Young Adult

AliN : tous différents d’Axelle Colau

Je remercie Rise Editions pour ce service-presse et leur confiance !


AliN : tous différents est le premier roman d’Axelle Colau signé chez Rise Editions. L’autrice a déjà sorti trois ouvrages dont deux pour enfants, à partir d’environs 6 à 8 ans. D’autres parutions sont à prévoir courant de l’année. Nous vous invitons à faire un petit tour sur son blog pour vous tenir informés si vous le souhaitez ou tout simplement pour découvrir son univers : tout comme vous pouvez la retrouver sur sa page auteur ; aussi, vous pouvez jeter un œil au site de Rise Editions !

AliN sort aujourd’hui : le 18 juin 2018 !

 

AliN c’est l’histoire de deux collégiens, Adrien et Lili. Deux adolescents qui subissent le sadisme de Guillaume, un de leurs camarades de classe décidé à les briser. Adrien et Lili, ce sont deux amis d’enfance qui se sont perdus de vue. Lili et Adrien se sont deux victimes, cloitrées derrière les barreaux de leur silence.
Et si la musique leur permettait de se libérer de leur enclave ?
Adrien au violon, Lili à la voix.
Une échappatoire, un souffle de vie et de liberté.
Serait-ce suffisant ? Parviendront-ils à s’extirper des las de Guillaume et de ses complices ?

 

L’autrice aborde une thématique d’actualité, très délicate, difficile, mais qu’il est pourtant très important de traiter.

Le harcèlement scolaire.

Ici, le sujet prend place dans une Young Adult avec finesse, émotions, beaucoup de profondeur. Nous ne pouvons qu’en ressentir la grande justesse, quand bien même nous n’avons pas tous été confrontés à une telle situation que ce soit en tant que victime, agresseur ou complice (actif ou passif.) Que nous soyons parents ou enfants, nous sommes tous concernés et Axelle Colau le souligne à travers ses différents personnages.

La narration est à trois voix. L’une est Lili dont on découvre quelques morceaux de son journal intime en début de chapitre qui s’adressent directement à Adrien en utilisant le « tu ». La seconde est celle de Guillaume, le tourmenteur. Là, nous pouvons constater une certaine mise à distance puisque nous basculons dans un point de vue externe au récit. Bien que ses introspections restent très bien menées, l’autrice instaure un certain mur entre ce protagoniste détestable et nous-mêmes, les lecteurs. Tous les harceleurs ne sont pas de son acabit, certains nourrissent d’autres raisons que le sadisme pur quand ils n’ont pas conscience du mal qu’ils infligent (concernant ce sujet, une émission très intéressante a été réalisée donnant la parole à d’anciens harceleurs : cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont excusables.) La troisième et dernière voix, la principale, est celle d’Adrien, le héros de cette histoire. Nous replongeons dans une narration interne au récit, nous imbriquant dans l’esprit du personnage qui subit et assiste, impuissant, aux dérives de ses tortionnaires.

Nous vous conseillons aussi d’être particulièrement attentifs à la playlist proposée, regroupant les différentes chansons/musiques qui font sens. Chacune est parlante et nous immerge dans l’histoire d’Adrien et de Lili. La musique étant une part très importante du récit, ce n’en est que plus agréable de les écouter durant la lecture. Pour ceux, en revanche, qui préfèrent le silence… n’hésitez pas à les écouter après avoir tourné la dernière page.

Adrien est un personnage très attachant : un adolescent qui ne s’aime pas beaucoup avec ses lunettes, ses boutons, sa faible carrure et sa petite taille. Pourtant, on ressent en lui une grande force qui se décuple au fil de l’intrigue (mais dont nous ne révélerons pas la cause pour vous laisser le plaisir de la lecture.) Il est très mature et étant donné que la grande majorité de l’histoire est de son point de vue, nous réussissons à nous identifier et à savourer ces quelques scènes qui nous trottaient dans l’esprit, tous ces passages où nous, nous aurions aimé intervenir. Le fait-il toujours bien ? Le fait-il tout court ou n’est-ce qu’une pensée, un désir, un souhait ? A vous de le découvrir. Une chose est certaine, qu’il soit « faible » ou déterminé, il est très difficile de ne pas apprécier ce protagoniste humain qui doute, qui est blessé et terrifié. La relation qu’il entretient avec Lili est bien ficelée et poignante. Le fait qu’il soit violoniste lui octroie un certain côté plus atypique ; rare sont les romans où le héros joue d’un archet et de quelques cordes.

