Roman contemporain

Que les blés sont beaux d’Alain Yvars


Je remercie l’auteur pour ce service-presse e sa confiance.


« Ayant toujours vécu dans la région parisienne, Alain Yvars, depuis la fin de sa vie professionnelle dans la gestion d’entreprise, a gardé intacte la passion de sa vie : la peinture. Après avoir peint de longues années, le blog qu’il a créé, « Si l’art était conté », est consacré à des récits, nouvelles, et écrits divers sur l’art. Il aime imaginer dans leur contexte historique les peintres qui ont fait l’histoire de l’art. Ainsi, il les regarde peindre et vivre, ce qui lui permet de s’inspirer de leur talent pour écrire ses récits.
Son premier roman « Que les blés sont beaux » se veut un hommage à Vincent Van Gogh universellement admiré de nos jours. Des années de recherches dans l’impressionnante correspondance de l’artiste, divers documents, et de nombreuses visites dans les archives de la BNF ont été nécessaires pour donner une âme au livre. Il nous fait découvrir l’artiste qu’il a suivi au jour le jour durant deux mois à Auvers-sur-Oise : l’homme nous apparaît avec sa sensibilité, sa culture littéraire et artistique, son amour de la nature et des gens. 
Après avoir obtenu, pour des pastels, diverses distinctions dans des expositions régionales de peinture et un prix dans un concours de nouvelles, quatre de ses nouvelles ont été enregistrées sur le site de livres audio : ici. »

Vous pouvez le contacter. Il vous répondra avec plaisir :

Nous tenons à informer aussi que les éventuels bénéfices issus de la vente de cet ouvrage seront reversés à l’association « Rêves », vouée à aider les enfants gravement malades.



Une prémonition ? : « Je voudrais faire des portraits qui un siècle plus tard aux gens d’alors apparussent comme des apparitions » En écrivant cette phrase à sa sœur Wil, le 5 juin 1890, Vincent Van Gogh pouvait-il se douter que son souhait se réaliserait ? Je me suis rendu dans cette petite commune d’Auvers-sur-Oise où la présence de Vincent Van Gogh est toujours perceptible. Je l’ai rencontré. Il est devenu un ami. Je n’ai eu qu’à l’écouter.Tour à tour joyeux, mélancolique, il m’a raconté, au jour le jour, son activité durant les deux mois qu’il a passés dans cette ville où il était venu pour oublier son mal et se soigner. Intarissable, il m’a fait tout partager : ses joies, ses doutes, ses rencontres, sa tendresse pour son frère Théo. Il m’a décrit ses journées occupées à courir la campagne en quête de motifs et de modèles. Au sommet de son art, il peignait parfois plus d’un tableau par jour. Il m’a expliqué sa technique, sa passion pour cette peinture qui lui faisait dire : « Il y a du bon de travailler pour les gens qui ne savent pas ce que c’est qu’un tableau ».



Vincent Van Gogh est aujourd’hui mondialement connu comme un des artistes les plus illustres. Mystère aussi, bon nombre peut encore s’interroger sur qui il était et comment des troubles profonds ont pu le perturber au cours de sa vie. Trop d’absinthe ? Un fantôme trop lourd à supporter depuis sa naissance ? Les femmes de sa vie ? Ou son art incompris ?

Et quant à sa mort, est-elle vraiment ce que l’on croit ?

Vincent a signé plus de deux mille toiles et dessins au cours de son existence. Si l’on pense à ce peintre, il nous vient à l’esprit au moins un tableau.

Mais qu’en est-il de l’homme ? Qui se cache derrière ces couleurs et ce coup de brosse si identifiable ?

Alain Yvars nous propose de faire la rencontre de Vincent dans les derniers mois de sa vie, alors qu’il pose ses bagages dans le petit village d’Auvers, sous les conseils avisés de son bien-aimé frère, Théo. Après des années de vadrouille, dont un séjour en hôpital psychiatrique, Vincent tente de renouer avec l’art et lui-même, de guérir. Il rencontre le docteur Gachet qui lui prescrit un remède surprenant pour cet artiste…

Nous ne pouvons que féliciter l’auteur pour son incroyable qualité de recherches, la richesse qu’il a emmagasinée afin de nous permettre de faire la connaissance de Vincent. Alain le considère désormais comme un ami. Un ami à qui il a prêté sa plume, le temps de 242 pages, pour qu’à travers l’écriture, nous entendions sa voix. Des recherches alimentées en partie par la découverte des lettres (plus de huit cents rédigées par Vincent), nous sommes immergés dans une incroyable sensibilité, au point que l’on oublie que c’est un écrivain, et non l’artiste qui narre son histoire. Des introspections aux différentes émotions éprouvées par le peintre, nous nous prêtons au jeu sans difficulté, et tout comme Alain, faisons de Vincent un ami et un compagnon de voyage. Non pas un voyage aux milliers de kilomètres, mais celui de la dernière ligne droite, d’une paix (vraiment ?) agrémentée de couleurs sur des toiles, parsemée de rencontres diverses.

