Science-Fiction

Outsphere de Guy-Roger Duvert

Je remercie l’auteur pour ce service-presse et sa confiance !



 » Guy-Roger Duvert a débuté dans le secteur cinématographique comme compositeur de musiques de films. Il a ainsi composé pour plusieurs long métrages, dont un sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs. Désormais installé à Los Angeles, il travaille également pour des bandes-annonces de blockbusters hollywoodiens, comme Transformers 3, Green Lantern, Prometheus, Lone Survivor…En tant que réalisateur, il sort en 2014 son second court métrage, Cassandra, qui fait une percée unique en festivals, avec plus de 100 sélections et 58 prix à l’international. En reprenant la même équipe, et en l’étoffant, il tourne un an plus tard son premier long métrage, Virtual Revolution. »



Après avoir quitté une Terre mourante du fait des erreurs de nos sociétés, l’Arche, premier vaisseau à coloniser une exoplanète, arrive au bout d’un long voyage de 80 ans. Les colons sortent de leurs caissons cryogéniques et découvrent ce qui doit devenir un nouveau commencement pour l’humanité. Une nouvelle planète, un monde principalement végétal baptisé Eden.
Les surprises se cumulent vite : la surface abrite une espèce primitive mais intelligente, des ruines prouvent l’existence de civilisations passées avancées, le système climatique obéit à des règles très particulières.
Mais malgré tout cela, la colonisation commence de manière somme toute très classique, avec les traditionnelles oppositions entre militaires, scientifiques, civils.

Mais tout change avec l’arrivée d’un nouveau joueur : un second vaisseau spatial arrive, quelques mois seulement après l’Arche. A son bord, des Terriens partis 60 ans plus tard, bénéficiant d’une technologie plus avancée, et eux même fortement modifiés génétiquement. Capables de se synchroniser et de communiquer télépathiquement entre eux, ils sont devenus une espèce fondamentalement collectiviste, que tout oppose aux traditionnels Terriens individualistes de l’Arche. Les deux peuples essaient dans un premier temps de cohabiter et d’apprendre les uns des autres, mais les obstacles rencontrés, le passé de la planète qui s’avère beaucoup plus riche et mystérieux que prévu, vont rapidement augmenter les tensions.

Eden représente-t-il un nouvel espoir, ou au contraire la fin d’une civilisation?





Beaucoup de romans, de films ou séries ont abordé le sujet d’une colonisation sur une nouvelle planète. À l’heure où la nôtre est en crise, les voyages spatiaux se multiplient et l’utopie germe qu’une autre planète soit viable pour nous, les questions se posent : et si… ?

Ces questions-là n’en amènent pas forcément d’autres, plus importantes et inquiétantes : d’accord si nous trouvons une nouvelle planète… mais qu’est-ce qui nous attend en réalité ? Suffit-il de poser nos valises et de reconstruire une civilisation pour mieux reproduire les mêmes erreurs ?

Et si un danger terrifiant pouvait nous attendre une fois le vaisseau posé ?

Pour ceux qui apprécient l’univers manga, peut-être auront-ils pu découvrir Terra Formars, par exemple. Pas très ragoûtant… Mais il s’agit là d’expédition. Un retour sur Terre est toujours possible.

Et si ça ne l’était pas ?

Quelle angoisse innommable de se retrouver sur une planète viable, mais hostile, sans promesse de retour.

Parce que l’on ne peut pas. Il n’y a plus rien qui nous attend derrière…

Outsphere aborde donc cette dernière chance. Celle d’une partie de l’humanité, d’un nombre très restreint, qui voyage à travers l’espace depuis quatre-vingts ans pour coloniser Eden.

Une jolie planète qui répond à tous les besoins statistiques, logistiques et primaires. Végétation abondante, eau, nivelés…

L’Arche se pose et est prête à engendrer une nouvelle civilisation pour la survie de l’espèce humaine.

Guy-Roger Duvert nous présente de nombreux personnages, au point qu’il sera difficile de les aborder dans cette chronique. Toutefois, nous retrouvons des « castes » régulières dans ce genre de récits : les militaires, destinés à maintenir l’ordre, à guider et à protéger, très respectueux de leur devoir, les scientifiques qui se heurtent autant à leur curiosité qu’à la prudence imposée, et les civils, souvent le reflet de l’égoïsme et de l’inconscience qu’il faut cadrer.

