Fantastique, Jeunesse

En toute Transparence d’Azelma Sigaux

Née en 1989 en région parisienne, c’est en Haute-Loire que Azelma Sigaux puise son inspiration. Petite-fille de l’écrivain Gilbert Sigaux, elle a dans le sang l’écriture, la lecture et l’art sous toutes ses formes. En 2012, elle décide d’écrire son premier roman et signe chez Rebelle Editions. Elle tire ses inspirations de Marcel Aymé, Rayond Queneau ou encore Orson Scott Card.

Nous vous invitons à faire un petit tour sur son site web si le cœur vous en dit : site officiel.

Le 9 juin 2018, son second roman sortira toujours chez Rebelle Editions : Absurditerre. Il sera disponible sur toutes les plateformes et chez certains libraires. L’autrice sera présente au Salon L’Antre des Livres à Orange (84) à l’occasion de sa sortie.

Je remercie l’autrice pour ce service-presse ainsi que pour sa confiance.

Azelma nous propose un petit livre assez court dans le genre fantastique, pouvant s’adresser à partir d’un public préadolescent. Chacun peut y trouver son compte : au-delà du fantastique, paranormal et l’humour qui peut plaire au plus jeune, les adultes peuvent de leur côté être touchés par le message que tend à faire passer l’autrice.

Brenda est une adolescente très effacée, solitaire et mal dans sa peau. On ne peut pas dire qu’elle soit très à l’aise entre ses camarades de classe qui lui mènent la vie dure et sa famille, notamment ses parents, qui sont que peu, voire pas du tout, présents et aimants. La jeune fille finit par ne désirer qu’une chose : devenir invisible pour avoir la paix, respirer à nouveau, s’émanciper de ce monde où le regard des autres prime sur l’identité et le bien-être personnel. Sauf qu’un beau jour, Brenda disparait. Vraiment. Devenue invisible, l’adolescente va découvrir le monde sous un nouveau jour et n’est pas au bout de ses surprises. Il se pourrait que ce ne soit que le début d’une spirale infernale… mais qui pourrait bien bouleverser son existence.

Ce qui est appréciable, c’est que l’autrice ne s’attarde pas en fioritures et son écriture sert à merveille son récit simple, mais lourd de sens, de messages qui peuvent parler à tous. Tout se lit avec une grande fluidité, aidée parfois par un langage un peu plus familier, sans plonger dans le vulgaire. C’est une adolescente qui nous raconte son histoire, ses rencontres ainsi que toutes ses introspections.

Oui, il faut dire que l’on peut se retrouver en Brenda. Qui n’a pas un jour souhaité disparaitre, se glisser dans un petit trou de souris ? Qui n’a pas un jour pensé que ce serait bien de devenir invisible, transparent même le temps d’une petite heure ? C’est la chance — ou pas ? — qu’a Brenda. À travers ses yeux, l’on découvre les aléas d’une telle situation ou encore ses avantages, mais nous n’en dirons pas plus. C’est aux lecteurs de le découvrir !

 

Brenda est une protagoniste très attachante bien que, très curieusement, l’on peut avoir l’impression qu’elle s’efface au fil de la lecture pour laisser la place à tout ce qu’il entoure. Subtilité ? Inconscient ? La symbolique est intéressante et nous suit jusqu’au point final.

Nous découvrons aussi sa famille. Sa mère ainsi que son père ont tous les deux des métiers très prenants qui pèsent sur leur vie quotidienne avec leurs filles. Puisque Brenda a aussi une petite sœur, Cynthia, elle aussi capable de serrer les cœurs et de nous adoucir. Mais il y a aussi Maeva, la peste du lycée, ses « caniches » qui participent aux humiliations quotidiennes de Brenda. Un proviseur imbu de lui-même et égocentrique, des professeurs aveugles ou préférant faire la sourde-oreille. Une meilleure amie, Betty, un peu déjantée, décalée, dans sa propre bulle, Archibald, un clown perché, mais qui promet quelques réflexions intéressantes… Vous l’aurez compris, nous avons une multitude de protagonistes secondaires voués à influer l’intrigue, la vie de l’héroïne avant et après cette curieuse transformation, mais chacun est travaillé de façon à les cabosser. Peu sont lisses et sans intérêts.

L’humour est distillé au fil des pages, nous arrachant quelques sourires en fonction des scènes parfois pleine de folie, absurdes que nous lisons. Un petit côté Lewis Carroll, tout à fait agréable. C’est notamment ces parties-là qui pourront parler à un public plus jeune… mais pour les plus âgés, ils dénicheront sans aucun mal la morale qui s’y dissimule, les diverses réflexions sur la société, les préjugés, la communauté, les mentalités de notre époque. C’est un roman intelligent, d’une grande douceur finalement, qui amène sa conclusion par étape, sans assaillir le lectorat de multiples discours accusateurs et agressifs.

À la fin de notre lecture, nous sommes libres de le poser pour y réfléchir, voire espérer qu’une telle prise de conscience advienne un jour. Laquelle ? À vous de le découvrir…

Ce roman étant peu épais, il nous est difficile d’en parler davantage au risque de nuire au plaisir de la découverte. Avec ces quelques pistes, peut-être aurez-vous déjà une idée de ce qui vous attend si vous désirez plonger avec Brenda dans un univers déjanté, mais non moins profond à qui veut bien écouter.

 

Le meilleur miroir est l’œil d’un ami

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