Fantastique, Historique, Roman contemporain

Le Fil d’Argent de Rebecca Greenberg

Je remercie l’autrice pour ce service-presse ainsi que pour sa confiance !


« A 17 ans, elle part vivre en Afrique, au Cameroun, avec ses parents. Elle y passera son bac, puis suivra une année d’initiation à l’Histoire de l’Art.

A son retour en France, elle entame des études universitaires cinématographiques et audiovisuelles, rêvant de devenir metteur en scène, scénariste et monteuse. Elle assiste au tournage d’un film, aux côtés de Gérard Jugnot et Richard Bohringer, et se prend de passion pour les écrits de Stephen King, rédigeant des scripts adaptés de quelques nouvelles choisies.

Puis elle rencontre son âme-sœur, et fait finalement le choix de se consacrer corps et âme à sa nombreuse famille.
C’est la saga Harry Potter, découverte par le biais de ses enfants bien des années plus tard, qui lui donne – comme une révélation – le goût insatiable des livres et le besoin de réécrire, comme au temps de son adolescence.

LE FIL D’ARGENT prend soudain forme dans son esprit, puis sur le papier. Il lui faudra 2 ans pour l’achever, après de nombreuses recherches historiques et scientifiques, ainsi que pas mal de nuits blanches…

Elle est aujourd’hui auteure et correctrice littéraire indépendante.

Vous pouvez la joindre par mail ou via Facebook, pour partager, papoter, ou questionner:

reb.g@outlook.fr

Son Facebook : ici.

Vous pouvez également visiter son blog « Le Fil d’Argent » : parcours du combattant, états d’âme, et chroniques littéraires, dans la joie et la bonne humeur !  »

 

Source : Amazon / Babelio

 

 

Nous avons pu déjà découvrir une partie du travail de Rebecca Greenberg en tant que correctrice sur le premier tome de La Liturgie des Anges d’Alex Parker. Aujourd’hui, nous avons eu le plaisir de lire son roman Le Fil d’Argent, afin de rencontrer sa plume et toute sa palette imaginaire.

Après avoir proposé son œuvre en autoédition, l’autrice signe chez la maison d’édition Terra Nova pour une nouvelle mise en beauté.

Sa couverture a été réalisée par Matthieu Biasotto et, si l’on s’attarde sur les détails, est très représentative du contenu du livre. Un beau travail.

 

2011. Thomas J. Gordon se retrouve, lors d’une nuit, piégé dans un virulent blizzard. Ce qu’il craint alors se produit : un accident le plonge dans le coma durant plusieurs mois. À son réveil, Tom se découvre d’étranges dons paranormaux. Entre passé et présent, le fil est ténu. Il ignore pourquoi il a été choisi, jusqu’où cela finira par le conduire.
1940. Simon Lewendel, jeune Juif français, voit son monde basculer avec l’effervescence de la guerre et l’occupation nazie. Perdu dans le chaos qui s’installe doucement dans son pays, il se prépare à l’inévitable, n’ayant en tête que la sécurité de sa mère et de ses deux sœurs. Quitte à, pour cela, rejoindre la Résistance pour la liberté et sa patrie.
Deux histoires, un passé et un présent. Deux époques. L’un à New York, l’autre en France. Qu’est-ce qui peut bien relier ces deux destins si étrangers ?
Et si tout ne tenait qu’à un fil… d’argent ?

 

Première chose à noter, la qualité d’écriture.

La plume de Rebecca est minutieuse, travaillée et pertinente tant dans les émotions que dans les descriptions. Ces dernières peuvent s’avérer longues pour ceux qui ne sont pas habitués, mais à notre sens, indispensables pour mieux apprécier le récit et son crescendo final. L’autrice parvient à décrire le contexte, les lieux, les faits historiques/paranormaux/scientifiques/médicaux sans créer de lassitude si tant est que nous nous prêtions volontiers au jeu. D’un autre côté, hors du concept analytique ou descriptif, madame Greenberg respecte ses (nombreux) protagonistes en soignant leurs introspections : chaque sourire a sa signification, son détail qui fait toute la différence et en dit plus long qu’un paragraphe entier de pensées narrées.

