Polard, Thriller

Le Dernier Héros de Pierre Vergeat

Je remercie l’auteur pour ce service-presse ainsi que pour sa confiance !

Site de l’auteur

Où trouver le roman


 

Avant de démarrer, ce roman a été découvert dans le cadre d’une lecture commune à laquelle la Marmite participe aux côtés de l’œil d’Opi, un blog centré sur la critique d’ouvrages littéraires qui décortique les récits de manière méthodique et chirurgicale, relevant les bons comme les mauvais points et illustrant son retour par des extraits tirés des récits analysés. Nous nous sommes lancées toutes les deux dans cette aventure thriller/polar, nous penchant ensemble sur Le Dernier Héros de Pierre Vergeat.


« On a tous un rêve dans un coin de nos têtes. Celui qui nous semble impossible. Celui qu’on laisse de côté des années ; parfois une vie entière. Le mien, c’était écrire un roman.

Tout avait bien commencé : j’ai gribouillé mon premier « roman » à dix ans. A l’époque, je ne prêtais pas attention au regard des autres et aux critiques, je voulais simplement raconter des histoires. Puis le temps est passé, et je me suis laissé submerger par des questions et des doutes.

« Est-ce que j’écris bien ? » / « Mon histoire n’est pas ennuyeuse ? » / « J’arriverai jamais à finir ce livre. »

Autant de barrières qui m’ont éloignés de l’écriture pendant plus de dix ans.

Un jour, la frustration a été de trop. A l’approche de mes trente ans, j’ai réalisé que les critiques, les doutes, les angoisses, rien n’était aussi triste que la pensée de ne pas avoir pratiqué ma passion : l’écriture.

J’ai alors ressorti une idée que je gardais dans un coin de ma tête : écrire un polar où la victime serait un super-héros. Depuis une dizaine d’années, les justiciers ont envahi nos salles de cinéma. C’est devant l’un de ces films que cette question m’est venue : et si Superman mourait ? Et si Iron Man était retrouvé assassiné ?

Le Dernier Héros était né.

J’ai puisé mon inspiration dans le cinéma (Zodiac, Memories of Murder, ….), les séries TV (True Detective, Mindhunter) et la littérature (Fred Vargas, Stephen King,…) pour développer mon univers. J’ai travaillé pendant plus de six mois sur la structure du récit, lisant des dizaines de bouquins sur la théorie et la mécanique des histoires, participant à des ateliers d’écriture. J’ai écrit, ré-écrit et encore ré-écrit le livre pendant une année. Je suis allé au bout de mes capacités, pour être fier du roman que je réalisais.

Aujourd’hui, Le Dernier Héros est enfin sorti. Je ne fais qu’effleurer du doigt ce rêve d’être un jour un écrivain, et je me rends compte que je ne voudrais plus d’une autre réalité. »

Biographie disponible sur le site de l’auteur.

L’inspecteur Ethan Epping et son partenaire Larry Fox aiment leur métier de flics londoniens. Plus encore, ils sont bons. Vraiment bons. Personne ne doute des compétences d’Epping, lui qui a fait ses preuves et semble vouloir prouver qu’il est le meilleur sans l’avouer à voix haute, encore moins à lui-même. Mais lorsqu’un corps est retrouvé devant un restaurant coréen d’un quartier d’ordinaire animé, les convictions s’effondrent et le calme s’effrite.
Omega est mort.
Le grand superhéros, l’unique au monde, le protecteur des innocents et garant de la paix, est mort.
C’est le drame, une catastrophe même. Que deviendra le monde sans son héros ? Et doit-on craindre celui qui a réussi à assassiner l’invincible ? Epping est chargé d’enquêter sur la légende de son époque, une lourde responsabilité qui ne va pas sans conséquence, surtout lorsque les services secrets décident de mettre leur grain de sel.
De Londres à l’Ukraine, du commissariat londonien à un orphelinat au passé trouble, les deux inspecteurs et Mido Woo-Jin se jettent dans une quête où la mort les attend à chaque coin de rue.

 

Qui ne connait pas les superhéros au XXIe siècle ? Depuis des décennies, cet univers fantasmé des plus jeunes comme des puristes sans âge ne cesse de se glorifier, aidé d’abord par les comics et aujourd’hui par le cinéma blockbuster. Marvel, DC Comics, la liste des célébrités en capes, armures ou collants est interminable et se décline en d’indénombrables branches différentes, mettant tout autant à l’honneur les vilains charismatiques, les Némésis de ces héros intombables — ou presque.

Mais les retrouver dans un polar aux nuances thriller ?

Beaucoup plus rare.

 

C’est en cela que nous pensons que le pitch de ce roman, imaginé par Pierre Vergeat, est original et « fait du bien ». Si l’on retrouve certains codes du genre, la simple identité de la victime donne une autre dimension à l’intrigue. Plus encore, nous pouvons noter des messages moraux, subtils, mais bien présents au fil de la lecture.

 

Le roman suit une narration externe au récit, évoluant d’un point de vue d’un personnage à un autre — parfois un peu abruptement —, sauf pour quelques chapitres qui sont d’un point de vue subjectif, comme une sorte de lettre ayant son lot de mystère et titille notre curiosité. Nous cherchons à comprendre l’identité de l’auteur, le but et tout ce qui se dissimule derrière les pages que nous supposons manuscrites. L’intrigue est faite pour que l’on ne puisse qu’en savourer les différents twists, appréhendant avec impatience la suite, se rapprochant d’un page-turner. Le rythme est en effet assez soutenu tout du long, allant de supputations en révélations, le lecteur se laisse emporter par de nombreuses théories que l’auteur se plait à démanteler coup par coup. Peu ou pas d’ennui, les chapitres s’enchainent et l’on s’accroche, guettant le moindre indice accordé par Pierre Vergeat.

