Romance

A l’eau de Rose d’Elise Picker

« Élise Picker est une toulousaine trentenaire. Cette maman de trois enfants est accro à la lecture et shootée à l’écriture, d’aussi loin qu’elle se souvienne. Les émotions, le sentiment amoureux, le désir… sont pour elle des sources inépuisables d’inspiration. Dans ses récits, elle aime mettre en scène des personnages ancrés dans le réel, dans lesquels les lecteurs peuvent se reconnaître. Après avoir exploré l’univers des rencontres virtuelles, elle nous propose dans son deuxième roman, À l’eau de Rose, de découvrir les aventures d’une douce rêveuse en quête d’un idéal masculin. Mais l’homme parfait existe-t-il ? Et si oui, résistera-t-il à l’épreuve de la réalité ? »

Biographie trouvée ici 

 

Le nouveau roman de l’autrice (qui succède Alice Online) sort le 11 septembre 2018 ; à l’heure de la publication de cette chronique, c’est le jour J !

 

Rose, jeune provinciale montée à Paris pour devenir standardiste dans une grosse entreprise, est une indécrottable rêveuse. Films romantiques, romans à l’eau de rose, elle rêve du Prince Charmant malgré toutes ses déceptions amoureuses. Un idéal qu’elle transpose sur cet homme qui la contacte chaque jour à son travail dans le cadre professionnel. Julian, à la voix envoûtante, si particulière que c’est un coup de foudre sans même l’avoir rencontré. Mais Rose rencontre aussi Jeremy, un étudiant plus jeune qui croque la vie à pleines dents et la savoure, volage, se moquant bien de ce que l’on pense de lui au point de dérouter Rose. Deux opposés, deux rencontres, deux hommes. A quel point bouleverseront-ils le quotidien bien établi de la jeune femme ?

 

 

Elise Picker nous propose une romance très douce, narrée à travers trois voix : Julian, Jeremy et Rose. Cette dernière reste la narratrice principale, nous plongeant avec elle au travers de son histoire au rythme des musiques dont les titres servent à nommer les chapitres ; une idée pertinente pour aider l’immersion du lectorat et mieux appréhender les parties (et narration en fonction des personnages.)

La plume est moderne, s’adaptant à ce récit contemporain et à son genre, respectant l’élocution des protagonistes sans être trop pompeux ni trop familier. Une écriture simple, mais efficace, qui ne s’attarde pas en descriptions interminables tout en prenant soin des introspections, notamment celles de Rose.

Le travail éditorial a été rigoureux : pas de fautes ou très peu, si peu que l’on peut les manquer si nous sommes bien plongés dans la lecture. Un livre d’une bonne qualité, très agréable à tenir en main (ou dans une liseuse.) C’est très agréable de profiter d’un roman dont on a pris soin.

Un triangle amoureux semble être au cœur de cette intrigue ; il faut être adeptes de ce type de romance pour mieux l’apprécier. Ceux qui sont moins friands sont malgré tout susceptibles de passer un bon moment. Nous ne sommes pas dans un triangle à la Jacob et Edward (cf. Twilight) pour n’en citer qu’un, où l’héroïne passe son temps à se demander qui choisir, à douter. Elise Picker a su s’émanciper de ce que l’on a tendance à lire, parfois de manière redondante, en allégeant le tout pour ne pas causer de lassitude ou de l’exaspération. La lourdeur n’a pas sa place dans ce récit tant par l’écriture en elle-même que par le ton du récit qui, sans être « trop aérien », est loin d’être pesant.

Rose est très attachante, par son naturel et par son côté rêveur qui, pour les plus cyniques, pourrait finir par agacer. Mais qui n’a pas un jour rêvassé ? S’est laissé guider par les histoires lus ou vus, même si ce n’est pas de la romance ? Une évasion quotidienne qui fait du bien et purifie l’esprit encombré par le quotidien. Rose est ainsi. Elle vit au gré de ses espoirs et de ses rêveries, douce et aimable. Il est plaisant de la voir évoluer au fil des pages, de déboires en joies. Cela ne fait pas d’elle quelqu’un de sottement naïf. Cette naïveté que l’on peut lui accorder reste limitée et l’on peut apprécier ses sursauts raisonnés qui la rendent plus forte et téméraire.

Quant à Jeremy et Julian, ce sont deux opposés qui offrent différentes interprétations. Cette différence nous gratifie de plusieurs richesses tant dans la lecture que dans l’évolution de Rose.

Julian est un homme qui travaille, très occupé, prenant soin de lui, au caractère quelque peu dur. On lui accorde une certaine maturité propre à un trentenaire ayant déjà vécu des années intenses et instructives. Il est de ceux sur lesquels l’on peut se reposer au premier abord, tant en amitié qu’en amour. Une valeur sûre. Il peut rappeler ces héros « New Romance » que l’on croise beaucoup : ténébreux, séduisant, en costume ou très bien apprêté, mystérieux… un latino faisant battre les cœurs en un battement de cils.

Jeremy, quant à lui, est un étudiant volage qui aime les femmes et les respecte malgré les apparences. D’une vingtaine d’années, il se laisse porter par la vie et les occasions/opportunités, sans réelles attaches. Il n’entre pas dans le cadre des héros « NR » comme Julian. Il est plus rare de croiser un personnage masculin qui n’est pas un Apollon – même si on ne lui retire pas un charme évident –, pas de muscles bodybuildés, de regard de braise (quoi que… on vous laisse le découvrir), de tignasse brune ou noire parfaitement coupée et gélifiée, de costumes Armani… A vrai dire, c’est un jeune homme que l’on pourrait croiser dans la rue en empruntant le métro, en sortant les poubelles… quelqu’un sur lequel on ne s’attarde pas, que l’on ne prend pas le temps de détailler.

Mais peut-être que les apparences sont trompeuses, que la profondeur humaine ne se trouve pas là où on l’attend. Que tout n’est pas aussi simple.

Et que l’amour n’est pas l’idéal que l’on façonne à travers des romans ou des films.

Sauf si, peut-être, la vie, la chance et la persévérance daignent créer un conte de fées.

Qu’est-ce qu’il en sera pour Rose ?

D’autres protagonistes secondaires interviennent dans le récit, dont la classique meilleure amie d’une grande clairvoyance et qui permet à l’héroïne d’éclaircir ses jugements et de prendre ses grandes décisions. La collègue de bureau qui agrémente le rôle de la meilleure amie, mais aussi la famille de Rose : ses parents. A leurs dépends ou non, ils tiennent un rôle primordial dans l’histoire de Rose, mais nous ne dirons pas quelle en est la teneur.

Le nouveau roman d’Elise Picker est une romance toute douce, capable de nous accompagner un soir d’été ou d’hiver, qu’importe la saison, tant que l’on est bien installés dans son lit ou un fauteuil douillet. Il se lit vite et détend comme il se doit, nous offrant plusieurs émotions et une jolie histoire. Une romance qui connait ses scènes sensuelles sans être érotiques, où les sentiments et la relation platonique des protagonistes crédibilisent ce qu’ils partagent.

Comme toujours, nous vous invitons à le découvrir par vous-mêmes pour en faire votre propre avis. Tous les goûts sont dans la nature ! A vous de voir si A l’eau de Rose fera partie de ces romans qui ne quitteront plus votre bibliothèque !

 

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