Erotique

Endless Night d’Estelle Every

 

« Mariée et mère de deux petites filles, Estelle Every habite dans le sud de la France et travaille dans l’univers du luxe, dans la parfumerie. Passionnée de lecture depuis le plus jeune âge, elle se laisse porter par ses envies du moment, et peut donc être emballée par du Young Adult, des ouvrages de développement personnel tout comme des traités d’égyptologie ! C’est seulement en 2012 qu’elle saute le pas et se met à écrire à son tour, sans pour autant imaginer être publiée. Elle se lance dans la littérature érotique à l’occasion du concours « Nuit Blanche » sur Fyctia : un univers étonnant, qu’elle prend depuis plaisir à explorer. Son roman Endless Night arrive en finale et est repéré par l’équipe, ce qui lui permet d’être publié aujourd’hui chez La Condamine. »

« Endless Night » est le premier tome des sensuelles aventures d’Auxane, jeune journaliste en mal de reconnaissance et désireuse de faire ses preuves. Lorsqu’un sujet se présente avec pour cible Dimitri Lesskov, mania russe, l’héroïne n’hésite pas une seconde et se démène pour être sur l’affaire qui lancera sa carrière. Cette mission la conduit en plein cœur de Saint-Pétersbourg, ville qui aura tôt fait d’évoquer de douloureux souvenirs. Hébergée par sa cousine Valentina, Auxane n’imaginait pas découvrir un lieu insoupçonné… Le Secret. Aux crépuscules de Nuits Blanches, la jeune femme n’est pas prête d’oublier le mystérieux Grigori Alekseï.

Ce roman est une New Romance s’adressant à un public averti de plus de seize ans (voire, plus.) Ce premier tome serait plutôt classé en « érotique » qu’en romance pure. Estelle Every n’a pas pris le parti d’un jeu de séduction classique ni de mots d’amour lancés à chacune des pages. À l’inverse, la sensualité, l’érotisme sont mis en avant… mais le second opus risque de participer à une contrebalance attendue et espérée.

Estelle Every nous entraine dans un monde sulfureux. Sur un petit fond de policier, minime cependant, l’autrice invite son lecteur à plonger au cœur de Saint-Pétersbourg où nombreux sont les secrets attendant d’être révélés. Le récit est narré selon différents points de vue, bien que ceux de Grigori et d’Auxane restent les principaux. Nous pouvons découvrir les pensées et les évènements appréhendés par Milan, ami de l’héroïne, et de Valentina, la glaçante cousine. Si ceux de Valentina prennent une tournure intéressante et utile pour la suite, l’on peut se demander si ceux de Milan ne sont pas plutôt présents pour poser une base solide avant d’aborder le second tome.

Une chose est certaine, si l’on en sait très, très peu sur Grigori — voire, rien du tout — le background d’Auxane est soigné. Estelle Every a veillé à ce que le caractère de son héroïne ne soit pas tombé du ciel uniquement pour servir son intrigue. Il y a un passif, lourd, amenant Auxane à faire des choix, interpréter ce qu’elle voit d’un œil qui lui est propre. Si parfois ses actions peuvent surprendre, choquer ou mettre mal à l’aise, le roman en soi en est le reflet du miroir. Mademoiselle Mels est forte, quelques fois arrogante, mais non moins à même d’affronter la tempête tête haute. Elle a une capacité d’adaptation lui réclamant une certaine maitrise d’elle-même. S’il y a des bévues, Auxane n’est néanmoins pas un personnage susceptible de tout envoyer valser et de hurler haut et fort son mécontentement.

Grigori est un héros beaucoup plus dans la réserve. Il est fort probable que l’on en découvre bien plus sur lui dans la suite d’Endless Night. »  L’autrice a veillé à ne pas trop en révéler, faisant d’Alekseï un protagoniste non pas vide, mais mystérieux au possible. Le contraste est flagrant entre Auxane dont onsait presque tout et Grigori dont on ne sait rien. Il est un homme charismatique, élégant, maniaque du contrôle… Il n’est pas sans rappeler le devenu mythique pour le genre : Christian Grey. Ce n’est pas pour autant son jumeau russe.

La tension entre Grigori et Auxane est bien gérée.

Difficile de s’étendre sur le personnage Valentina au risque de nuire au plaisir de la lecture et de la découverte.

Le point fort de ces protagonistes est qu’ils ne sont pas manichéens. Pas de blanc ou de noir. Il est vrai que certains seront plus sombres que d’autres, mais aucun n’est parfait.

La confrontation des héros permet de soulever des opinions différentes sur la sexualité, le rapport aux hommes (ou aux femmes) et les limites que l’on est prêt à franchir pour atteindre un quelconque objectif. Est-ce que la fin justifie les moyens ? Peut-on considérer un endroit où tous les fantasmes sont permis rédhibitoire même s’il est étroitement encadré et entre adultes consentants ? Répondre à ses désirs, pulsions fait-il de l’humain un être perversion ?

La plume d’Estelle Every est simple, fluide, sans fioritures. Accessible. Elle joue sur les différentes frontières en fonction des points de vue narrateurs et des scènes érotiques abordées. Parfois un peu vulgaires, parfois non. Elle temporise. Son roman est sensuel du début à la fin et elle doit donc s’assurer de ne pas dégoûter son lectorat de scènes trop crues et trop fréquentes.

Les personnages tiennent la route, quoique l’on peut avoir un regret concernant Valentina à la dernière ligne droite du récit, tout comme une petite déception sur l’enquête initiale qui aurait pu être plus présente hors de la pensée de l’héroïne et ainsi donné au livre, outre l’érotisme, un côté thriller plus poussé. Étant donné que tout part de cette affaire journalistique, l’on aurait pu espérer un approfondissement et davantage d’aventures/actions qui y sont liés.

La Condamine signe un bon roman érotique promettant une suite des plus intrigantes.

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