Roman contemporain, Romance

Loin des Fauves de Philippe Saimbert

Je remercie l’auteur pour sa confiance et ce service-presse.



« Philippe Saimbert est romancier et scénariste.
Passionné de littérature, de BD, de rock et de cinéma, l’auteur a signé depuis 1999 plusieurs bandes dessinées et romans chez divers éditeurs (City, Asgard, Albin Michel BD, Delcourt).
Saimbert aime le métissage des genres, donner de la chair aux personnages et… élaborer des fins surprenantes. »

Vous pouvez retrouver le blog de l’auteur et de plus amples informations ici.



Résumé

Suite à un accident de moto, Jean est soigné par Lorina, une guérisseuse qui habite en compagnie de son père dans un petit village du Béarn. 
Une belle relation va naître entre ces deux êtres aux vies tourmentées.
Tous deux sont des passionnés. Elle de nature et lui, de création musicale. Lorina s’investit dans sa vocation et la protection de l’environnement.
Mais Jean se rend bien vite compte que la propriété et ses occupants cachent de nombreux mystères…
De son côté, Lorina va devoir se battre contre un élevage industriel. 
Un combat qui changera le destin des deux amants.



Philippe Saimbert n’en est pas à son premier roman, mais peut-être est-ce celui qui aborde une histoire plus mélodramatique. Plus versé dans les BD’s, les récits pour enfants ou plus humoristiques, l’auteur se lance ici dans une romance contemporaine qui traite à la fois d’un amour profond et de la cause animale.

L’histoire débute avec Jean, soixante ans, qui revient dans un village qui parait beaucoup le troubler. Il souhaite visiter une vieille maison abandonnée, insalubre même, et se lance dans une visite douloureuse qui ravive des souvenirs. Cette bâtisse est un déclencheur, nous conduisant dans la mémoire de Jean, vingt-ans plus tôt, alors qu’il était marié, père de deux enfants, pour nous raconter leur l’histoire : celle qu’il a vécue avec Lorina.

Lorina, une trentenaire à la vocation de guérisseuse, très concernée par le bien-être animal et celui de sa famille : son père, Anselme, et sa tante, Appoline. Une femme aux multiples facettes, mais dont l’altruisme est indéniable, couplé à un courage et une hargne farouche pour se dresser contre les énormes industriels de la région. Tantôt généreuse, tantôt mordante ; terre à terre, puis idéaliste et croyante. Lorina est un paradoxe.

Face à Jean, plus tempéré et timide, c’est une tempête qui bouleverse son existence. Le quadragénaire dépérit dans son quotidien, mal-aimé de sa famille, méprisé, en proie à la haine de son beau-père et de l’indifférence de ses propres enfants… son épouse ne lui accorde plus d’intérêt. Jean ne ressent plus ; il survit et subit. Sa rencontre avec Lorina est une bourrasque qui remet tout en question, qui le chamboule suffisamment pour soulever de multiples interrogations.

Loin des Fauves, c’est l’histoire d’une rencontre, d’une renaissance et d’un drame.

Philippe Saimbert s’attarde sur l’introspection de son personnage, Jean. Le texte se consacre à ses interprétations, ses compréhensions et ses questions. C’est la parole de l’âme avant celle de la raison ou du tell.

C’est un récit qui se concentre sur l’humain, ses dérives et ses bons côtés. C’est un appel à la tolérance et une ode à l’amour entier. À la compréhension de l’autre, mais aussi à notre capacité à nous remettre en question pour se diriger vers le meilleur de nous-mêmes… ou vers le pire, pour ceux qui ne sont pas assez à l’écoute.

Jean démontre une grande force : malgré les a priori des uns et des autres, dont ceux de sa propre belle-famille, sous ses airs fatalistes et dépendants, il a assez de courage pour s’extirper du carcan que la société souhaitait lui imposer pour vivre sa passion, la musique. Il faut plus de courage encore pour subir, jour après jour, sur plusieurs années, la haine et le mépris des siens, et savoir encore se tenir le dos droit. Davantage de bravoure pour s’opposer à ceux qui l’ont tourmenté si longtemps pour un nouvel amour qu’il sait puissant. Jean est aussi un personnage qui traite de la thématique de la vie, de l’homme et de ses doutes, de ses aspirations, passé la quarantaine.