L’écriture sait s’adapter à la volonté de la main qui dirige. Certains passages à l’émotion forte laisseront la place à des scènes très métaphoriques, voire poétiques, tels des tableaux qui se mettraient à se mouvoir sous nos yeux. Un effet onirique tout à fait plaisant qui ajoute du relief à l’histoire en elle-même et titille l’imagination du lecteur qui voit éclore dans son esprit une multitude de couleurs et de formes. Un côté très irréel, surnaturel. Et fantaisiste dans cette colorimétrie que Rebecca nous offre à travers ses lignes, en usant très justement de son vocabulaire bien fourni.

Cette richesse reste présente du début à la fin, prouvant les recherches de Rebecca tant dans son écriture que dans les faits racontés et rapportés.

Oui, « recherches. » C’est indéniable, l’autrice s’est plongée dans une documentation à donner le vertige afin d’étayer son récit et le crédibiliser au mieux. Un respect de l’Histoire, mais aussi des différentes thématiques à laquelle certains personnages se confrontent. L’aspect médical, notamment dans la partie de Tom, n’a pas été bâclé ou surfait. Tout comme le monde musical. Nous évoquerons aussi tous ces lieux décrits, dans lesquels évoluent les intervenants, qui exigent un certain sens du détail. Madame Greenberg a très certainement redoublé de vigilance et de minutie pour en dépeindre un portrait le plus fidèle possible (en nous confiant même une image dans la narration pour visualiser le plan d’un lieu en particulier). Et c’est tout à fait louable d’approfondir l’immersion du lectorat par ce biais, en ajoutant en plus des termes vulgarisés (ou de l’argot) pour désigner les Allemands, par exemple : « Schleus » ou encore des mots en Yiddish ou en Allemand. (Vous pouvez retrouver la bibliographie en fin de roman.)

Rebecca Greenberg s’est aussi amusée entre les diverses élocutions des personnages principaux, primaires ou secondaires. Cela nous permet entre autres de bien les différencier et d’avoir une idée de « leur statut social » durant les années 40. Un langage familier, haché ou mal-articulé, les « accents »… Un « petit-rien » qui anime l’authenticité du texte.

Le thème de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah a déjà été traité de très nombreuses fois, que ce soit au cinéma, dans les reportages, dans l’enseignement ou dans la littérature. Ici, l’originalité n’est pas dans ce que l’on apprend sur cette période, mais plutôt dans la manière dont l’autrice raconte ce qui s’est passé, ce que vivent les héros de 40-45 (leurs doutes, leurs peurs, leurs espoirs, leurs cris du cœur. Leur manque de courage parfois, vite balayé par l’élan patriotique.) Et des répercussions que cela peut avoir au 21e siècle. Ces guerres, ces horreurs, sont désormais inscrites dans notre conscience individuelle et collective, qu’elle soit morale, consciente ou inconsciente. C’est un drame de notre Histoire que nous ne devons pas oublier : mais c’est une leçon déjà bien souvent répétée depuis l’école. Le Fil d’Argent est une piqûre de rappel qui mêle faits concrets, actés, historiques et fiction. En suivant l’histoire de Simon et de ses compagnons, nous avons d’autres points de vue, un nouvel angle de lecture et de compréhension. Notre sensibilité est tiraillée de plusieurs côtés, appelés à s’exacerber au fil du récit. Sans vergogne, l’autrice va immiscer ce que l’on aurait pu entendre à la radio, en France, lors de l’Occupation. Des discours nauséeux, antisémites, voués à corrompre les esprits et à attiser la haine. Ce que l’on pouvait lire sur d’immenses affiches en pleine rue, au cœur de Paris. Les horreurs contenues dans des lettres de délation. Simon et ses amis prêchent le vrai du faux, faisant preuve d’une grande clairvoyance et d’intelligence, incluant en quelque sorte la philosophie et la mentalité de jeunes gens en phase de devenir adulte dans ce chamboulement historique. Plus encore, nous sommes amenés à assimiler deux facettes du peuple français, comme encore aujourd’hui, que ce soit en France ou dans d’autres pays. Ceux qui se laissent soumettre, corrompre et embrigader (la peur, l’ignorance) et ceux qui refusent de se laisser berner, qui cherchent la vérité et à faire le tri.

