Fantastique, Science-Fiction

Abysses, la voix d’Alyha de Rachel Dubois

Je remercie très chaleureusement Rachel Dubois pour ce service-presse !


En parallèle de sa saga Chamanes, Rachel Dubois, autrice férue de fantasy et de bit-lit se lance dans un nouveau challenge livresque : Abysses, la voix d’Alyha. Mi-fantastique, mi-dystopique, on ne sait pas trop sur quel pied danser ; une chose est néanmoins sûre, c’est un régal littéraire.

Dix ans plus tôt, un Marine est sauvé de la noyade par une étrange créature qu’il qualifie de « sirène. » Si la majorité le croit fou, d’autres ont adhéré à l’hypothèse que des peuplades peuvent bel et bien exister dans les profondeurs océaniques. Jean-Baptiste Martin, biologiste, est en tête de l’équipe scientifique tendant à prouver l’existence de ces êtres humanoïdes.
Lorsque trois de ces créatures sont abattues et rapatriées sur l’US Nautilus four, la donne change et il se pourrait bien que l’ère connaisse une fin.
Alyha, nouvelle Sage du peuple des Abysses, est en proie à un cruel dilemme. Celui de préserver l’existence de son peuple, au risque d’enclencher une guerre… ou, à l’inverse, une paix. Des secrets doivent être gardés pour préserver l’écosystème, l’équilibre naturel du monde. Elle n’a d’autres choix que d’imposer un ultimatum à l’humanité.
L’Homme n’a que vingt-quatre heures pour décider de son sort.

Ce roman se divise en deux voix : celle d’Alyha et celle de Jean-Baptiste Martin. Chaque côté du miroir est personnifié, avec ses conséquences, ses inquiétudes, ses propres aventures et bévues.

Cette confrontation des points de vue permet de mettre en lumière tout ce qui fait défaut à l’Humanité… comme à ces êtres créés de toutes pièces par Rachel Dubois. Ces discordances se joignent, au final, en un seul et même point commun : le monde et ce que l’on en fait.

On ne peut que féliciter ce parti pris de l’autrice pour avoir su mettre en scène ces deux modes de vie, de mœurs, ces cultures si différentes en parallèle pour mieux enrichir son récit, le galvaniser dans le message qu’il essaie de faire passer au lectorat. 

Rachel Dubois a su construire et façonner un nouveau monde, au point que l’on pourrait se dire : « et si ? » Et si cela était possible ? Et si nous n’étions pas seuls ? Cela parait plausible ? Tout un questionnement se développe dans nos esprits immergés (c’est le cas de le dire !) dans ce récit de course contre la montre.

Course contre la montre ? Oui et non. Les chapitres font le décompte du temps qu’il reste avant l’ultimatum d’Alyha (H-23, H-15…), mais il y a une telle plénitude, un rythme plutôt calme que nous ne sentons pas vraiment l’urgence de la situation. Nous pouvons supposer que cette tranquillité vient surtout du point de vue d’Alyha et de son peuple très posé, comme détaché, qui respectent le terme de « calme olympien. » Cette alternance de point de vue, tantôt inquiet, alerte du point de vue de J-B, tantôt plus posé, réfléchi, serein du point de vue abyssal, permet une belle temporisation de la rythmique. Sans compter que cette particularité à chaque environnement, à chaque protagoniste, permet une meilleure identification du lecteur ainsi que son immersion de la Terre aux Abysses.

Si l’on ne peut distinguer que quelques différences dans l’élocution des protagonistes au sein des dialogues, c’est foncièrement les contextes et cette rythmique qui leur octroient tout le caractère qu’ils inspirent.

Abysses, c’est — ne nous le cachons pas — un roman engagé, sur fond de Dystopie/Fantastique. Il pointe du doigt toutes les déviances humaines sans détacher le lecteur de l’intrigue ni de sa concentration. Nous ne sommes pas tapés sur les doigts à chaque page, avec une insistance lassante qui finit par nous faire lever les yeux au ciel en soupirant.

Le livre est construit autour de ça. Sur l’écologie, l’écosystème, la décadence de l’Humanité…

Tout s’imbrique très bien au récit et, lorsque nous refermons l’ouvrage, nous laisse pantois, un peu amers aussi. On peut être surpris de se dire « je n’irai plus jamais visiter un seul zoo ou tout autre parc aquatique. »

Chaque protagoniste est très attachant, avec son propre background et psychologie, ce qui est d’autant plus appréciable pour les voir évoluer, interagir, se questionner… 

Le tout est servi par une plume très fluide, faisant honneur aux descriptions qui nous font plonger au cœur d’un sous-marin comme au sein des Abysses. Si l’on peut appréhender toute une palette de mots savants, scientifiques auxquels on ne comprend rien… Oui, il y en a, mais ils ne gênent aucunement la lecture et connaissent leurs propres explications ; la présence des protagonistes tenant un rôle chacun : paléontologue, anthropologue, géologue, ect permet à chacun de poser les questions qui nous traversent l’esprit pour parvenir à une explication plus précise des termes énoncés. De même, du côté d’Alyha, nous sommes guidés par cette héroïne comme si elle nous faisait visiter elle-même son univers. Les seules réponses que nous obtenons au sujet des Abysses viennent uniquement d’elle. Là, à nouveau, se joue le parallèle entre les deux mondes et, donc, des deux points de vue.

Le livre se compose de 271 pages, nous ne les voyons cependant pas défiler. Curieusement, il apaise l’esprit, nous détend et peut sensibiliser le lecteur à sa belle morale. Quelques frissons à la fin ?
Une fin dont on peut se contenter, mais qui, peut-être, peut laisser sous-entendre une suite. Pourquoi pas ?

 


Ce livre est un coup de cœur.

Advertisements

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.