Thriller

Grand Froid de Cyril Carrere

Je remercie l’auteur et les éditions Nouvelle Bibliothèque pour ce service-presse ainsi que pour leur confiance !


Nous avons déjà pu (re) découvrir Le Glas de l’Innocence de Cyril Carrere il y a peu et c’est avec un certain plaisir et une grande curiosité que nous avons plongé dans le nouveau roman de l’auteur : Grand Froid, ayant des thématiques différentes, un contexte plus classique (exit le Japon) et des protagonistes qui, même s’ils ne sont pas aussi atypiques qu’Hayato Ishida, gardent des particularités les rendant uniques et attachants.

Couverture lors du concours sur Fyctia.

Ce récit a lui aussi été finaliste lors d’un concours sur le net, mais pas n’importe lequel : le VSD-Michel Bussi 2018. Il s’est hissé à la première place suite aux votes de la communauté de lecteurs, sur la plateforme.

Un petit mot concernant la couverture que nous trouvons tout à fait approprié à l’histoire, l’ambiance qu’elle dégage. La première version a été réalisée par Luna Joice pour le concours ; pour l’édition, nous pouvons citer Brian Merrant.

Gaëlle Morvan est une brillante avocate à qui tout réussit. Elle enchaine les importantes affaires et ne cesse de glorifier son nom au sein de la cité nantaise. En charge d’un procès médiatique, tous les regards sont tournés vers elle ainsi que vers sa cliente. Pourtant, Gaëlle sait que le temps lui est compté, mais pourquoi ? Et d’où lui vient cet effroyable ressenti qu’elle n’est jamais seule, qu’elle est suivie et épiée ?
Lucas Morvan, fils de Gaëlle et assidu urgentiste nantais, est troublé par une multitude de questions sans réponses lorsqu’on lui annonce le suicide de sa mère. Néanmoins, quelque chose ne tourne pas rond. Jamais Gaëlle n’aurait attenté à sa vie. Rien ne colle selon lui. Motivé par le chagrin et la colère, il se lance dans une enquête dangereuse, mettant en péril sa vie et celle de son entourage.

Cyril Carrere s’émancipe du Glas de l’Innocence et installe son écriture ainsi que son intrigue dans un « moule » plus connu et familier. L’on peut constater que l’expérience engendrée impacte sa plume qui aborde un style différent, plus dense, mais toujours respectueuse du background de ses protagonistes. En effet, un soin très particulier qui les rend humains, attachants et pour cause : nous passons par divers points de vue (narration extérieure au récit) et au vu de la palette de personnages, il est plus judicieux à notre sens de veiller à leur cohérence et crédibilité. Nous pensons que c’était déjà un pari réussi dans le Glas, plus réussi encore pour Grand Froid.

Lucas Morvan est un jeune trentenaire qu’il est difficile de ne pas apprécier : il passe par diverses phases de deuil et il lui faut un certain temps, légué à son développement, pour que sa facette la plus déterminée et téméraire fasse surface et donne un autre rythme à l’intrigue. Compliqué aussi de ne pas partager sa peine en premier, puis ses nombreux doutes et ses interrogations quant à son courage et tout ce qu’il a à perdre : tant s’il ne poursuit pas sa quête que s’il y coupe court.

Mais nous avons aussi Loïc qui se révèle le personnage à sang chaud qu’il peut être parfois difficile de cerner. Le commissaire qui, tel un oignon, devra passer sous les doigts du lecteur pour en distinguer les couches et en toucher le cœur. Caro, Anna, même de charmants voisins… Cyril Carrere leur confie une histoire à chacun, des attitudes et habitudes, une vie en somme dans laquelle on peut se reconnaître. Nous parlions de charmants voisins : nous avons nous-mêmes pu grandir auprès d’un vieux couple, ces trop courts étés de notre enfance, avec qui nous pouvions boire un chocolat, grignoter des friandises dans un salon vieillot, mais curieusement nostalgique une fois que l’on y repense. Pas d’inquiétude néanmoins : peu ou pas de lourdeurs/longueurs. Détailler et approfondir les protagonistes ne pénalisent pas le rythme de l’intrigue.

Grand Froid tient un tempo haletant qui démarre assez vite dès les premiers chapitres. Sans parler d’actions à toutes les pages au départ, on perçoit les premières notes qui grimpent, grimpent encore jusqu’au chœur. Le refrain se ponctue, là, il est vrai, de courses poursuites, de scènes sous haute tension, puis s’atténue et entame un nouveau coupler avant le crescendo. Nous pensons que Cyril Carrere tient d’une main ferme son rythme et s’amuse à tourmenter le lectorat avec celui-ci, distillant les cliffangers à son bon gré, trifouillant nos nerfs pour mieux nous tenir en haleine. Rares sont les pauses et la frustration éclot à la fin d’un chapitre qui nous reste au bord des lèvres.

Au-delà des meurtres, l’auteur nous offre une intrigue qui s’enrichit au fur et à mesure, allant bien plus loin qu’une simple suspicion de suicide. En revanche, nous ne développerons pas plus. Il est quelque peu délicat de rédiger une chronique au vu de tout ce qu’il y a à en dire sur le fond, mais si peu qu’il est possible de révéler au risque de gâcher votre découverte.

L’auteur s’est appuyé sur de très nombreuses recherches pour étoffer son texte, si bien que l’on pourrait croire qu’il est natif de Nantes. Il en va de même pour les scènes de crime, les autopsies, des informations historiques, les différents décors jusqu’aux noms de certains établissements, et nous passons encore sur beaucoup de détails. Rien de tel pour une immersion des plus satisfaisantes, capable de nous permettre d’apprécier davantage notre lecture.

Cyril Carrere garde le cap d’une écriture cinématographique ; l’on verrait bien Tom Cruise jeter sa veste en cuir pour endosser le manteau de Lucas Morvan.

Entre complots, actions, suspicion, protagonistes ambigus, enquête tendue, politique, services secrets, mystères à élucider qui ne font que s’amplifier à mesure, Grand Froid s’installe tranquillement dans son succès thriller. Il est fort probable que nous ayons une suite.

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2 thoughts on “Grand Froid de Cyril Carrere

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