Roman contemporain

Les petits yeux étoilés de Bruno Madelaine

Je remercie chaleureusement Bruno Madelaine pour ce service-presse.


« Bruno Madelaine a publié son premier roman, La vie d’après aux Éditions du Net, à l’âge de 37 ans. Grâce à un style simple, emprunt d’humour parfois noir, il est capable d’aborder des sujets graves avec légèreté. Il accorde une attention particulière à ses personnages tantôt truculents, souvent attachants. La spiritualité bouddhiste, qu’il étudie et pratique depuis près de 20 ans, constitue le fil conducteur de son existence et transparaît dans ses écrits. Ainsi il affectionne l’exploration des thèmes comme l’Amour, l’amitié, la compassion, la réincarnation, la mort, la vieillesse, la différence, le handicap… »

Ici, Bruno Madelaine nous propose son second roman Les petits yeux étoilés, basé sur une histoire vraie. Un témoignage émouvant, pigmenté de notes d’humour permettant d’alléger le récit ; en outre, un humour capable de relativiser, utile pour que nous « prenions la vie du bon côté » malgré toutes les bévues et autres déceptions. Le tout servi par une excellente qualité d’écriture de l’auteur.

 

Simon n’est pas comme tous ceux qui l’entourent — quoique « comme les autres » soit une tournure bien présomptueuse, ce qui est d’ailleurs soulevé dans ce livre — non, Simon est atteint d’un syndrome rare, celui de Williams Beuren. Depuis sa naissance, si ce n’est avant, ce syndrome a fait de lui un être à part, dans notre société, un handicapé.

Pourtant, nous découvrons au travers de sa narration — puisque le parti pris étant qu’il est le narrateur — un tout autre aspect de cette vie étiquetée comme plus difficile. Certes, c’est le cas, mais sa capacité à relativiser, par le biais de quelques piques sarcastiques ou de parodie bon enfant, nous fait nous interroger sur le fondement de telles étiquettes. Ces épreuves-là ont fait de Simon Renaud quelqu’un de foncièrement bon, entier et sage malgré ses dix-huit années et les « retards mentaux » écopés avant sa dixième année. Nous découvrons toutes ses facettes de sa personnalité ainsi que sa capacité à interpréter les situations du bon œil sur le ton de la confidence, d’un moment de partage, tantôt auprès de sa meilleure amie, Juliette, à laquelle il lit ses petits carnets (journaux romancés de son enfance), tantôt en interagissant avec sa famille qui tient une place omniprésente, cruciale, dans son récit.

 

Ces personnages-là pèsent dans la balance de l’humanité, son ambivalence. Si l’on peut se révolter de certains comportements honteux, critiquables et intolérants, l’Humain a aussi ce paradoxe dans « son noyau commun » : celui de l’amour, de la solidarité, de la compréhension.

Le monde n’est pas parfait — du moins, ceux qui le composent — et il faut de « tout pour le constituer. »

La richesse vient des autres, la sagesse de notre capacité à la recevoir et à y répondre.

Ces notions-là sont appuyées en partie par le Boudhisme, qui compose entre autres la vie de l’auteur, sans entrer non plus dans l’apologie de cette religion ni ses préceptes. 

Aussi, il ne faut pas s’attendre à un livre moralisateur, écrit dans l’optique de nous taper sur les doigts à toutes les pages. Certes, certains faits sont pointés du doigt : la surdité du corps médical à l’inquiétude d’une mère persuadée d’un problème avant même que son enfant ne soit né ou encore son manque d’efficacité, de réactivité ou de prise de risques pour permettre à des familles de se reconstruire et de mener une vie plus sereine. Donner l’opportunité à des enfants liés à des handicaps de bénéficier de toute l’attention dont ils ont besoin. Il y est fait état aussi du manque de sensibilisation des parents à leurs progénitures atteintes d’aucun syndrome, d’aucune maladie, conduisant parfois à l’intolérance des futures générations.

Il est difficile de s’étaler davantage sur l’histoire au risque de souiller tout le plaisir de découvrir et suivre le combat de Simon et des siens.

Un combat empli d’espoir, d’émotions, de sollicitude, d’humour, d’amitié et d’amour.

On peut être surpris d’une petite larmichette pointant le bout de sa bulle au coin des yeux, suivit la page suivante ou le temps d’une réplique d’un sourire amusé.

Ce livre n’est pas uniquement une ode à Simon, handicapé luttant contre la vie et les dictats de la société. C’est aussi un hommage à tous ces parents aimants, courageux. À ces amis compréhensifs, dévoués et concernés. Aux frères et sœurs capables de remuer ciel et terre pour apporter à leur cadet (ou ainé) un peu de paix, un peu d’espoir.

C’est une ode à la vie avant la différence.

Les petits yeux étoilés est un livre à conseiller pour sensibiliser les plus jeunes ou les moins jeunes, pour faire partager une vision autre capable d’ouvrir l’esprit, de voir au-delà des apparences et des stéréotypes.

Ce n’est pas parce que nous interprétons, appréhendons le monde autrement que nous ne partageons pas le même ciel.

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