Lili est plus discrète, ce qui est paradoxal au vu de tout ce qu’elle subit, du noyau qu’elle représente. Lili, c’est la fille ronde dont on se moque, celle qui finit par être mal dans sa peau à cause du regard de ceux qui l’entourent. Nous pouvons être particulièrement choqués par toutes les insultes qu’elle reçoit, du traitement qu’on lui inflige. Le vice est poussé, Axelle Colau n’hésite pas à appuyer là où ça fait mal, pour rendre ce vécu plus horrifiant et percutant. Comment ne pas éprouver de la compassion pour Lili ? Comment rester impassible face aux sévices tant moraux que physiques ? La jeune fille est en souffrance et votre cœur est susceptible de saigner à mesure que l’on assiste tout comme Adrien, impuissants, à son cauchemar. Nous aimerions la secouer à la page vingt-huit et ensuite la serrer dans nos bras à la page vingt-neuf en s’excusant d’exiger cela d’elle. Puisque le silence est parfois le seul secours que l’on pense trouver. Mais Lili, c’est surtout l’amie, la chanteuse, celle aux jolies taches de rousseur, aux cheveux cuivrés dans lesquels miroitent les rayons du soleil, c’est celle qui sourit et qui rend le monde d’Adrien plus beau. Pourquoi s’acharne-t-on autant sur elle ? Quel est son background ? Parviendra-t-elle à faire entendre sa voix ?

Guillaume, c’est l’anti-héros par excellence. Celui qui est destiné à être détesté, haï, celui que l’on n’excuse pas. Guillaume est un adolescent narcissique et égocentrique qui se délecte de la souffrance des autres, même au détriment du bonheur de ceux qui lui sont proches. Son bon plaisir est ce qui compte. Mais pourquoi s’en prendre à Adrien et Lili ? Réussira-t-il à passer entre les mailles du filet ? Justice sera-t-elle rendue ?

La famille, le rôle des adultes, sont très importants et nous nous attachons très vite aux parents d’Adrien qui sont un exemple à suivre sur plusieurs points. Etant donné que nous en avons déjà beaucoup dit sur les trois protagonistes principaux, nous vous laissons l’occasion de découvrir les personnages secondaires et vous en faire votre propre avis.

Ne vous attendez pas à ce que tout soit si simple. Les émotions sont au rendez-vous et plusieurs fois, votre estomac risque de se contracter, appréhendant le destin de ces deux amis que la musique unies dans l’infortune. Dans le cadre de ses mésaventures qui peut arriver à n’importe qui, tout n’est pas tout rose, tout ne finit par toujours bien. Est-ce que se sera le cas pour Lili et Adrien ?

Même si certaines situations et sévices semblent très poussifs sans que personne n’intervienne (parfois ?), Axelle Colau reste les deux pieds dans le réalisme, pointant du doigt un mal de notre société qui commence à peine à ne plus être un tabou. Elle n’hésite pas à nous malmener sans jamais dénaturer sa plume simple, juste, poétique et mélancolique. Elle gratte l’écaille de nos émotions pour se les approprier et les guider jusqu’à ce couple d’adolescents.

La lecture est fluide et rapide ; AliN est un roman de 130 pages environs, allant à l’essentiel sans nous perdre au fil de l’intrigue. Aucun temps mort, tout se suit, s’imbrique. Il peut se dévorer en deux petites heures.

Quant au titre, sans doute vous demanderez-vous comment le prononcer : [aline] ? [ali-N] ? [all-ine] ? Pour le découvrir, place à la lecture !

Le harcèlement scolaire (ou le harcèlement tout court) ne doit pas être un sujet tabou. Ce doit être un combat commun à tous ; chacun doit rester attentif et ne pas rester silencieux s’il en est témoin. Si nous en sommes la première voix, d’autres suivront en chœur. Cet acte répétitif est susceptible de nuire à un être humain qui peut être votre enfant, votre frère, vote cousin ou votre ami. Et même s’il n’est pas de votre propre entourage, nous ne devons pas fermer les yeux. Si nous les gardons bien ouverts, c’est une vie qui peut être sauvée, un sourire qui peut refleurir. Un cœur qui recommence à battre.

AliN est un petit roman à mettre dans toutes les mains, qu’importe l’âge. Il s’adresse à tout le monde sans aucun ennui ; il reste addictif, prenant et si vrai. C’est un message porteur de messages tels que l’acceptation, la richesse dans la différence, la tolérance, le courage, l’écoute et la bienveillance.

Si vous êtes victimes de harcèlement, mais que vous n’osez pas en parler à votre proche entourage, n’hésitez pas à aller « Non au harcèlement » au n°vert : 3020.

Si le harcèlement a lieu via le net, contactez le n°vert 0800 200 000 (Net Ecoute)

https://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/

Longue vie à AliN !

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