Fantastique, Historique

Le Choix du Roi de Solène Bauché

Je remercie l’autrice pour ce service-presse ainsi que pour sa confiance !


« Née en 1987 en Bretagne et biberonnée aux histoires du soir, Solène Bauché est très tôt devenue avide de littérature. Après avoir décroché une licence de droit, elle s’envole pendant un an outre-Atlantique, à Boston et New York, pour se nourrir de langue anglaise et de comédies musicales. Depuis son retour, elle vit à Nantes, sa ville de cœur, dont l’offre culturelle interdit de s’ennuyer. Touche-à-tout, elle lit et écrit en variant les genres et se passionne également pour la correction et la traduction. Le Choix du Roi est son premier roman. »

Biographie disponible sur le site Librinova 

 


Le Choix du Roi est un roman one-shot, s’alliant au genre historique aux étincelles fantastiques. Voguant sur les eaux de l’autoédition, Solène Bauché passe par la plateforme Librinova. Le récit est disponible sur une majorité des plateformes en numérique, mais aussi en format papier dans toutes les librairies et ici


« Royaume des Francs, 792. L’heure est grave : Charlemagne vient d’apprendre que son fils d’un premier lit, Pépin le Bossu, a conspiré contre lui. Le roi est loin d’avoir été un père idéal, mais la sentence est sans appel : le jeune traître doit rejoindre un monastère et y demeurer le restant de ses jours. Peu enclin à faire amende honorable et encore moins à devenir un homme de Dieu, Pépin dépérit. L’héritier déchu est loin de se douter que c’est par une entremise des plus inattendues que viendra son salut, avant d’entamer un périlleux voyage vers l’inconnu…

Un récit d’aventures teinté de fantastique dans lequel les voix se croisent et l’Histoire se mêle à l’Imaginaire. »

Résumé de la quatrième de couverture

 

 

Même vous n’êtes pas férus d’histoire ou de Charlemagne, ce roman peut s’adresser à vous, n’étant pas une énumération interminable de faits historiques, de mœurs, d’architecture de l’époque. Il ne faut pas se leurrer pour autant : afin d’étoffer son récit, de lui offrir de l’authenticité dans laquelle ses protagonistes peuvent évoluer, Solène Bauché y amène des décors et des détails indispensables. Cette partie de l’Histoire avec un grand « H » est romancée, prenant des allures de fiction dans un contexte plus ou moins connu de la majorité d’entre nous, pour peu que l’on ait un peu écouté sur les bancs de l’école.

Charlemagne.

Ce personnage célèbre qui aura marqué l’Histoire de la France et son évolution. Le roi des Francs qui, aujourd’hui, se prononce « Sacré Charlemagne » dans notre tête si l’on ne se surprend pas à chantonner (merci France Gall.)

En revanche, nous ne nous intéressons pas tant au monarque dans Le Choix du Roi, mais plutôt à l’homme qui se cache derrière ce trône : le fils, le mari, le père. L’être humain. Même si nous assistons à des guerres ou à des interludes plus politiques, les passages sont bien plus brefs que les introspections humaines, centrées sur sa famille et les ultimatums que lui impose souvent la royauté, mais aussi sa soif de pouvoir.

Nous plongeons dans les dérives de la Couronne et des choix cornéliens qui en résultent. Mais « Le Choix du Roi » est un titre aux sens multiples que nous allons tenter, dans la chronique, de dénicher et décortiquer.

Le premier sens que l’on peut lui donner est bien entendu un choix susceptible de modifier la vie du fils de Pépin Le Bref et de ses descendants. Plus largement, de toutes les décisions que Charles prendra le long de son règne et qui influencera l’avenir du peuple franc autant que ses héritiers.

Mais le choix du roi peut se targuer d’une autre définition, une expression qui serait inspirée de l’époque du Moyen-Âge et qui s’octroie ici un sens que nous estimons tout à fait pertinent au vu de l’intrigue générale, effleurée directement sur la quatrième de couverture.

Il est de notoriété que l’espérance d’un couple royal pour un premier enfant est qu’il soit du sexe masculin. Un héritier mâle qui assurerait la pérennité de la dynastie puisque les femmes n’avaient pas le droit de régner. Avoir une fille en seconde couche permettait à la famille de s’assurer une alliance maritale avec un riche époux, agrémentant ainsi la puissance de la royauté et du nom. L’idéal étant de mettre au monde un garçon, l’ainé, et une fille pour cadette : le choix du roi. Quand c’est l’inverse, l’on évoque le choix de la reine. C’est une expression que l’on retrouve encore aujourd’hui, estimant majoritairement et inconsciemment qu’avoir un garçon et une fille est l’idéal familial.

Une expression donc qui peut très bien symboliser à plusieurs niveaux le contenu du roman de Solène Bauché, puisque le récit se concentre sur Charles, ses épouses et ses héritiers, notamment Pepin, dit le Bossu, son fils « d’un premier lit. » Mais qui prend un autre sens, passé la moitié du livre… Nous vous laissons lire en gardant bien cette expression en tête ! Petite pensée à Himiltrude, protagoniste féminin d’une importance indéniable, malheureusement peu connue de notre Histoire française.

