Roman contemporain, Thriller

Hier encore de Luca Tahtieazym

Je remercie Luca Tahtieazym pour ce service-presse et sa confiance !


« Auteur au nom imprononçable, originaire du Sud de la France et vivant actuellement près de La Rochelle, Luca Tahtieazym est l’auteur de neuf romans parus à ce jour. Jonglant avec les genres et les styles, inspiré par Steinbeck, Ellroy, Dard ou Stephen King, il apporte un soin particulier aux intrigues de ses livres, s’efforçant de proposer des histoires originales et des personnages tourmentés et attachants.

Tahtieazym a remporté le concours des plumes francophones 2017 (plume des lecteurs) pour VERSUS.

Son dernier roman, HIER ENCORE, est paru le 17 novembre 2018.

Joignable sur facebook, Twitter, Instagram ou à l’adresse électronique suivante : luca.tahtieazym.back@gmail.com
N’hésitez pas à correspondre avec lui, il se fera un plaisir d’échanger avec vous sur vos impressions et retours de lecture. »

Biographie disponible sur Amazon

 


L’on peut dire que Luca Tahtieazym est un auteur prolifique depuis 2016, enchainant différents ouvrages depuis Chaos, paru en 2016. En ce mois de novembre, il nous propose Hier encore, un thriller, drame familial prenant, poignant… et curieusement mélancolique.

En plein été 1958, trois enfants fuguent emplis d’espoir et parcourent les routes françaises. Élise, Simon et Romain partent en quête d’un endroit de paix et de sérénité, loin de leur vie tortueuse. Est répété inlassablement : « le maquis ».

Vingt ans plus tard, les fantômes de cette aventure réapparaissent, mettant en lumière cette vérité mise sous silence au crépuscule de cet été 1958. Que s’est-il réellement passé ? Que sont devenus ces trois enfants, ces aventuriers, qui arpentaient les forêts et les routes sudistes ?

 

C’est le premier roman de l’auteur que nous découvrons, mais nous avons remarqué — notamment en raison des résumés disponibles à la fin d’hier encore des autres œuvres de l’écrivain — que les noms des protagonistes revenaient souvent : au moins Élise et Romain.

Ici, ce sont trois enfants, jeunes, si jeunes. Deux préadolescents et un garçon qui n’a pas encore atteint sa dixième année. Deux garçons, une jeune fille.

Simon, le plus jeune, celui qui culpabilise d’être le cadet, de ne pas pouvoir aider ou se sentir utile. Celui qui essaie de trouver un moyen de se faire valoir, de trouver sa place tout en refusant de l’admettre. Il rêve de héros, d’aventures, au gré de ses comics, heurté par la réalité. Brutale. Trop brutale. Un petit guerrier, vaillant et téméraire, adorant plus que tout sa sœur ainée, Élise.

Élise, la plus mature, posée, calme, rusée et débrouillarde. Le cerveau du trio, celle qui maintient l’équilibre et le cimente. Grande rêveuse, elle se réfugie dans ses rêves et ses livres, se galvanise du réconfort que ses romans lui apportent.

Romain, l’orphelin, qui ne supporte plus son quotidien au pensionnat. La tête brûlée, le sang chaud, un peu le gros bras du trio, celui qui se salit un peu plus les mains pour le bien du groupe.

Trois personnages très attachants que nous suivons pas à pas dans leur aventure, depuis leur départ jusqu’à… jusqu’à ? Pourquoi fuient-ils ?

Nous avons tous été des enfants et peu d’entre nous peuvent se targuer d’avoir été aussi braves, téméraires et résilients.

Mais il y a aussi le père Laborie, Amari, Angus, Dégage, André et tant d’autres protagonistes qui croisent leur route à un moment ou à un autre. Des individus capables de faire naître plusieurs émotions, de s’agripper au lecteur et de jouer avec ses ressentis, allant jusqu’à l’agacer, le plonger dans une profonde colère ou, à l’inverse, lui faire ressentir un grand soulagement, de la tendresse… Des protagonistes très bien travaillés, aux reliefs pensés et poncés.

