Historique, Romance

Shaena d’Aurélie Depraz


Je remercie l’autrice pour ce service-presse et pour sa confiance !


Nous ne présentons plus Aurélie Depraz dont nous avons eu le plaisir de découvrir les trois premiers romans sur ce blog.

Dans ce quatrième roman historique, nous repartons en Ecosse du 13e siècle, dans le Caithness à la frontière des Orcades et des Shetlands, à l’époque où les Norvégiens menaçaient les archipels du nord. Tout comme L’amour, la mer, le fer et le sang, c’est un choc des cultures qui nous attend, entre les Highlanders et les Vikings.

Comme pour les premiers, vous pouvez retrouver sur le site de l’autrice plusieurs articles concernant ses recherches et la conception de son roman :

Une bonne mise en bouche avant de commencer la lecture ou des documents très agréables à découvrir pour la compléter.



Extrême nord de l’Ecosse, 1214 

Quand Connor revient à CastleWhite après neuf ans d’absence, c’est pour constater que les desseins de son père, le seigneur de Caithness, n’ont pas changé à son égard : quoique grabataire et alcoolique, il n’a pas renoncé à le contraindre à épouser la fille de leur pire ennemi : le jarl des Orcades. Une Scandinave ! Quand tout le monde sait que c’est à ces chiens de Vikings qu’on doit la mort de Tormond ! 

Connor est catégorique. S’il doit se marier un jour, ce sera avec une Ecossaise. Jamais il n’épousera cette sauvageonne dont il a gardé le souvenir, une gamine d’à peine dix ans, maigre, plate et farouche. 
Peu importe qu’elle ait grandi, peu importe sa beauté, ce que leurs pères peuvent comploter. Peu importe qu’il soit devenu homme, peu importe qu’elle soit devenue femme. Rien ni personne ne le fera changer d’avis. 
Pas même elle. 



C’est reparti pour l’Écosse.

Nous dérivons vers le Caithness, en compagnie de Connor MacKay qui revient après neuf années d’exil volontaire au château de CastleWhite. Second fils du seigneur de Caithness, c’est avec des sentiments mitigés, et un semblant d’horreur, qu’il retrouve le fief de son enfance en bien piteux état. Accompagné de son écuyer et meilleur ami, Sean, Connor doit reprendre la main sur ce château en ruines, angoissé à l’idée que les Vikings — ces barbares qui lui ont pris son frère ainé, Tormond, des années plus tôt — puissent profiter de ces ruines pour s’emparer du territoire.

Si Connor redoutait de revenir, mais qu’il n’a pu résister à l’appel au secours de son cadet, Neil, ce n’est pas uniquement en raison des douloureux souvenirs. Il sait que son père lui rabâchera une nouvelle fois cette idée d’épousailles avec la fille du jarl des Orcades pour sceller une paix qu’ils espèrent durable.

Mais pour le jeune MacKay, ce n’est pas négociable. Il est de retour pour sauver CastleWhite, pas pour épouser une Scandinave, héritière de son ennemi juré qui plus est. Si, neuf ans plus tôt, ces complots ont tenté de le forcer à poser les yeux sur cette fillette maigrichonne sans aucun intérêt, ce n’est pas pour replonger dans de telles magouilles maintenant qu’il est un homme et elle, une femme.

Cependant, Shaena a bien grandi et n’a jamais pu oublier ce garçon de seize ans au charme ravageur qui l’a toisé avec un tel mépris.

Elle aussi souffre des manigances paternelles, bien plus qu’on ne peut l’imaginer.

Aurélie Depraz utilise son talent pour utiliser ses nombreuses connaissances et ses fructueuses recherches au profit de son intrigue. C’est une nouvelle fois ludique, intéressant, de découvrir un château en ruines qu’il est nécessaire de retaper dans les plus brefs délais. À travers Connor et Sean, nous découvrons le fonctionnement des travaux, assimilons les noms, la structure et l’architecture, tout ce que cela implique en terme de finances et de besognes… Mais c’est aussi une révision du fonctionnement de la maisonnée, dépourvue de châtelaine, et de la hiérarchie en conséquence, le travail des femmes. Ces dernières ont des rôles bien définis.

