Erotique, Historique

L’Espion de la Reine de Dorian Lake

Je remercie Dorian Lake et les éditions Noir d’Absinthe pour leur confiance et ce quatrième service-presse !


Pour obtenir toutes les informations sur Dorian Lake, je vous invite à jeter un œil à la chronique issue de notre second partenariat : Hex in the City, l’Eventreur de San Francisco.

Les Editions Noir d’Absinthe font la chasse aux clichés, au manichéisme… Tout ce que l’on connait, ces schémas vus et revus sont très rares, voire exceptionnels dans leurs collections. Encore jeune, cette maison d’édition prévoit néanmoins un grand nombre de sortie jusqu’au deuxième trimestre 2019 allant de contes horrifiques à du fantastique ; une boutique a vu le jour sur leur site officiel. L’équipe éditoriale est par ailleurs très active sur leur page Facebook ! Nous ne pouvons que vous inviter à y faire un tour ou à vous y abonner si vous êtes intéressés par leurs activités, annonces ou nouveautés.

L’Espion de la Reine ouvre le bal d’une nouvelle collection : Rouge d’Absinthe, leur label érotique.

« Absinthia vous emmène dans son boudoir, antre de non-dits et d’interdits, qu’elle vous dévoilera avec langueur. Les passions, les fureurs et les désirs ont libre cours ici, et les péchés s’évanouissent dans le plaisir. »

La couverture a été réalisée par Virginie Carquin ; nous pouvions déjà admirer son travail avec les deux premiers tomes d’Isulka, la Mageresse de Dorian Lake. Elle a redoublé de talent avec ce nouveau visuel (dont la reine a un petit air de Natalie Dormer !) Notons aussi qu’un autre visuel a été créé par « Tiphs » : une superbe carte nous permettant d’imaginer au mieux les lieux du récit.

Anne Ledieu intervient à nouveau sur L’Espion de la Reine (après avoir travaillé sur les Hex in the City, Isulka et le premier tome des Sagas des Mers Grises de Pierre Efratas, entre autre) en tant que correctrice et nous offre un roman impeccable.

Le nouveau roman de Dorian Lake a fait ses débuts sur Wattpad (Les Infortunes de Lucien, sur son profil), tout comme Hex in the City. Les trois premiers chapitres de son premier tome d’Isulka, la Mageresse s’y trouvent également.

Le Lieutenant Lucien de Tournelles est Garde-du-corps du Roi, mais surtout au service de la Reine à qui il doit sa vie (ou sa survie.) Redevable à cette entité royale, il oscille entre loyauté et soumission. Bientôt, ces bons comme mauvais sentiments sont mis à l’épreuve lorsque l’épouse du Roi exige qu’il mette son nez dans une intrigue de Cour. Si de prime abord, cette intervention n’est qu’une bagatelle, Lucien aura bien du mal à venir à bout de sa mission entre d’inquiétants espions anglais, une duchesse rusée et implacable et des combats à l’épée à l’estoc fatal. Plus encore, cette aventure pourrait mettre en péril l’identité de Lucien et ses propres certitudes.

L’on peut dire que Dorian Lake change de registre pour nous offrir un récit historique, couplé d’actions et d’érotisme. Pour autant, nous retrouvons sa plume même si la narration, le lexique, syntaxe et vocabulaire appuient l’ambiance et le contexte de Versailles. En effet, le langage s’avère bien plus soutenu, mais ne perd en rien de sa fluidité et de son aspect cinématographique qui fait l’authenticité de la plume.

Une nouvelle fois, nous pouvons apprécier le travail de recherches de l’auteur afin de maximiser la véracité des lieux, des backgrounds. Ne vous attendez néanmoins pas à une rigueur pure et dure ; Dorian Lake se garde quelques libertés narratives dans la construction, les faits et la Cour. Rien d’outrancier là-dedans ; l’on pourrait presque croire que tout est vrai. Il peut s’avérer délicat de se lancer dans un défi de ce type : mêler Histoire et fiction. Néanmoins, l’éditeur et auteur de Noir d’Absinthe réussit son pari et nous embarque dans les couloirs du grand Versailles, les yeux fermés. S’il y a des termes, des sujets un peu plus complexes pour ceux qui ne sont pas familiers de l’époque, Dorian Lake amène les explications dans son intrigue ou par le biais d’annotations pour nous éclairer au mieux.

