Thriller

ALIENOR, l’origine de toutes les haines

Je remercie Aurélien Grall pour ce service-presse !


ALIÉNOR, l’origine de toutes les haines est le premier des trois romans qui composent la palette d’Aurélien Grall avec Trône de cendre en deux tomes. Des récits courts, mais haletants, dans le même esprit : Thriller, complot, politique, espionnage… Sueurs froides.

Monsieur Grall nous propose tout d’abord un monde que l’on a du mal à identifier dans sa temporalité : contemporain ? Futuriste ? L’un ou l’autre, nous avons déjà le pied dans un univers qui nous parle et je pourrais ajouter « malheureusement. » Futuriste ou non, nous ne pouvons pas nous empêcher de songer que cela peut se passer dans l’ombre de notre cher et non moins torturé 21e siècle, comme c’est un avenir quasi inéluctable qui nous attend.

Dans un monde chaotique, en proie aux manigances toutes plus viles les unes que les autres, le constat est sans appel : le salut de l’humanité viendra des femmes. Des femmes conditionnées, aptes à contrôler, asservir et avilir les hommes, coupables du déclin.
L’Académie Aliénor voit le jour, en « hommage » à la célèbre souveraine ayant gouverné la France et l’Angleterre, forte d’une intelligence et d’un don pour régenter le pouvoir dans l’ombre. Des petites filles, de sept à neuf ans, sont « recrutées » (si tant est que l’on peut le qualifier ainsi) pour rejoindre les rangs et, alors, vivre dans ce magnifique château, sous la tutelle et direction de Katarina Haengel. Nous découvrons Alexia, Jade et Clarisse, chacune issue d’un milieu social différent, confrontée à cette nouvelle vie qui les attend.

 

Le récit se compose en deux parties : l’une où nous suivons l’enfance des trois héroïnes, leurs déboires, leurs tristes et tortueux enseignements, nous apprenons à les connaître, à nous attacher et détecter à chacune leurs particularités ; la seconde où toutes ces longues années de labeur, de souffrance et d’éducation sont mises en application.

La première partie de ce roman de 180 pages est la plus lente dans sa progression et dans le déroulement de sa bobine d’intrigue. Nous le devons surtout à la plume d’Aurélien Grall, très portée sur les descriptions soignées, accentuées par une poésie qui, parfois, peut nous sortir de notre lecture, de l’action.

Il joue sur le contraste de l’horreur et la beauté des lieux ; sur la perfidie humaine et la sensualité féminine ; la vilenie adulte et l’innocence enfantine. Nous basculons d’un reflet à un autre dans ce miroir à effet loupe, focalisé sur l’Académie, jusqu’à ce que l’équilibre se rompe et que soit pointée du doigt la déchéance.

L’enfance des trois petites filles est terrible, et si les chapitres donnent une impression de redondance, ce n’est, au final, qu’un schéma identique à ce qu’est leur vie. Toujours la même chose, toujours plus poussée.

 

Aurélien Grall ponctue au fur et à mesure de détails qui font grimper le crescendo en toute subtilité.

Si j’ai pu regretter cette lenteur en ce début de récit, elle m’a néanmoins manqué à la seconde partie du livre où tout s’enchaîne très vite. Si vite que cela nous détache des personnages auxquels nous nous sommes raccrochés avec force et émotion. Je pense cependant que cela marque une brisure, celle symbolique que l’on ressent en chacun des protagonistes. Une déshumanisation qui passe par cette incapacité à s’identifier, ce recul que nous sommes forcés de prendre, à ce mur psychologique contre lequel on bute et sommes impuissants à franchir. L’on peut penser que ce mur est une barrière imposée autant par l’auteur que par les fillettes devenues femmes.

Le manque de repère temporel explicite — seulement glissé dans la narration — participe à notre désorientation.

Les jeunes héroïnes se lancent successivement dans de nouvelles missions. Un reflet potentiel de leur vie : jamais un arrêt, toujours sur le terrain.

L’on peut regretter cependant quelques introspections qui auraient eu toute leur place dans cette histoire : notamment un certain rituel, sur lequel je ne m’étendrai pas, du point de vue d’Alexia. J’attendais avec impatience cette confrontation… Et rien, malheureusement.

L’action est constante, haletante ; tout ne tient qu’à un fil et nous appréhendons au fur et à mesure la fin de ce livre. Que nous réserve l’auteur ? Un récit pareil peut-il bien se terminer ? Je vous laisse le découvrir par vous-mêmes.

Le crescendo atteint son paroxysme avec les deux grandes révélations finales, dont une à laquelle il est facile de s’attendre.

ALIÉNOR est un bon thriller qui sait jouer sur nos nerfs, nous tient en haleine et nous fait taper du pied. Il peut heurter, pincer le cœur et nous gifler pour mieux nous réveiller et faire ouvrir les yeux. Il faut de la patience et aimer savourer les descriptions participant à la mise en place du contexte. Apprécier l’entrée en scène de plusieurs protagonistes ; se délecter d’un rythme effréné, d’un sprint final qui termine de nous faire ciller, ahuris, la ligne d’arrivée franchie.

 

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