Chaque « caste » a entre un et trois personnages plus importants pour la représenter. Un noyau dans lequel ces protagonistes s’affrontent ou se soutiennent, et duquel découlent les multiples conflits qui freinent ou font avancer la colonisation, mais aussi la compréhension d’Eden.

Puisque oui, Eden est loin de l’idéal attendu et espéré.

Entre phénomènes météorologiques inquiétants, une espèce primitive sans doute plus intelligente qu’on ne le croit, une autre bien plus avancée, et des mystères éparpillés dans les zones à risques, sans compter d’étranges squelettes disloqués dans les sols, l’équipage de l’Arche n’est pas au bout de ses surprises. À cela s’ajoutent les tensions au sein même de l’Outsphere qui ne font qu’attiser les dangers.

Outsphere aborde les travers de l’Humain en le poussant dans ses retranchements : une société en devenir qui n’a de cesse de rebondir contre les murs qu’elle se crée, incapable de s’accorder correctement ou de s’écouter.

C’est un peu un « survivor » sans en être un.

L’auteur sait maintenir son suspens et l’intérêt du lecteur pour le pousser à tourner les pages. Que se passera-t-il ensuite ? Qu’est-ce qui va se passer ? Quelle sera la réponse d’untel et quelles en seront les conséquences ?

La multitude de protagonistes augmente le nombre d’enjeux et ce sont de petites intrigues qui s’entrecroisent, font en éclater d’autres, et assure l’alerte jusqu’au point final.

À cela, nous pouvons penser à quel point l’histoire est construite comme un scénario. Chaque chapitre découpé lui-même en parties semble correspondre à des épisodes et en scènes. L’écriture étant très visuelle et détaillée, il est aisé pour nous d’imaginer les images composées d’un montage suggéré. Des fondus, des flashs, des cuts, des séquences panorama, l’ambiance des lumières, les sons… Le rythme nous est donné, expliqué. Sans nous en rendre compte, nous donnons notre main à Guy-Roger Duvert et cloisonnons quelque peu nos propres interprétations afin de suivre les directives données. Une liberté reste là, elle nous appartient, mais comme nous serions impuissants et dépendants des choix d’une série, nous le sommes d’Outsphere.

Les descriptions sont elles aussi légion. Indispensables pour comprendre l’univers dans lequel nous sommes et étayer les explications scientifiques, technologiques, elles nous guident là aussi avec richesse et intelligence. Bien sûr, difficile de déceler le « vrai du faux » si nous n’avons aucune notion des faits abordés. En revanche, nous y croyons et c’est le plus important. C’est donc une réussite en soi. « Je ne comprends pas tout, mais je me laisse convaincre. » Il a sans aucun doute fallu un potentiel de recherches conséquent ainsi qu’une imagination débordante pour tout mettre en place.

Plus encore, un calcul délicat pour tout concorder et ne pas se perdre dans la toile d’intrigues multiples.

Étant donné la richesse d’histoires, de personnages, de découvertes, des phénomènes rencontrés, etc., nous tombons potentiellement sur des longueurs narratives. Les descriptions en apportent, mais comme dit précédemment : plutôt délicat de s’en passer.

Quant à la plume, elle cherche le « visuel » et rencontre aussi quelques maladresses : des répétitions, de très nombreux adverbes pouvant alourdir la lecture… rien néanmoins qui entache notre plaisir au point de l’abandonner. Pas d’inquiétude, donc.

Outsphere est le premier tome d’une série de science-fiction, qui soulève de nombreuses réflexions sur l’Humain, et propose une aventure entre l’épique et la survie. Reconstruction d’une civilisation dans un monde hostile, cohabitation tendue entre trois espèces différentes, et des dangers sous chaque brin d’herbe.

Adeptes des séries télé et des films d’action, d’aventure, vous trouverez sans aucun doute votre compte avec ce premier tome ouvrant le bal sur une épopée haletante.


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