Oui, il est vrai que quelques évènements ont déjà été traités dans un ouvrage ou dans long-métrage… mais… et alors ? Dans ce roman, ils sont abordés d’une autre façon, à travers le regard de Simon et de Tom. Et avec une touche de paranormal.

Bien que le fantastique ait une part importante dans le déroulé de l’intrigue, il est néanmoins intéressant de se dire qu’il garde malgré tout une petite discrétion. C’est un paradoxe volontaire ou non, mais quelques-uns pourraient le ressentir ainsi. Rebecca Greenberg a, peut-être, préféré maintenir une humilité sur le sujet, ne forçant pas le lecteur à adhérer à tout le concept surnaturel (comme le voyage astral), mais plutôt en lui suggérant quelques pistes, des « Et si ? ». Le lectorat garde sa liberté de croire ou de ne pas croire, de se forger son propre avis. Ce paranormal n’est présent que dans les chapitres concernant Tom. Vous pourrez découvrir d’un aspect très terre à terre l’histoire de Simon et de sa compagnie.

À travers Simon et Tom, plusieurs réflexions sont soulevées sur la vie, sur ce qui nous motive à continuer. Quand nous avons tout perdu, qu’est-ce qui nous reste ? Et lorsque l’on pense avoir tout perdu, qu’est-ce que l’on perd en réalité ? Le destin est-il variable ? Choisit-on vraiment qui l’on aime : nos amis, nos épouses/maris ? Parle-t-on plutôt de nécessités ou de choix ? Est-ce que tout est réellement dû au hasard ? Doit-on considérer qu’un équilibre est obligatoirement maintenu, quoi qu’il advienne ?

Nous vous invitons à réfléchir au fur et à mesure, si vous tentez l’aventure.

Les chapitres alternent entre Simon et Thomas, avec à chaque fois, une date : mois et année et la ville, lieu. Nous avons une idée de leur évolution dans le temps et pouvons, quand il s’agit du passé, nous situer à peu près en fonction de nos connaissances personnelles. Un peu comme un compte à rebours parfois. Des dates qui vont se succéder de plus en plus vite, agrémentant le rythme et instaurant un sentiment d’urgence.

D’ordinaire, nous glissons un petit mot sur les personnages, mais ils sont si nombreux que nous préférons cette fois, vous encourager à les rencontrer par vous-mêmes. Ce que nous pouvons néanmoins dire, c’est qu’ils ont tous leurs backgrounds, leurs identités propres, ce qui les rend d’autant plus humains, quand bien même nous ne les croisons qu’au détour d’une page. Vous découvrirez aussi de petites romances qui n’empiètent pas sur l’histoire.

Chaque personnage principal ou primaire a une histoire, une relation poignante. Une vie émouvante, souvent injuste. Les amitiés sont belles, leurs amours aussi. La foi et l’espoir sont un étendard fièrement brandi.

Le Fil d’Argent est un roman dur… et beau à la fois. Un hommage à la résilience de ces hommes qui ont combattu, à ceux qui bravent l’adversité, quelle qu’en soit la teneur. Un « N’oubliez pas » sans accusation ou pointage du doigt. Un appel à l’amour filial, paternel et marital.

La question étant… devinerez-vous comment ces deux vies, Simon et Tom, finiront par se recouper ?

Si vous aimez l’Histoire, les mises en abime, l’émotion et vous sentir bousculé après avoir refermé un roman, Le Fil d’Argent de Rebecca Greenberg pourrait vous convenir. N’ayez pas peur de la mise en place du début… vous en apprécierez davantage la dernière ligne.

 

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2 thoughts on “Le Fil d’Argent de Rebecca Greenberg

  1. wow!! Quelle chronique! Je t’assure, j’ai eu des frissons en te lisant… C’est fou de voir a quel point les sentiments qui consumaient mon ame sont passes a travers les mots jusqu a toi… Tu as recu et saisi tout ce que j ai voulu transmettre dans ce livre. C est juste incroyable et merveilleux! Hallucinant! Merci pour ce beau retour. ***

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