Si l’on ne connait pas très bien Vincent Van Gogh, ce Hollandais avant-gardiste pour son époque, vous pourriez nourrir quelques inquiétudes sur la bonne compréhension du texte. Après tout, il pourrait être délicat de plonger dans un récit narrant la fin d’une vie. Pourtant, nous n’avons pas choisi le terme « rencontre » sans en peser le sens. C’est à la fois des retrouvailles et une nouveauté. Vincent, au gré de ses discussions, de ses peintures et de ses émotions, revient sur son passé. Pas de retours en arrière signés par des chapitres entiers, non, mais par la voix de l’artiste qui repense à ce qu’il a vécu. Une façon pour nous d’en apprendre davantage sur lui, ou de s’en rappeler, ce qui nous permet alors de mieux comprendre son état d’esprit et ce qui l’anime cet été 1890.

Que les blés sont beaux relate la vie de Vincent, nous exprime ses doutes, son désespoir parfois, ses joies et sa passion. C’est un hommage au peintre, mais aussi à son art.

À travers ce texte, nous en apprenons beaucoup sur la conception artistique de Vincent, ce qui embrase sa passion et sa volonté de briser les codes pour parcourir sa propre route, en dépit de toutes les critiques et l’incompréhension de la majorité de ses contemporains. Après avoir étudié ses amis peintres, dont il admire le travail, Vincent emprunte ses propres sentiers. C’est un parcours pour le lecteur, un musée écrit dont nous empruntons les couloirs, à l’affût du trait sur la prochaine toile. C’est se poster derrière Vincent, assis devant son chevalet, et assister à sa création avec humilité et respect, une profonde compréhension surtout puisque l’artiste nous transmet ce qu’il ressent, ce qu’il voit, lui, ce qu’il souhaite dégager. Un rouge flamboyant sur un ciel de bleu, un jaune éclatant sur une nappe froide… Mais c’est aussi par le regard des autres, comme celui de George ou de Martinez, que nous obtenons des points de vue différents, critiques ou sensibles.

Pourtant, Vincent nous partage la manière dont il perçoit. Des doigts sur un piano, plus longs et filiformes, qui épousent le clavier, paraissent symboliser le talent et la capacité à éclore pour créer une musique. Le portrait d’une fille, pourtant femme sur ce fond bleu et dans cette robe tout aussi bleue. Un visage grave entouré des champs dorés. Une silhouette blanche engloutie dans un jardin en fleurs. Une bâtisse qui révèle son âme… et qui pleure, et crie.

« Je peins la vie comme je la ressens. Ma méthode : peindre en une seule fois en se donnant tout entier ; exagérer l’essentiel et laisser dans le vague, exprès, le banal. Un tableau doit être autre chose qu’un reflet de la nature dans un miroir, une copie, une imitation. J’ai compris qu’il ne fallait pas dessiner une main, mais un geste, pas une tête parfaitement exacte, mais l’expression profonde qui s’en dégage, comme celle d’un bêcheur reniflant le vent quand il se redresse fatigué… »

Dans la campagne d’Auvers, au soleil chaud, aux fragrances estivales, au pépiement des oiseaux jusqu’aux bruissements des fleurs et des blés, nous peignons aux côtés de Vincent Van Gogh, invités que nous sommes dans sa bulle intimiste. Nous sommes les témoins silencieux de sa perception du monde, et peut-être d’une catharsis aussi lorsqu’il écrase la peinture sur la toile, reflet de ses émois et de ses peurs.

C’est un adieu dans la compassion, l’incertitude aussi, et avec l’impression de saluer une dernière fois un vieil ami à la vie rude, pourtant si belle à la fois dans l’écume de sa peinture.

Sans doute a-t-il réussi, lui qui voulait aider l’art à évoluer. À faire en sorte qu’il ne meure jamais et que des portraits ne s’oublient pas.

« Je voudrais faire des portraits qui un siècle plus tard aux gens d’alors apparussent comme des apparitions. »

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2 thoughts on “Que les blés sont beaux d’Alain Yvars

  1. Mais c’est très beau ce que vous avez écrit, Alex !
    Pouvais-je m’attendre à découvrir que, non seulement vous avez des connaissances en art, mais que votre sensibilité vous permet de les exprimer mieux qu’un historien de l’art froid et méthodique.
    A nouveau, car j’ai déjà reçu d’autres chroniques d’un excellent niveau, je me suis empressé de prévenir Vincent – on se parle souvent – qui a retrouvé quelques-uns de ses tableaux sur votre page : la jolie et fine marguerite, son champ de blé aux corbeaux croassant, et cette église d’Auvers déformée dont la plainte s’est transformée en chant en vous lisant. L’être sensible qu’il est ne sait que faire pour vous remercier, seulement par une bise colorée de quelques taches de peinture.
    J’accompagne mon vieil ami dans nos remerciements communs.

    Je ne suis pas sur Livraddict.

    1. Un grand merci pour votre retour, Alain !

      J’en suis très touchée.

      Je n’ai aucun mérite particulier, si ce n’est d’avoir été très sensible à cette lecture, votre écriture, à Vincent et à ses œuvres. Vous formez un parfait duo et Vincent n’aurait pu espérer mieux pour s’exprimer à travers votre plume, j’en suis sûre.

      Je vais garder ces tâches colorées sur mes joues, le sourire aux lèvres.

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