Les hommes ont leurs tâches.

Les femmes ont les leurs et n’y dérogent pas.

Encore une fois fidèle à elle-même, l’autrice nous dépeint la situation géopolitique de l’époque, expliquant les relations entre les différents clans (comme les MacLeod) et ce qu’il en est du trône écossais, alors tenu par William d’Écosse, mais aussi et surtout les tensions existant entre les archipels du nord et les territoires gouvernés par les Scandinaves. Une façon pour nous de mieux comprendre la mentalité de Connor MacKay à leur encontre, mais aussi Shaena, fille de jarl.

Cela induit plusieurs pages pour une mise en place approfondie et indispensable pour dérouler les fils de l’intrigue et de la romance.

S’ajoute à toutes ces informations le gaélique écossais qui s’invite de temps en temps, sous forme de proverbes, de brèves insultes ou de suppliques, mais aussi les noms et titres : laird, lassie, etc.

À la fin de l’ouvrage, vous pouvez retrouver les supports utiles dont s’est servie l’autrice, mais aussi découvrir le nom de ceux qui l’ont aidé à rendre le tout le plus authentique possible, notamment pour le fameux gaélique écossais.

L’ambiance du roman est assez sombre, en réalité. Dès les premières pages, nous avons l’impression d’être immergés dans la brume, des images ternes, sobres et tristes nous parviennent à la lecture, surtout lorsque nous découvrons avec Connor et Sean l’état de CastleWhite. La lumière semble provenir de Shaena, cette femme à la beauté lunaire. Lunaire, oui, qui offre alors une luminosité douce, nocturne, rien d’agressif. De la douceur.

Connor est un héros plutôt attachant. Sous ses airs bourrus et virils, il attise les sourires et quelques rires avec sa maladresse. Bomber le torse, il sait, mais se prendre le meuble dans le genou en reculant, ça aussi ! Il équilibre un peu ce personnage récurrent du héros Highlander propre sur lui, aux muscles saillants, au regard sombre, toujours sérieux… Connor, en revanche, est très têtue et incroyablement buté. Difficile de le faire changer d’avis lorsqu’il a des idées bien arrêtées.

Shaena est la douceur incarnée… quand on ne la cherche pas. C’est une femme qui n’a pas froid aux yeux et qui n’hésite pas à se battre pour se défendre et protéger ceux qu’elle aime. Grand sens du sacrifice, elle est dénuée de sentiments néfastes, hormis peut-être quelques sursauts de jalousie. Derrière ses sourires de miel se cache une dague aiguisée, prête à trancher.

Le choc culturel entre ces deux-là est moins palpable que pour les héros de L’amour, la mer, le fer et le sang. S’il y a des différences, mais aussi des stéréotypes dont ils n’arrivent pas à se détacher, c’est surtout la nationalité elle-même qui semble poser problème.

Sean, le meilleur ami de Connor, est l’un des personnages secondaires les plus réussis d’Aurélie Depraz. Ici, Sean est un soutien sans faille pour Connor, comme pour Shaena, et le premier à asséner des proverbes pour parfaire la bonne morale. Sous le masque hilare et ses plaisanteries très amusantes se cache celui d’une sagesse indispensable pour MacKay et l’héritière du jarl des Orcades.

Autour de ces trois protagonistes gravitent bien entendu les tertiaires, notamment les figures les plus viles qui ne sont pas là pour faciliter la vie des héros. Entre un MacLeod redoutable et perfide et une fille de laird aussi pernicieuse que belle, les obstacles sont nombreux.

L’écriture d’Aurélie ne change pas. Nous reconnaissons encore une fois sa patte capable de broder Histoire et romance, de souffler le chaud et le froid, de passer de la sensualité à un siège sanguinaire.

Shaena est encore un beau roman historique qui aborde la romance pour étayer le contexte géopolitique de l’époque, les mœurs, les traditions et tout le système clanique écossais, à travers un fils de seigneur, Connor, et une Scandinave, Shaena.

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