Historique, Romance

L’amour, la mer, le fer et le sang d’Aurélie Depraz

Je remercie l’autrice pour ce service-presse et sa confiance !



L’amour, la mer, le fer et le sang est le second roman du genre romance historique – se déroulant à l’époque des Vikings -, d’Aurélie Depraz. Son tout premier volet, Pour l’amour d’une Sasunnach, est toujours disponible, lui aussi historique, mais en Ecosse du XIVème siècle.
Vous pouvez retrouver l’autrice sur son site où de très nombreux articles vous attendant, que ce soit du domaine de l’écriture, de l’édition, des coulisses de ses romans ou encore de ses propres expériences. En rapport à L’amour, la mer, le fer et le sang, pouvez entre autre découvrir de très intéressants articles, comme : ses coulisses, la première partie de la Petite histoire des Vikings – la Danois,  les inspirations, ou encore de la cartographie. En bonus supplémentaire, Les Vikings et la romance historique : une longue histoire d’amour.
Même si le récit se révèle très complet en lui-même, nous ne pouvons que vous inviter à lire ces billets de blog pour mieux vous imprégner de l’univers, que ce soit avant ou après votre lecture !



Résumé

Côtes danoises, hiver 865
Sven aime la mer. Il aime les raids, il aime les femmes, il aime son peuple et l’aventure mais… depuis peu, il se prend à rêver de semailles et de moissons, de terres et de cultures et, pourquoi pas, d’une femme, d’un foyer, d’une famille.
Une grande expédition est prévue au printemps. Les rives anglo-saxonnes. Cela tombe bien ! Il paraît que leurs femmes sont belles et leurs terres fertiles. C’est décidé : il en sera. Une épouse, une ferme, un commerce florissant vers le Jutland, et à lui le bonheur d’une vie nouvelle !
Mais quand on n’est rien d’autre, aux yeux de la femme de ses rêves, qu’un païen, un barbare, un envahisseur aux mœurs cruelles… quand on est l’amant d’une femme jalouse et le sujet d’un roi cupide… l’entreprise s’annonce difficile !
L’histoire d’un amour improbable au temps des grandes invasions vikings.



Dans ce one-shot historique, nous plongeons en plein cœur de l’époque viking, avant leur grande invasion de l’ancienne Angleterre. Aurélie Depraz prend le temps de poser son contexte, agrémentant sa narration de très nombreuses descriptions précises de l’environnement, des politiques, du fonctionnement clanique, des mœurs, de la place de la femme, de la religion, des us et coutumes… Une romance historique peut-être, mais très loin d’être dénuée de précisions historiques, témoignant de l’impressionnant travail de recherches effectuées et des connaissances profondes de l’autrice. Si le background du récit est bien posé, nous ne pouvons qu’apprécier davantage l’intrigue romanesque, étant capables de comprendre les subtilités qu’elles se trouvent dans le relationnel, les gestuelles ou encore la perception de l’époque, mais aussi dans les échanges et les confrontations entre Sven, le Viking, et Aalissia, l’Anglo-Saxonne.

Étant donné le respect de l’Histoire, des coutumes pour intégrer un aspect réaliste au récit, il faut s’attendre à une profonde dureté de scènes : de la violence faite aux femmes, voire aux enfants, des massacres, du sang, mais aussi de la brutalité psychologique dans certains cas. Ayez le cœur bien accroché pour supporter certaines descriptions.

Bien entendu, il se peut que ceux qui apprécient la série télévisée Vikings ne puissent empêcher la comparaison. Nous pensons néanmoins qu’il est important de préciser que si le roman traite de l’invasion viking, que des noms bien connus ressurgissent ou que Sven peut faire penser au protagoniste de Vikings (la Marmite s’excuse, elle n’a regardé que la moitié d’une saison) au vu de son apparence, il est question d’inspiration (cf. le site de l’auteur et son billet sur le sujet). Et si tous les romans subissaient la comparaison d’un autre plus populaire à la simple excuse de son contexte historique ou de quelques thématiques communes, ce serait bien dommage, n’est-ce pas ? Nous croyons toutefois que ceux qui aiment cet univers apprécieront leur lecture.

Sven peut s’avérer surprenant. Certains sont sans doute habitués aux hommes alpha, très virils, en quête de gloire ou déterminés à protéger les leurs, leurs biens, et la Marmite en passe. Ici, le héros est, certes, un guerrier farouche qui collectionne les conquêtes en jupons (quand elles ne sont pas armées), mais ses rêves le portent vers une simplicité détonante : vivre, tout simplement.

