Fantasy, Historique

Sun Tzu, le Stratège et le Sorcier d’Olivier Lusetti

Je remercie Olivier Lusetti et Orson Wilmer pour ce service-presse et leur confiance !

 


 

« Olivier Luseti, romancier (Le cycle des Monarchies de l’ombre), (la Dernière Houri, prix spécial du jury 2018 du Festival méditerranée polar et aventure) ; amoureux de la fantasy, du style et de la Chine ancienne est un essayiste (Comment mieux écrire, raconter une histoire et réussir sa fantasy, son drame…) récompensé du Prix P.A.GE 2018 du Festival international de la création littéraire. Il organise des prix littéraires pour sortir de l’ombre des talents et éditer des écrivains en herbe. »

Biographie de la quatrième de couverture

 


Olivier Lusetti nous propose un roman, historique et fantasy sur la vie de Sun Tzu, du moins une partie de sa jeunesse qu’il interprète à sa manière étant donné que cet auteur d’un Art de la guerre devenu célèbre est un mystère encore controversé à ce jour. Beaucoup de suppositions sont faites à son sujet, allant jusqu’à remettre en doute son existence (comme Jeanne d’Arc, par exemple.) Parmi toutes les hypothèses pensées, Olivier Lusetti a choisi celle supputant que Sun a bel et bien existé et qu’il serait originaire de Qi qu’il aurait fui durant les troubles opposant le Qi et le Ch’u, et qu’il se serait réfugié à Wu.

Sun est âgé de quinze printemps lorsqu’il distingue au loin le premier village du royaume de Wu, après une longue, interminable marche l’ayant laissé épuisé, affamé et assoiffé. Un voyage qu’il aura fait seul, ou presque, si l’on tient compte de la mystérieuse Voix. Malgré l’éreintement, Sun est heureux. Orphelin, il espère enfin trouver le dernier membre de la famille qui lui reste : son yéye (grand-père), Sun Wu. Mais peut-être que cette euphorie sera éphémère au gré de ses rencontres, de la guerre qui sévit, des traditions et mœurs de la Chine ancienne… un tout qui remet en question son avenir et ses espérances.

 

L’on peut dire que monsieur Lusetti avait matière sous le coude pour imaginer, broder la vie de Sun lors de la période des Printemps et Automnes. Comme explicité plus haut, l’existence de Sun Tzu est un mystère encore à élucider et il est intéressant de lire un récit se plaisant à dépeindre ce qui aurait pu être, non sans une pointe de mysticisme que l’on peut parfois retrouver dans les films asiatiques ou encore les dramas — cependant moins poussif. En revanche, ce côté « fantasy » n’emprunte pas des éléments à l’imagination propre de l’auteur ; en fin d’ouvrage, l’on peut retrouver toute la bibliographie ayant servi de support pour rédiger cette histoire : l’époque, les rites chinois ancestraux, les croyances ou idées religieuses, les chansons, danses, fêtes, la place de l’Imaginaire et de la symbolique au cœur de la Chine ancienne, l’Art de la guerre de Sun Tzu, bien sûr… Des faits et des évènements inspirés des croyances de l’époque, interprétés et mis en scène par Olivier Lusetti. Il faut donc accepter de plonger dans un univers historique, où l’auteur a cherché à rester le plus fidèle possible, mêlé à du fantastique que l’on peut tout de même qualifier de subtil. Rien d’extravagant.

 

Il faut un certain temps d’adaptation lorsque l’on n’est pas habitué à un tel contexte : il est important de s’imprégner de l’ambiance, des termes, des noms, divers personnages et leurs fonctions, ces traditions qui nous échappent… Nul besoin d’être pressés ni de s’attendre à ce que la compréhension soit immédiate. La patience est une vertu ! Pas d’inquiétude donc si, dès les premières pages, nous peinons un peu à suivre et à nous situer. Une fois que la machine se met en marche, que l’immersion est suffisamment bien avancée, nous nous laissons entrainer en toute tranquillité dans l’aventure de Sun.

Nous ne pouvons que féliciter l’auteur pour toutes ces recherches effectuées et son grand intérêt pour la Chine qu’il parvient à retranscrire au travers de ses pages, que cela soit dans la description de l’architecture, des rituels, des armures/tenues vestimentaires jusqu’aux détails des blasons, des décors ou dans les dialogues entre ses personnages qui semblent respecter le rythme mandarin (un peu comme si nous lisions des sous-titres traduits). Nous pouvons même trouver des répliques en mandarin (traduits dans les notes de l’auteur en bas de pages) tels que méi guan xi (« de rien »), par exemple. On enregistre quelques mots d’une langue que l’on ne connait pas forcément tout en profitant de sa lecture.

