Historique, Romance

Comme une aurore dans la brume d’Aurélie Depraz

Je remercie Aurélie Depraz pour ce nouveau service-presse et pour sa confiance !



Comme pour les premiers opus, vous pouvez retrouver sur le site de l’autrice plusieurs articles concernant ses recherches et la conception de son roman :

Une bonne mise en bouche avant de commencer la lecture ou des documents très agréables à découvrir pour la compléter.



Sørjevik, Norvège, 871

Haakon est furieux. Son jarl et meilleur ami, Loken, lui a imposé de s’occuper de la captive qu’ils ont repêchée en pleine mer du Nord jusqu’à ce qu’ils aient pu obtenir sa rançon. Or, la naufragée refuse de décliner son identité et sa beauté éveille en lui autant de souvenirs douloureux que son caractère l’insupporte.
L’hiver approche. Si elle ne parle pas maintenant, toute tentative de rançonnage sera reportée et il devra la surveiller jusqu’au printemps. Et ça, c’est strictement hors de question. Parce qu’elle est intenable, caractérielle et… aussi désirable qu’interdite.
Quant à la jeune femme, elle semble bien décidée à ne pas lui rendre la tâche facile, à bien plus d’un égard…

Un voyage au cœur des fjords du Rogaland, au temps des grandes expéditions vikings, des guerres entre clans et royaumes scandinaves et de l’exploration maritime des nouvelles voies du nord.



Aurélie Depraz nous embarque cette fois en Norvège, à la fin du XIe siècle, alors qu’Harald à la Belle Chevelure commence à titiller les seigneurs scandinaves avec sa soif de conquête, alors que d’un autre côté, l’Islande montre le bout de son nez et réveille les envies d’explorations et de sédentarité. Dans le froid glacial de Norvège, nous découvrons la vie quotidienne de ces peuples soumis aux affres de la nature, pourtant si avant-gardistes tout en étant très attachés à leurs mœurs et traditions.

C’est d’abord au bord d’un navire que l’histoire démarre, alors qu’une étrange planche flotte sur la mer noire. Aelis, inconsciente et les poumons gorgés d’eau, est recueillie par l’équipage du jarl Loken et est aussitôt confiée à Haakon, l’homme de main et meilleur ami du seigneur viking. Il n’y a pas le choix, il faut la garder dans l’espoir d’une rançon, le temps qu’elle accepte enfin de s’identifier. Mais elle ne peut pas être « gardée » par n’importe qui. Haakon est tout désigné pour continuer sa « besogne. » Voilà Aelis embarquée comme otage, sur les terres du jarl Loken, bien loin de chez elle. Cette franque se retrouve confrontée à un mode de vie très différent de ce qu’elle a connu, entre barbarie et civilité, et obligé de côtoyer chaque jour, et chaque nuit, un homme rustre qui la considère comme une épine dans son pied.

L’autrice nous propose une nouvelle fois un jeu entre amour et haine : Haakon et Aelis sont dotés de caractères forts, séparés par leurs cultures et leurs religions, sans compter que le héros méprise la jeune femme… mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle ravive par sa simple présence ?

Aelis est une jeune femme au tempérament volcanique, à l’image de sa chevelure de feu. Entêtée, elle est susceptible de n’en faire qu’à sa tête, et à prendre des risques inconsidérés pour échapper un passé tumultueux. Qu’importe si elle embrase la colère de ses geôliers/hôtes, elle n’est pas du genre à se laisser faire ou dicter sa conduite. Pourtant, elle a une belle âme et sa curiosité, en plus de son ennui, la pousse à s’intéresser à ce qui l’entoure, mais aussi aux gens.

Haakon, lui, est un Viking pur souche, bien plus civilisé qu’un noble britannique. La rudesse et son mode de vie lui ont enseigné des valeurs humaines, qui vont au-delà des apparences et de l’opulence. C’est néanmoins un homme bourru, au cœur bien claquemuré, qui a déjà connu son lot de désillusions et de déceptions. Il aspire à d’autres projets, d’autres horizons, et l’arrivée d’Aelis lui complique la tâche, tout en retardant ses objectifs. Pire encore, elle semble attiser chez lui un terrible écho du passé.

Les personnages secondaires sont toujours à leur place, loin en second plan, et c’est ce que l’on retrouve beaucoup dans les écrits d’Aurélie Depraz. Seul Loken réussit à sortir un peu du lot, et à s’avancer un peu plus sur la scène pour se faire valoir aux yeux des lecteurs.

L’intrigue principale tourne bien évidemment autour d’Aelis et d’Haakon, mais d’autres se rajoutent autour du couple : le passé d’Aelis, le moteur qui la pousse à se taire et à se comporter d’une telle manière, le futur d’Haakon, et les conflits que tout cela engendre.

À travers Aelis, nous découvrons toute la vie des Vikings d’un œil curieux, parfois outrés ou encore intrigués. Aurélie Depraz a fait de nombreuses recherches afin d’étayer son texte, pour mieux le crédibiliser et rendre son récit authentique. Quelques libertés ont été prises pour faciliter le plan narratif, mais nous vous laissons le découvrir à travers les articles qu’elle met à disposition sur son site pour chaque nouvelle sortie. Les descriptions sont de facto parfois longues, et nécessaires pour que le lecteur s’immerge dans l’univers historique, et puisse mieux comprendre tous les enjeux.

L’écriture est simple pour se complexifier un peu plus quand il est question de dépeindre l’époque, la politique, les mœurs et modes de vie, mais ça reste accessible pour ne pas perdre le lectorat. Le rythme est rapide, puisque nous restons sur un format court, comme finalement épisodique. L’autrice respecte son schéma qui signe chacun de ses opus.

Ce nouveau roman se suffit à lui-même et laisse peu de place pour une suite, même si Aurélie Depraz s’ouvre une petite brèche avec le jarl Loken sans aucune garantie.

Comparée à ses prédécesseurs, la place de la femme est inédite, puisque le respect du sexe féminin est de mise, tout comme ses droits en terres vikings. Pour l’époque, tout cela paraît avant-gardiste, mais pour nous, c’est une preuve qu’en soi, les droits de la femme tels que nous les connaissons pour la plupart aujourd’hui existaient déjà à l’époque, parmi un peuple dit « barbare. » Plus que la romance, c’est une nouveauté pour ceux qui connaissent très peu la Norvège au XIe siècle qui n’est pas forcément celle que l’on nous dépeint dans les différents médias actuels. Et pour une fois, ce n’est pas l’homme qui est pris de court par une héroïne fière de sa liberté, mais l’inverse : une jeune femme cloisonnée dans les carcans de sa société qui goûte à une liberté, certes contrôlée, mais totalement déconcertante… et grisante.

Comme une aurore dans la brume est tout simplement du Aurélie Depraz. Au bout de son cinquième roman, on finit par reconnaître sa patte, et à savoir où nous mettons les pieds. Après un retour en Écosse avec Shaena, on enfile la doudoune pour s’inviter parmi les clans vikings, sur leurs propres terres et dans leur intimité.

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