Il est tout à fait agréable de suivre les descriptions au fur et à mesure, allant du décor (jardins, palais, chambres, l’ancienne capitale, les différentes castes…) aux tenues (robes, corsets, tuniques, jabots, perruques) sans jamais nous lasser ou nous essouffler. Nous ne pouvons pas dire qu’elles sont « simples » ; cela sonnerait ici quelque peu péjoratif alors qu’il n’en est rien. Nous dirons plutôt qu’elles sont accessibles et bien menées, toujours dans la fluidité et la cohérence scénaristique.

Sur le point des décors et des diverses ambiances, il est très satisfaisant de découvrir les bons comme les mauvais aspects de l’époque, notamment au sein du palais de Versailles. Tout n’est pas tout beau ou tout rose comme l’on peut parfois le visualiser dans les films ou les séries télé. Nous avons un aperçu des conditions d’hygiène qui n’ont rien d’enviable qui contrastent avec la beauté des Galeries, par exemple.

Aussi, les combats/duels sont très bien rendus. Les scènes d’action agrémentent la rythmique et restent disséminées avec justesse et cohérence. Rien de farfelu, de trop romanesque. Nous pouvons même savourer quelques termes et mouvements d’escrime.

Les dialogues sont eux aussi très intéressants, puisque tout comme la narration en elle-même, le ton et les syntaxes alimentent l’immersion du lecteur. Et c’est par ce biais que l’on peut apprécier les différents rangs au sein de la Cour. Dorian Lake va même emprunter un langage presque burlesque pour les personnages d’un bien moindre rang. Oui, les dialogues, les intonations, les timbres et les formulations ont leur importance et permettent de comprendre certaines interactions dans les toiles relationnelles. L’on peut retrouver ce respect de la « hiérarchie » jusque dans les scènes érotiques.

Les scènes érotiques sont très présentes, ce qui est normal au vu du genre de ce one-shot. En revanche, rien n’est vulgaire tant dans « l’action » que dans les mots employés pour les décrire. Il y en a pour tous les goûts, dirons-nous, et elles fonctionnent bien, remplissant leurs objectifs escomptés. Même si on peut appréhender une certaine lourdeur ou omniprésence, Dorian Lake équilibre son roman entre ses différents fils rouges. Il n’y a pas que de l’érotisme.

Complots, politique, duels à l’épée, espionnage, introspections…

Est-ce qu’il y a aussi de la romance ? À vous de le découvrir, mais n’oubliez pas que c’est un one-shot des éditions Noir d’Absinthe ! Tout n’est pas aussi simple qu’il n’y parait.

Plusieurs protagonistes gravitent autour de Lucien, mais nous restons essentiellement de son point de vue (écrite à la troisième personne du singulier.) Aucune difficulté à identifier les uns ou les autres. Dorian Lake fait en sorte que les plus importants ou « influenceurs » s’impriment dans nos esprits.

Lucien est un des personnages nuancés de l’intrigue. À vrai dire, il a deux facettes. Nous n’en dirons néanmoins pas davantage sur le sujet afin de ne pas spoiler. Toutefois, ce qui est très intéressant là aussi est d’avoir la sensation d’être en compagnie de deux protagonistes bien distincts entre lesquels nous naviguons d’une scène à une autre. Cela confère au protagoniste une richesse non négligeable tant dans sa construction que dans l’enchainement des évènements et interactions. Il en va de même pour la fameuse Duchesse évoquée précédemment : ces nuances nous poussent à nous interroger sur elle, réfléchir à la manière dont nous devrions l’appréhender. Difficile de savoir sur quel pied danser ou comment identifier sa relation (que nous ne qualifierons pas) avec Lucien ou un autre intervenant en particulier. Certains personnages plus primaires ou secondaires sont moins variés dans leur psychologie, mais cela permet sans doute de mettre en meilleurs reliefs l’ambivalence de ceux plus au-devant de l’estrade.

Il est compliqué de développer plus encore ou plus en profondeur cette chronique au risque d’en dire trop. L’Espion de la Reine est à l’image des autres opus de Dorian Lake : court, intense, sans temps mort et la lecture en est rapide. Il suffit de se poser pour quelques heures, de faire le grand plongeon dans les pages pour ne plus décrocher et dévorer le roman.

Si vous souhaitez découvrir le premier roman du nouveau label des éditions Noir d’Absinthe, vous y trouverez un cocktail détonnant et passionnant. Dorian Lake prouve que sa plume est un petit caméléon capable de s’adapter à différents genres sans nous décevoir, sans perdre son authenticité et l’ADN de son écriture.

 

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