Se poser, apprécier la vie, en terminer avec les combats, profiter d’une épouse et de leur ribambelle d’enfants, travailler la terre…

Un rêve d’ailleurs, loin du gel du nord et des champs infertiles.

Il ne craint pas de rencontrer la femme, il l’espère.

Curieux contraste avec l’idée que l’on se fait habituellement du gaillard viking, bourru et aspirant au Walhalla entre deux corps éventrés et une goulée d’hydromel.

Malgré que Sven reste un Viking malgré tout, au service de son roi, partageant quelques gouttes de la soif de guerroyer, il est très vite attachant dans façon de respecter tout de même les femmes, certaines de ses introspections et cette volonté de s’enraciner pour fonder une famille. En soi, il peut créer un curieux écho en nous, malgré que ce soit un personnage de roman et que des siècles nous séparent. Nous serions à même de partager son idéal de vie, ses aspirations.

Il est paradoxal et, tout comme Aalissia, nous sommes tiraillés par le doute : nous l’apprécions, mais le mérite-t-il vraiment ?

Aalissia est le parfait opposé de Sven, vouant à la vie un respect profond, cultivé par sa religion chrétienne, son passif familial et son rude quotidien. Accablée par les responsabilités de la gestion d’une ferme et l’éducation de deux jeunes garçons, elle chemine chaque jour en gardant les épaules solides, refusant de dépendre de qui que ce soit, surtout pas d’un mari au vu des prétendants peu souhaitables qui se pressent à sa porte. L’Anglo-Saxonne est douce, d’un altruisme exemplaire, aux larmes faciles et au cœur chevaleresque. Belle à sa manière, bien entendu. Et elle trouve son courage dans son sens du sacrifice, elle qui est capable de tout endurer à la place des autres, pourvu qu’ils soient sains et saufs.

Ce qui semble « normal » pour Sven ne l’est pas pour Aalissia et la réciproque est vraie.

C’est là que la notion de « culture » impactant nos valeurs morales peut être débattue. Les idéaux se heurtent, les visions du monde se confrontent tout comme le sens que l’on donne à ce qui nous entoure.

Entre Sven et Aalissia, c’est un perpétuel apprentissage de l’autre : comprendre sans forcément cautionner, s’accepter, composer avec la différence. Et essayer d’aimer malgré tout ce qui peut nous séparer.

D’autres protagonistes viennent bien évidemment étoffer l’histoire de leur présence et interactions, allant de la Viking possessive et combattante, au roi cupide et redoutable, ou encore au frère de Sven jusqu’à un ami autant qu’un frère d’armes s’étant attiré le respect de Sven, des orphelins, une vieille boulangère…

La romance entre les deux héros n’est pas immédiate. En plus d’une mise en place soignée du contexte politico-historique et des us et coutumes, Aurélie Depraz s’efforce de ne pas rendre la relation amoureuse si facile, de l’ordre du coup de foudre immédiat des deux côtés. Ce qui revient au point abordé plus haut : le temps au temps, s’apprivoiser. Sans compter qu’Aalissia n’oublie pas la terreur viking et ce qu’ils ont accompli en arrivant sur les côtes saxonnes. Mais cela, nous vous laissons le découvrir.

Il faut vous attendre à de l’action entre rixes, combats ou batailles, de quoi dynamiser l’intrigue qui ne reste pas uniquement centrée sur le couple, au détriment de tout le potentiel autour. Quelques rebondissements, de généreux twists et un final qui satisfait pleinement. Pas de frustration.

L’écriture est à l’image du récit travaillé dans son fond et sa forme : précise, désireuse de transmettre les émotions autant que les informations diverses — n’hésitez pas à lire les annotations en bas de page pour comprendre certains termes très particuliers ; elle s’acclimate sans pour autant alourdir le tout, en exagérant les dialogues ou la narration pour coller au maximum à l’époque. Le tout est d’une grande fluidité, à un point tel que vous serez sans doute amenés à dévorer les pages sans vous en rendre compte.

Le récit comptant environ deux cents pages, il y a très peu de lourdeurs, sauf si vous n’appréciez pas les descriptions riches ou les mises en place qui prennent leur temps. Un roman court au premier coup d’œil, mais néanmoins complet.

Grimpez dans votre drakkar, enfilez vos lourds manteaux de fourrure et équipez-vous de vos haches de la moitié de votre taille. Que vous soyez un berserker ou non, l’aventure vous appelle.

 

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3 thoughts on “L’amour, la mer, le fer et le sang d’Aurélie Depraz

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