Pas de clichés ou de stéréotypes ; si l’on parle d’un coup de foudre, et que l’on a l’impression que tout est acté, rien n’est si simple. La confiance se gagne et se mérite. Aimer soudain l’autre ne construit pas une relation, le temps oui, la communication aussi ; apprendre à se connaître.

Lorina et Jean sont complémentaires. Les deux faces d’une même pièce. L’héroïne n’est pas cautionnable sur tous les points, mais elle fait réagir le lecteur. Jean attise un peu plus l’empathie, mais cela est sans doute dû à la narration interne au récit. Difficile de ne pas l’apprécier, lui qui est si touchant. Certes, son passé attise un léger pathos, mais ce n’est pas pour autant écœurant ou trop pour être peu crédible.

Mais tout ne tourne pas autour d’une histoire d’amour, même si elle reste le noyau de l’intrigue. Il n’y a pas une rencontre, mais plusieurs. Celle d’Anselme, cet homme attachant qui est hanté par le souvenir de son épouse décédée, Appoline, cette force de la nature, qui prend soin des siens derrière ses remarques acérées et son humour cynique, Rosaline et la Zouze, qui vous soutireront sans doute une larmichette au coin des yeux.

C’est aussi Martial, cet individu détestable voué à attiser notre colère, son fils aussi qui nous fait hésiter entre rire ou rage.

Une toile de personnages qui nous font passer par de multiples émotions, des plus pernicieuses aux plus douces.

Si, au départ, nous avons l’impression d’être dans un schéma manichéiste — l’on repère très vite les bons des mauvais — plus nous approchons du final et plus nous nous interrogeons sur les nuances de l’humanité et ce que cette dernière est capable de faire face à la virulence de la haine et des relents vengeurs.

Peut-on tout pardonner par amour ? Peut-on tout accepter ?

L’amour suffit-il ?

« Quand l’on aime beaucoup, devons-nous beaucoup pardonner ? »

La cause animale et écologique est une des thématiques du récit ; toutefois, il est peut-être bon de noter qu’elle n’est pas étouffante, moralisatrice à exiger que nous nous flagellions dans notre cuisine. C’est un sujet qui s’aborde entre les deux héros, ainsi que les personnages secondaires ; elle fait aussi partie des twists et éléments déclencheurs nécessaires à l’avancée de l’intrigue et de la psychologie.

La plume de l’auteur est à l’image de ses protagonistes : touchante. Elle se plie aux reliefs de l’âme de ses personnages, vogue sur leurs échanges et la voix de Jean. Elle nous parle en brisant le quatrième mur de temps en temps, elle nous prend à parti dans la tourmente comme dans les joies. L’écriture nous implique et nous enchaine à cette histoire ; elle nous invite à devenir nous aussi des personnages, bien que nous ne soyons que des fantômes impuissants, assistant au drame de cet amour.

Le titre trouvera son sens, mais nous vous laissons en découvrir la teneur ; c’est un très beau message, mais nous sommes persuadés que les plus sensibles à toutes ces thématiques trouveront la signification bien avant l’heure.

Loin des Fauves est un roman qui peut trouver une résonnance en beaucoup d’entre nous. Très bien écrit, soulevant des thèmes d’actualité avec élégance, il mêle nos émotions à ceux des héros. Nous nous téléportons dans les années 90 aux côtés de Jean, en pleine campagne, et nous laissons envoûter, mais aussi attrister, par le vécu de ce couple poignant au creux d’un chêne sur une colline…

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2 thoughts on “Loin des Fauves de Philippe Saimbert

    1. Il est très émouvant sur plusieurs points ; il est à la fois rafraîchissant et curieusement… troublant. C’est poignant et dur. Difficile de mettre les bons mots, à vrai dire. J’ai dévoré cette histoire, très heureuse aussi de retrouver une romance « pure », ciselée dans la tendresse et la volonté de l’âme.

      La plume est aussi très agréable… et j’ai beaucoup aimé le personnage de Jean. Je me suis très vite attachée à lui, malgré ses petits défauts. Mais c’est ce qui le rend d’autant plus humain, bien sûr !

      Je pense que c’est une lecture qu’il faut tenter ! Au moins pour retrouver la belle campagne et faire la rencontre de Rosalie et la Zouze !

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