictions ? Ou autre chose ?

Carl est un protagoniste que l’on peut peiner à définir, notamment dans nos ressentis. Le prenons-nous en pitié ? Parvenons-nous vraiment à l’apprécier quand il ne cesse de se faire du mal à lui-même ? Éprouvons-nous de la compassion pour tout ce qu’il a enduré et endure encore ? Cédric Gorré se plait à insister sur la décadence de son protagoniste, ses besoins incontrôlables de vices en poudre ou liquide, déclenchant en nous soit une lassitude, soit de la colère, soit une volonté de le secouer et d’intervenir pour le sortir de là. Surtout, l’auteur joue avec notre perception et nos propres jugements : ce qu’il voit, ce qu’il vit, est-ce bien réel ? Ou le « socle de nos convictions » finira par s’ébrécher ?

Les doutes s’installent, le lecteur s’échine à trier les nœuds pour mieux les dénouer, intercepter les failles et les indices qui pencheraient vers un raisonnement plutôt qu’un autre.

En soi, le rythme ne peut pas être qualifié comme « haletant » ; nous tournons autour de Carl, de sa psychologie et de quelques introspections disséminées. Quelques montées de tension, s’accaparant un peu plus notre concentration et intensifiant notre lecture ponctuent ce tempo curieusement calme, voire lent. Pas de courses poursuites, de grands cris ou de rixes ni d’enquêtes à l’autre bout du pays. L’ambiance est sombre, avec pour seul halo de lumière cette cheminée que Carl s’obstine à toujours laisser allumée et les rares interrupteurs quand il a le courage d’appuyer. Le temps participe à cette pesanteur, cette morosité : la pluie ne cesse pas. L’auteur joue avec les météos pour manipuler notre imagination et, donc, notre capacité à mettre en scène la lecture.

La narration est à la troisième personne, mais il est intéressant de voir l’échange entre elle et le protagoniste. Certains passages trouvent réponses dans une réplique dite à voix haute par Carl, comme une résonnance, un subtil effet ping-pong. Une tendance à parler seul – vraiment ? – du héros qui instille là aussi un certain doute sur sa « santé mentale. » Très peu de dialogues, puisque peu de personnages hormis le Docteur Hartmann, le médecin généraliste qui suit Carl depuis sa naissance, et quelques rencontres ponctuelles. Nous comptons aussi ces échanges « intérieurs » que nous vous laissons découvrir. Autre point à noter : les « tocs verbaux » de Carl. Au départ, l’on peut avoir l’impression que ce sont de malheureuses répétitions, mais la récurrence finit par mettre la puce à l’oreille. Ils permettent d’étoffer un peu plus le protagoniste.

Nous pensons que Cédric Gorré s’est beaucoup inspiré du cinéma asiatique d’horreur, mais aussi de ses goûts en matière d’animations japonaises pour construire son récit et son ambiance. Il est ici question d’un premier tome et le rythme, lent et calme du départ, monte en crescendo vers les dernières pages, nous prenant de court. Tout s’accélère, certaines réponses semblent émerger jusqu’au grand final qui nous laisse pantois et désireux de découvrir la suite.

L’auteur balance son récit entre le paranormal et la réalité. Vrai ou faux ? Une éternelle interrogation qui triture nos méninges.

Ce premier tome se lit très vite pour peu que l’on y accorde plusieurs heures : il peut être terminé en une journée.

La nuit se prête à cette lecture, mieux encore si vous avez un miroir, là, tout près de vous…

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