Le roman se découpe en trois parties distinctes, aux narrateurs différents d’un point de vue interne au récit. L’on s’en émancipe en de rares parties, « les intermèdes », où l’autrice prend la liberté de basculer sur un autre protagoniste, cette fois en utilisant la troisième personne.

Trois parties, trois histoires, trois narrations, trois voix.

Un destin lié.

Nous ferons l’impasse sur la troisième partie étant donné que si vous jouez le jeu en ne lisant pas l’index, cela constituera un twist majeur dans votre lecture.

Vous vous en doutez, le premier tiers du roman se consacre au point de vue de Charles, d’abord en tant qu’héritier du royaume des Francs, alors que Pépin le Bref vit toujours, puis les débuts de son règne. Sa jeunesse, donc, et ses premières décisions en tant que monarque, mais aussi son premier amour. Une première partie dont découlera tout le reste, une base instaurant ses premiers piliers et ses pions narratifs. L’on rencontre un homme influencé, un peu perdu, vite rattrapé par ses devoirs et les contraintes que lui impose la Couronne. L’immersion dans sa tête, le suivi de ses introspections, permet de chasser le manichéisme et d’alterner entre compassion et colère. Nous pouvons comprendre la complexité de ses épreuves et obstacles, de ses décisions, tout en ne les cautionnant pas, plutôt en les incriminant. Ici, la partie se construit surtout dans un ordre chronologique spécifié, synthétisant quelques faits historiques sans s’y attarder comme la guerre contre les Saxons ou plutôt la guerre opposant le christianisme et le paganisme. Pas de pages à rallonge sur les concepts religieux ou de débats politiques, l’on reste focalisé sur l’homme, même si le monarque s’imbrique dans ses choix. Si cette narration titille nos valeurs morales et notre réflexion, la seconde en appelle plutôt à notre compassion et plonge beaucoup plus dans l’écriture romancée.

Pépin le Bossu, l’ainé des enfants de Charles, a enfin son « heure de gloire » après des années de solitude, de mépris et d’espoirs crevés dans l’œuf. Ayant conspiré contre son propre père, il se retrouve cloitré dans un monastère, condamné à servir Dieu contre sa volonté. Pourtant, c’est là que tout commence pour lui. Son aventure nous fait quitter la Cour et l’on décortique ce protagoniste jusqu’alors placé en arrière-fond, mais qui réussissait à attiser notre curiosité et notre sollicitude. Le fait de savoir « d’où il vient », l’histoire parentale et familiale qui l’entoure le rend très vite attachant. Bien plus placide et apathique que son père, déjà usé par une existence à peine vécue, il déclenche en nous diverses émotions bien moins rationnelles. Nous glissons plus vers une petite épopée qu’un récit posé comme nous avions démarré avec Charlemagne.

La dernière partie trouve écho avec la seconde, puisque les chapitres débutent souvent avec des souvenirs. Un background dont nous avions brièvement connaissance, mais qui trouve alors son développement, expliquant comment les deux personnages en sont arrivés là, ce qui les motive, ce qu’ils ont ressenti et pourquoi ils agissent ainsi. Mais n’oubliez pas : nous gardons le silence ! C’est à vous de contenter votre curiosité pour ce dernier arc.

Il reste un sujet qui constitue une importance presque cruciale tout le long du roman : la place de la femme. Qu’elle soit reine ou roturière, mère ou célibataire, la femme est au cœur du Choix du Roi, influençant volontairement ou non le déroulé des péripéties. Sa condition, ses potentielles espérances, son avidité et ses désillusions, son humilité et ses réussites, elle reste dans l’ombre des rois et des princes.

Ces trois narrations se recoupent d’une manière ou d’une autre et la fin parait « ouverte » tout en étant satisfaisante. Les réponses sont données, les esprits tourmentés trouvent un peu de repos — ou pas. Une conclusion qui laisse notre imagination libre d’interpréter une suite — nous reprécisons toutefois que c’est bien un one-shot !

Le récit est dense, riche en vocabulaire, Solène Bauché toujours attentive à soigner l’authenticité et le contexte médiéviste. S’il y a quelques longueurs, vous pouvez tout de même être de ceux qui les apprécient, préférant savourer la plume et la délicatesse d’écriture plutôt que les multiples dialogues.

L’aspect fantastique est discret et n’impacte pas directement l’histoire ; il tourne plutôt autour de quelques protagonistes et apporte une autre dimension aux différentes aventures, déposant un autre ingrédient parmi les autres. Si vous n’êtes pas un adepte du fantastique, pas d’inquiétude alors. Ce n’est absolument pas le cœur de l’intrigue ni l’une des articulations les plus importantes.

Ce premier roman autoédité est d’une très belle qualité et sa richesse ainsi que sa densité, son intrigue, plairont certainement au lectorat gourmand de pavés littéraires tout en initiant ceux qui le sont moins. Le petit plus serait qu’il peut réussir à intéresser le lecteur à l’histoire véritable de Charlemagne et de sa descendance.

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