Historique, Romance

Pour l’amour d’une Sasunnach d’Aurélie Depraz

Je remercie l’autrice pour ce service-presse et sa confiance !



La Marmite a découvert il y a peu L’amour, la mer, le fer et le sang, le second roman d’Aurélie Depraz, une romance historique à l’époque des vikings, lors de premières grandes invasions des côtes saxonnes. Pour l’amour d’une Sasunnach en est le prédécesseur, abordant cette fois la thématique de l’Ecosse, alors que le roi d’Angleterre entame la guerre de Cent ans avec la France. Le conflit opposant l’Ecosse et l’Angleterre s’est, certes, « apaisé », mais il subsiste néanmoins une forte tension entre les clans et la « suprématie » anglaise. Le roi Edouard III décide de temporiser la situation pendant qu’il guerroie, en offrant à de puissants seigneurs écossais des épouses anglaises, issues de grandes familles de la noblesse, à la beauté indiscutable.
C’est ainsi que démarre cette romance historique, lorsque Alannah d’Harcourt arrive au château de Kilchurn afin de rencontrer le laird Ian MacAlistair, son potentiel futur époux.

Vous pouvez retrouver l’autrice sur son site où de très nombreux articles vous attendant, que ce soit du domaine de l’écriture, de l’édition, des coulisses de ses romans ou encore de ses propres expériences. En rapport à Pour l’amour d’une Sasunnach, sont mis à disposition des articles tels que : les coulisses et inspirations de l’autrice, des bonus pour vous accompagner ou préparer votre lecture, de la cartographie ou encore un condensé de l’Histoire de l’Ecosse. En supplément, le rapport de l’autrice à la romance historique, souvent consacrée aux Highlanders : L’Ecosse, la romance, les lectrices… et moi, aussi ! Une longue histoire d’amour.

 



 

Résumé

Ecosse, 1374

Pour apaiser les tensions scotto-anglaises de la fin du XIVe s., le roi d’Angleterre Edouard III offre en mariage, avec l’appui du monarque écossais, les trois plus belles filles nobles de son royaume aux trois plus puissants seigneurs d’Ecosse.
Ian MacAlistair, seigneur d’Argyll, a le mariage en horreur et ne porte guère les Anglais dans son cœur. Les Highlanders refusent l’idée même de cette alliance et Ian chérit sa liberté plus que tout au monde. Tiraillé entre raisons personnelles et géopolitiques, entre passé et avenir, sa tête et son cœur, Ian doit choisir : céder, et affronter les foudres de ses compatriotes, ou refuser, et déclencher l’ire du roi d’Angleterre.
En accueillant la jeune Anglaise aux charmes indéniables sous son toit le temps de discuter de sa décision avec les chefs de clan voisins, Ian rencontre son destin.

Une romance à l’écossaise, à la fois historique et teintée d’érotisme, ancrée dans le cadre et l’imaginaire idylliques de l’Ecosse médiévale.

 



Pour l’amour d’une Sasunnach est un one-shot qui peut se suffire à lui-même, mais il se pourrait que de prochains opus voient le jour, consacrés aux autres « fiancées » envoyées par le roi Édouard III aux lairds écossais, ladies qui nous sont présentées au moins par leurs noms au cours de l’introduction.

La première à ouvrir le bal est Alannah d’Harcourt, jeune femme très belle, instruite, timide et altruiste. Elle n’est pas sans rappeler le caractère d’Aalissia, l’Anglo-Saxonne de L’amour, la mer, le fer et le sang à quelques détails près, bien sûr. Alannah est très attachée à son pays, l’Angleterre, ainsi qu’à sa famille. Totalement dépaysée et seule, hormis sa suivante Nellie, elle doit tout réapprendre et s’acclimater aux mœurs écossaises. C’est compliqué, parfois difficile même, et Ian MacAlistair ne lui facilite pas la tâche. Si elle est attachée à son pays natif, elle l’est d’autant plus à ses principes, les convenances, en outre, tout ce qui a constitué son éducation jusqu’à présent. Dans le lot, sa vertu qu’elle ne compte pas céder aussi facilement avant d’être mariée. Alannah n’a pas un très fort caractère, il s’aiguise plutôt sur le temps et s’affirme surtout sous le coup de la colère. Nous en apprenons peu sur elle et sur sa famille, quelques informations données de-ci, de-là, mais moins comparées au background de MacAlistair qui s’avère plus développé.