 

Si l’existence de Sun, contestée, est interprétée ici par Olivier Lusetti, d’autres protagonistes sont néanmoins des figures de l’histoire chinoise, comme Wu Qi, l’auteur d’un Art de la guerre, le Wuzi, qui fait partie des sept classiques militaires chinois. Nous pouvons retrouver le Fang-Siang (ou Fangxiangshi ?) qui, si ce n’est pas un personnage, est un « rôle » attribué, qui aurait existé : une sorte de sorcier exorciste.

 

L’écriture est assez particulière par moment puisqu’elle tend à respecter son univers. Elle n’en est pas moins fluide et très accessible, sans compter sa précision et sa verve très agréable lorsqu’il est question des descriptions. Un vocabulaire très riche, tout à fait adéquat. C’est ingénieux aussi de prêter des tocs à Sun qu’Olivier Lusetti glisse subtilement et que l’on finit par reconnaître. « Il se balança d’avant en arrière. Longtemps. Il compta ses phalanges. Longtemps. » : un tempo qui, curieusement, nous calme aussi en l’espace de quatre lignes. Il faut aussi s’attendre à quelques scènes difficiles — cf. temps de guerre — sans qu’elles soient insoutenables ou encore se heurter à la condition de la femme, notamment aborder par le biais du personnage de Huan et celui de Fang.

 

Sun est (encore une fois) particulier, lui aussi. L’on peut peiner à savoir sur quel pied danser avec lui, à suivre le fil de ses pensées. C’est un protagoniste assez atypique, en réalité. Mais l’on finit par s’attacher à lui, à cet adolescent brisé, traumatisé, qui se raccroche à l’indicible espoir de retrouver sa famille, de vivre en paix et qui se retrouve dans l’obligation de mûrir tout en ponçant ses dons innés — lesquels ? À vous de les découvrir.

 

Pour ceux qui ont lu l’Art de la guerre de Sun Tzu, vous serez plus à même de déceler les morales, conclusions et les impacts de certains évènements dans la vie de Sun qui formeront le personnage devenu presque légendaire. Pour les autres, c’est l’occasion d’en apprendre davantage sur les principes et concepts de cet ouvrage célèbre, au gré des actions et de l’intrigue. Olivier Lusetti a imaginé ce qui aurait pu inspirer Sun, lui faire comprendre ce qu’il explique plus tard. Les lecteurs peuvent assimiler le résumé de ce que souhaite transmettre maître Sun.

 

Sun Tzu, le Stratège et le Sorcier est un roman qui peut plaire aux lecteurs adeptes du genre comme à ceux qui le sont moins, l’aspect Fantasy restant tout de même discret ou, tout du moins, loin d’être omniprésent. Il est ludique par sa capacité à nous enseigner certains aspects de la Chine ancienne, mais aussi les concepts de l’Art de la guerre transmis par Sun Tzu. Il faut admettre que ce type d’intrigue et de contextes ne courent pas les rayons libraires ; en soi, c’est une lecture originale, qui change de ce que l’on trouve d’ordinaire, chasse la plupart des clichés. Un travail osé pour Olivier Lusetti, mais réalisé avec passion et grand respect.

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2 thoughts on “Sun Tzu, le Stratège et le Sorcier d’Olivier Lusetti

  1. Une chronique très détaillée ! Bravo ! J’ai également lu ce livre que j’ai littéralement adoré pour son originalité, ses perles de sagesse et son style d’écriture très orientale ! J’avais remarqué le rythme particulier dans les dialogues mais j’ignorais qu’il s’agissait d’un rythme mandarin ! Merci pour ton analyse !

    1. Bonjour Mélodie !

      Merci beaucoup ! Je suis très contente de rencontrer une lectrice-chroniqueuse du même roman – qui plus est, j’ai vu votre vidéo sur un groupe Facebook que nous partageons ! J’attendais d’ailleurs votre retour, très curieuse de savoir ce que vous en aviez pensé. Je suis tombée dessus le jour où j’ai terminé Sun-Tzu, le Stratège et le Sorcier en furetant sur ledit groupe.
      Je suis d’accord sur tous les points que vous avez évoqué : original, sage et un style d’écriture oriental ! Pour le rythme dans les dialogues, je l’ai supposé, j’ignore si c’est bien la volonté de l’auteur, mais j’ai eu l’impression de reconnaître ce tempo très particulier. Je l’ai déjà remarqué dans un autre roman, cette fois dans un contexte japonais, « La Femme du Shogun » par Lesley Downer si je ne m’abuse. Je ne sais pas si c’était la traduction qui a appuyé ce rythme à la sonorité très atypique, mais j’étais tout à fait convaincue que c’était une volonté affirmée de retranscrire les dialogues japonais le plus authentique possible. En lisant le roman d’Olivier Lusetti, j’ai ressenti exactement la même chose et j’ai trouvé que c’était très sympathique pour crédibiliser le contexte et l’échange entre les protagonistes !

      Bien à vous,

      Alexiane

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