Le roman se divise en deux parties : la première, se déroulant durant l’été 58, et la seconde, vingt ans plus tard. Une scission qui n’a rien d’inhabituel. En revanche, la division est faite d’une façon qui, elle, est originale par le biais d’une succession de chapitres que nous vous laissons découvrir par vous-mêmes. Un aspect presque cinématographique qui permet de ne pas s’éterniser sur les années qui passent et défilent, au risque que ça en devienne soit interminable, soit bâclé. L’idée est bonne, sans compter qu’elle s’avère tout à fait propice pour cette transition. Elle nous y prépare et nous accompagne, nous évitant la désagréable impression de sauter à pieds joints dans un tout autre récit.

Ces deux parties ont une narration quelque peu différente : l’une est à la troisième personne, l’autre d’un point de vue subjectif, intérieur au récit. Encore une fois, cela nous permet de nous situer et instaure une sorte de brisure avec l’été 58.

Les chapitres ne sont ni trop longs ni trop courts en globalité. Quelques-uns ont néanmoins une certaine particularité, causant un impact efficace et inattendu en nous. Sa mise en page s’allie à l’écriture pour l’appuyer, exacerber ses reliefs et trifouiller un peu plus nos émotions.

L’auteur se plait à tricoter nos nerfs, disséminant des phrases de ce qui adviendra ; reste à savoir comment. Une simple phrase suffit à nous troubler, arrondir nos yeux, couper notre souffle, décupler les battements du cœur ou nouer notre estomac.

Certains paragraphes sont parfois séparés par des dialogues entre les enfants, telles des voix off qui habilleraient leur voyage. Un temps suspendu, un souffle qui vient cueillir l’âme des personnages pour nous les partager. Ils nous aident à comprendre la profondeur de leur relation, leurs doutes, leur détermination… leurs peurs aussi.

L’écriture est superbe, capable de s’adapter aux enfants sans être immature ainsi qu’à l’époque : après la Seconde Guerre mondiale. Tout est respecté, les lieux, les mentalités, jusqu’à la nourriture. La retranscription de l’état d’esprit français après l’Occupation est subtile, se rappelle à nous de temps à autre, aussi par le biais d’anecdotes comme les cachettes des Résistants dans les montagnes, des termes argots comme « Bosch ». La rancœur stagne ; tous se remettent doucement de la guerre, de ses dommages et en assument désormais les conséquences. Toutefois, nous n’entrons pas dans un roman historique — c’est très loin d’être le but initial. Comme explicité plus haut : tout en subtilité.

Cette écriture frôle la poésie. On ressent alors le soin à décortiquer ses personnages pour en extraire l’authenticité, la crédibilité, mais surtout, l’âme. Une belle précision qui passe dans les descriptions métaphoriques, très jolies, qui trouve un écho tout particulier en nous, que nous ayons ou non déjà vécus ces situations, ces interactions, ces escapades… Luca parvient à nous transmettre en toute limpidité, par le biais de sa plume si aiguisée, compétente, toute son expérience et son réel plaisir à donner vie à cette histoire et son petit monde, tout en veillant à la sonorité de sa verve.

Nous pensons que vous l’aurez compris, c’est un thriller, mais surtout une « odyssée » pour reprendre le terme de l’auteur, émouvante, prenante où nous guettons chaque ligne avec appréhension, serrant les dents ou nous réjouissant pour Simon, Élise et Romain.

Puis, nous serrons les poings ou nous rembrunissons, tentant nous aussi de comprendre ce qui est advenu en 58, entrant ainsi dans l’aspect enquête où le sombre côtoie les jours difficiles, mais heureux.

Ces enfants avec qui nous avons marché, marché… et que nous apprenons à aimer.

Le crescendo grimpe, notre tension aussi.

Les révélations, les poumons qui se bloquent, l’air raréfié, les lèvres qui frémissent.

Le final. Le souffle qui se récupère ou s’évapore.

Un livre qui se ferme et le regard dans le vide, l’esprit toujours sur les routes et dans les rivières. L’écho des rires enfantins qui bourdonnent encore, des larmes aussi. Un chant de mouettes par-dessus celui des vagues.

La mélancolie s’installe et l’on se dit tout doucement : « Qu’ai-je lu ? »

J’ai troqué mes cliques et mes claques,

Contre des cloques et des flaques.

Mon sac à dos pour oublier, Qu’avant c’est toi qui me pesais.

Ce qui m’emmène, ce qui m’entraîne,

C’est ma peine, ma peine plus que la haine.

Oh ma route, oh ma plaine…

Dieu que je l’aime…

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