 

S’il est question d’une enquête autour de la mort d’un superhéros, nous restons tout de même dans un monde réaliste, nous ne tombons pas dans du genre fantastique qui irait crescendo ou qui germerait soudain d’un claquement de doigts.

 

La plume est efficace, rien de complexe, claire et suffisamment explicite pour illustrer ses personnages et les contextes. Elle traite de la psychologie et du background de chaque protagoniste, leur offrant du relief et une identité propre, mais elle décrit aussi les lieux sans être lourde ni trop longue tout en laissant une certaine liberté d’imagination. Pierre Vergeat s’attelle de même à confier quelques tocs de langage à certains intervenants, nous permettant de plus belle de les identifier et de les garder en mémoire.

 

Les protagonistes sont donc bien travaillés et développés.

Ethan Epping est un personnage que l’on peut considérer comme le « héros » : homme assez introverti, consciencieux dans son métier et désireux d’être le meilleur, sa vie se résume aux enquêtes ainsi qu’aux meurtriers derrière les barreaux. Plus il les « coffre », mieux il se porte. Cette volonté — ce besoin même — cache cependant des fêlures que vous découvrirez petit à petit, un passé douloureux au souvenir encore vivace. L’inspecteur s’interroge beaucoup sur la notion de « héros », sa conception et sa nécessité dans un monde aux allures chaotiques. La mort d’Omega l’ébranle et le dresse sur un fil incertain : réussir ou échouer, mais l’échec n’est pas permis. Même si Ethan est sur le devant de la scène en majorité, il reste un personnage finalement discret de par son caractère, bien qu’il dégage un certain charisme selon les gens qu’il rencontre. Il a du mal avec le relationnel et parait préférer ses dossiers. Personnage fort ? Oui et non, Pierre Vergeat ayant été susceptible de mettre en avant ses défauts humains, notamment à une certaine partie du roman où l’on aurait bien envie de secouer Epping comme un prunier.

 

L’on pourrait dire que son Yin serait Larry Fox, son exact opposé. Jovial, attentif, père gaga et mari comblé, il dénote d’Ethan par la lumière qu’il dégage et la confiance qu’il inspire aux autres protagonistes comme au lectorat. Il se démarque par son courage et son amour presque obsessionnel pour sa petite Lily. Une question le taraude et devient une sorte de moteur : un monde sans Omega est-il un monde sûr pour sa fille tant aimée ?

 

Mido Woo-Jin est l’un des rares personnages féminins avec Emma Fox — l’épouse de Larry —, à réellement intervenir dans le récit. Nord-Coréenne fraichement arrivée à Londres, nous tairons son introduction dans l’histoire. C’est une femme bien plus forte qu’elle en a l’air, un phare qui rappelle à l’ordre et aux objectifs premiers. Une autre originalité de ce roman : celui de mettre en avant un protagoniste féminin d’une nationalité asiatique, plus rare encore venant tout droit de Corée.

 

Nous passerons sur les personnages secondaires, dont les plus vils, afin de ne pas dénaturer votre plaisir de la lecture. Sachez qu’ils gravitent, prennent l’ascendant et participent aux éléments déclencheurs de l’intrigue : eux aussi ont leur background. Un commissaire, un agent des services secrets aux desseins troubles… jusqu’à un cuisinier ukrainien à l’anglais atroce.

Ne vous attendez pas à une découverte bisournous. Lorsque nous évoquions « la mort à chaque coin de rue », nous pesions bien nos mots. Chaque intervenant est susceptible de mourir. L’angoisse est là, craignant pour la vie de tous ceux que nous apprécions, croisant les doigts pour qu’ils survivent. Est-ce le cas ? À vous de le savoir. Cette tendance a le don d’assombrir l’ambiance : l’on verrait bien le roman tel un film au contraste accentué et à la saturation pâle, sans entrer dans le noir et blanc d’un vieux polar. Quand l’on évoque alors Omega et son flamboyant costume rouge, cela fait l’effet d’une flamme dans la nuit. L’étincelle pourtant éteinte, soufflée, privant l’Homme de son plus grand héros.

 

Mais qu’est-ce qu’un héros ? Que ferions-nous si, du jour au lendemain, un Superman, un Arrow ou un Omega faisait son apparition ? Nous reposerions-nous sur nos acquis ? En oublierions-nous les héros du quotidien ? Et qu’adviendrait-il si ces Batman ou Wonder Woman disparaissaient, replongeant notre univers dans la menace d’un chaos purement soumis aux instincts primaires de l’être humain ?

 

Des questions posées ou que nous nous posons nous-mêmes, plongés dans les pages du Dernier Héros, espérant un tel prodige autant que nous le redoutons.

Le Dernier Héros de Pierre Vergeat est un polar/thriller qui sort des sentiers battus tant par son pitch, ses personnages et son final. Original dans son schéma classique, il réussira probablement à vous accompagner lors de quelques veillées, installés près de vos fenêtres dégagées sur le ciel. Et là, peut-être, verrez-vous un éclair rouge strier la nappe nocturne.

Un superhéros ?

Ou l’espoir ?

Dom… dom… La cloche sonne…

 

Navrée pour l’introduction, je n’en ai pas trouvé d’autres 🙂

La bonne partie : 0.22 sec !

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