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[Fantastique] Sympathy for the Devil de Caro Mélu

Si vous voulez découvrir cette histoire, cliquez sur la couverture !
Depuis que l’homme est homme… on raconte un paquet de conneries à mon sujet ! Pourtant cela fait plusieurs années que je fais profil bas et essaie juste d’accomplir les tâches (et autres corvées) que m’imposent Haiaiel et sa cohorte de lèche-bottes dégoulinant de bons sentiments. Mais je m’en fous ! Du moment qu’ELLE est protégée… Du moment que je peux LA voir, cela me va. Donnez-moi toutes vos missions d’élimination de la vermine (même si, on ne va pas se mentir, la plupart sont bien indignes de moi…) ! Du moment que je suis près d’ELLE…

 

 

 

 

 

Ce n’est pas le genre de lecture vers lequel je me dirige en règle générale, mais je me suis laissée tenter malgré tout … et je ne le regrette pas. Je suis tombée sous le charme de Maël, comme beaucoup, mais aussi de la plume de Caro Mélu dont j’avais eu une première vague idée sur un concours Fyctia – Univers Alternatif avec le Lac du Lou. Je n’en avais lu que le début, à l’époque (je me suis rattrapée depuis !), mais j’avais déjà remarqué sa plume singulière, qui lui est propre.

Alors, Sympathy for the Devil, c’est quoi ?

C’est un récit fantastique qui se place dans un contexte contemporain ; notre époque. Un récit qui se plait à raconter l’histoire de Maël, un protagoniste un brin anti-héros, qui n’est ni bon, ni mauvais. Sa polyvalence en fait un personnage riche, surprenant – on ne sait jamais sur quel pied danser avec lui et c’est qui nous plait à le voir évoluer dans l’univers de Caro Mélu. Bien que cette histoire prend place au 21ème siècle, c’est un tout autre monde que l’autrice nous propose. Maël est singulier, tant par son background que par la destinée que semble lui réserver sa créatrice. Ce que j’ai apprécié, c’est que Caro Mélu ne nous le dépeint pas comme le bel homme séduisant, sombre – le beau ténébreux, par excellence. C’est à peine si elle s’attarde sur ses traits. Nous nous en faisons notre propre image, avec quelques indices donnés, et ce qui induit sa séduction c’est son caractère, ses défauts … et ses qualités.  C’est sa psychologie qui influe sur notre perception de sa physionomie. Pour moi, c’est un très bon point : pas de carte d’identité, une obligation de suivre ce qu’imagine l’auteur … Elle nous confie les cartes, nous complétons notre propre jeu ensuite.

Maël, c’est un protagoniste qui n’a qu’une idée en tête : rester auprès d’ELLE. Mais qui est ELLE ? Tout tourne autour de cette personne ; un mystère qui ne plane pas, mais prend une place prépondérante dans le récit et l’histoire du héro sans que nous n’y mettions tout de suite un visage. Et c’est autour de ce “ELLE” que vont graviter les personnages.
Caro Mélu ne délaisse aucun des personnages secondaires, ce qui fait en partie sa grande force. Chacun a son histoire, sa place, son passé et son avenir.

De quoi faire un roman entier sur chacun d’eux, tant elle les enrichit de psychologie plus ou moins complexe.

Ces personnages, Caro les place sur le chemin de Maël ; un échiquier aux multiples pions dont il nous tarde d’en découvrir l’ultime échec et mat. Pourquoi ?
Parce que ce n’est pas qu’une romance au revers fantastique. Il y a des enjeux, des complots, un conflit. Sympathy for the Devil soulève l’idée d’une guerre pandémoniaque où se mêle Anges, Démons et Humains. Encore ? me direz-vous. Peut-être, et c’est pour cela que j’avais émis quelques réserves avant de débuter ma lecture. Mais la façon dont l’auteur nous amène le conflit me réconcilie avec cette idée “classique”. Une nouvelle fois, pourquoi ?
Une raison, une seule : Lilith.
Je ne m’étalerai pas davantage sur ce personnage et son fil rouge pour la simple et bonne raison que je souhaite titiller votre curiosité et que vous alliez y jeter un oeil. Ce que je peux néanmoins ajouter, c’est que Caro Mélu reprend les écrits religieux, la Bible, ect, pour en faire sa source. Elle en fait ce qu’elle veut pour servir son histoire et ce, d’une main de maître. On sent la recherche, la culture et le respect des textes. Ce ne sont pas juste de nouvelles interprétations ; c’est une mise en abyme pour chacun d’eux, une histoire dans l’histoire, sans jamais outrepasser les limites.

 

Hormis l’intrigue concernant “ELLE”, la guerre, c’est aussi un écrit engagé. L’écologie est plus qu’évoquée, sans nous noyer sous des sermons à vau-l’eau, des paragraphes moralisateurs. C’est là, c’est modulé pour s’intégrer à l’intrigue. Et c’est bien. Caro Mélu nous permet, une nouvelle fois, de prendre conscience de la barbarie humaine, de notre médiocrité à nous penser les maîtres du monde.

Et c’est là-dessus aussi, majoritairement, que vont s’équilibrer toute l’ambivalence de Maël et des personnages secondaires. Nous ne sommes pas dans un monde manichéen. Un monde Humain, avec toutes ses facettes et ses nuances de gris. (Non, pas celui-là !).

Je ne vais pas m’étaler plus en avant sur l’intrigue que j’ai effleuré. Je ne souhaite ni spoiler, ni trop en dévoiler pour que vous n’ayez plus aucune surprise au fil des premiers chapitres.
Attendez-vous néanmoins à un début long. Si vous souhaitez entrer dans le vif du sujet au bout de deux chapitres, je me dois de vous détromper ; l’auteur n’a pas pris ce parti-là. C’est une histoire réfléchie, qui prend en saveur avec le temps, tel un bon vin. Caro Mélu met en place son récit en toute connaissance de cause. Il faut de la patience et beaucoup de curiosité, mais nous ne pouvons pas en manquer dès que nous commençons la lecture.

Le point culminant de Sympathy, c’est bien la plume de son auteur. Elle sait alterner entre différents points de vue, sans se dispatcher et nous perdre et s’adapter au personnage qui a la place d’honneur. Il n’y en a pas beaucoup, Maël restant le point de vue principal, mais les quelques autres servent l’intrigue et y apportent une puissance ainsi qu’une profondeur qui nous transportent vers d’autres temps, d’autres contextes, d’autres âmes. Parce qu’elle s’adapte à chacun, avec leur propre élocution, vocabulaire et langage. Bref, leur identité propre.

Plus encore, c’est la poésie de ses mots, de ses syntaxes. Que Caro aborde des thèmes durs, poignants, simplistes, elle parvient à en faire quelque chose de beau au travers de sa plume.

Plusieurs fois, je me suis arrêtée pour répéter les phrases à voix haute et m’en imprégner, me demander comment lui est venue l’idée d’une telle association qui marche. C’est une musique, une mélodie du texte que l’auteur travaille et nous propose.
Je reste consciente que ce n’est pas un style d’écriture qui peut parler à tout le monde. Il est, pour beaucoup je présume, atypique, un brin exotique. Mais il nous permet de sortir des sentiers battus.

Sympathy for the Devil, c’est de la poésie, du fantastique, de la romance, des ténèbres dans la lumière. Des personnages complexes et des background travaillés.
Quand vous lisez cette histoire, vous portez sa lumière. (Comprendra qui aura lu !)

Je vous souhaite une bonne lecture avec Caro Mélu et Maël.

 

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