Ian est le seigneur d’Argyll, apprécié de son roi d’Écosse, et respecté par la plupart de ses lairds. Très riche et puissant, il n’en a pourtant pas l’allure ni les manières que l’on attendrait plutôt d’un noble anglais. Soucieux de ses gens et du bon fonctionnement de son Clan, il est quelqu’un de loyal et sait affirmer son autorité, remettant les médisants à leur place lorsque cela s’impose. De tendance malicieuse, rustre parfois aux yeux d’Alannah, il n’est pas pour autant un mâle dominant et machiste. Respectueux des dames, au plaisir de les taquiner, il abhorre toutefois le mariage. Il ne donne pas envie de le gifler à chacune des pages. Beau, bien sûr, séduisant, il va dans le sens du « fantasme Highlander ».

Ces deux héros entrent dans le carcan que l’on connait bien en termes de romance historique : la jeune demoiselle noble, très prude, et le Highlander viril et puissant, obligés de se rencontrer, puis de cohabiter en raison d’un mariage de convenance qu’ils ne désirent pas. C’est en revanche ce qui plait, une recette qui fonctionne depuis maintenant plusieurs années. Savourer les confrontations, altercations, les dialogues, la tension, et même si l’on connait la fin, savoir par quels chemins les deux protagonistes passeront pour y arriver.

Cela n’empêche pas les actions qui permettent de dynamiser l’intrigue, passant alors sur une autre tension que celle amoureuse et érotique. Elles brisent la cadence de prime abord tranquille et nous offrent un shoot d’adrénaline, suffisante pour réveiller notre imagination.

La signature d’Aurélie Depraz se retrouve, entre autres, dans ses qualités descriptives et ses connaissances tirées de très nombreuses recherches. Le roman est assez court, mais il est un condensé d’informations et de détails historiques qui enrubannent l’histoire d’amour. Nous en apprenons beaucoup sur le système clanique de l’époque, les enjeux politiques, des fonctions d’un(e) châtelain(e), la mode jusqu’aux plats présents à la table des lairds, à la race de la jument d’Alannah. Cette énumération est encore assez vague, au vu de tout ce qui nous est transmis. De quoi penser que l’on « se couchera moins bête » en refermant le livre. Il se pourrait cependant que ce ne soit pas au goût de tout le monde, certains plus portés sur la romance plutôt que sur l’Écosse du XIVe siècle. Pour les autres, les plus friands d’Histoire et de fiction ancrée dans un contexte authentique, seront ravis de se plonger dans ces nombreuses descriptions, quitte à avoir l’estomac qui gargouille lors des repas gargantuesques.

Mais vous plongerez aussi au cœur des paysages des Highlands, partirez en balade à cheval arpenter les sentiers qui bordent les lochs. Tout comme Alannah, vous découvriez l’Écosse sous son ciel gris, ses terres boueuses, mais aussi sous le soleil, la floraison et son charme unique.

La narration est « classique » pour ce genre : point de vue externe au récit, elle bascule d’un personnage à un autre.

Quant à l’écriture, elle est délicate, précise et conforme à ce que l’on attend d’une romance historique, avec néanmoins cette patte particulière qui nous rappelle le puits de connaissances d’Aurélie Depraz. Les notes en bas de page sont très intéressantes et nous permettent de ne pas nous perdre ou de bloquer sur un terme spécifique, quand ce dernier n’est pas expliqué par le biais du récit.

Pour l’amour d’une Sasunnach reprend un schéma populaire tant dans ses personnages que dans son intrigue, mais il est ludique et contentera les passionnés de l’Écosse comme les amoureux de l’amour. Il est aussi fort probable qu’il soit tout indiqué pour initier les lecteurs qui n’ont jamais mis les pieds dans la romance historique : il rassemble tous les ingrédients et se lit très vite, de quoi passer un très agréable moment au château de Kilchurn.

Enfilez votre kilt, armez-vous de votre claymore, révisez votre gaélique écossais et partez à la conquête de la belle Alannah.

Afin de compléter cette chronique et découvrir un autre avis, je vous invite fortement à prendre connaissance de celle de Beltane (lit en) Secret. Rédigée par un homme (rien de sexiste) et truffé de détails plus poussés sur le contexte politique et historique, il aborde Pour l’amour d’une Sasunnach en tant que lecteur subjectif, peu familier des fictions et encore moins des romances historiques. Elle est très longue, mais incroyablement riche.

 

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2 thoughts on “Pour l’amour d’une Sasunnach d’Aurélie Depraz

    1. Merci beaucoup ! Pour les vidéos, je les ai emprunté à la playlist d’Aurélie Depraz, j’ai pensé que c’était le mieux pour respecter son univers et ses inspirations 🙂

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